Prix de l’électricité : ce que dit vraiment le rapport polémique de la CRE sur les renouvelables

 
Le dernier rapport de la CRE sur le coût du système électrique, qui n’en finit plus de faire parler, a-t-il été modifié à la demande du gouvernement ? Des échanges avec le ministère de l’Énergie sèment le doute, même si le régulateur nie en bloc.
Crédits : Magnific

Le dernier rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) sur l’économie du système électrique français n’en finit pas de faire parler. Dès sa sortie, les conclusions tirées par la Commission en ont fait bondir plus d’un, alimentant l’éternel débat entre les pro-nucléaire et les pro-renouvelables. 

Publié le mercredi 9 septembre 2026, ce rapport est le premier du genre : la CRE, présidée par Emmanuelle Wargon, y chiffre pour la première fois le coût complet du système électrique français. Il s’élève à 56 milliards d’euros en 2025, dont 40 milliards pour la production et 16 milliards pour le réseau, la facture des clients représentant près de 78 % de ce total.

Dans ce rapport, la CRE indique que les énergies renouvelables font bel et bien baisser le coût de l’électricité pour les consommateurs, mais qu’elles augmentent le coût du système électrique dans son ensemble. Cela s’explique par le fait qu’une fois en place, les parcs solaires et éoliens ont un coût de fonctionnement très faible.

En revanche, une partie importante de leur construction a nécessité des contrats de soutien. De plus, les installations renouvelables sont moins centralisées que les centrales thermiques ou nucléaires. Cette particularité géographique nécessite un renforcement important des réseaux. 

La CRE a chiffré ce double effet. Les capacités renouvelables installées depuis 2020 ont fait baisser le prix de gros d’environ 20 €/MWh, soit près de 8 milliards d’euros d’économies par an pour les consommateurs, contre un surcoût de l’ordre de 3 milliards d’euros supporté par le système et le budget de l’État. Le solde reste donc positif pour le consommateur.

Le développement massif des énergies renouvelables a conduit à une plus grande volatilité du coût de l’électricité sur les marchés de gros, ce qui impacte directement EDF. Avec la multiplication des heures à prix négatif, EDF voit les recettes de son parc nucléaire baisser. En parallèle, le caractère non pilotable des ENR commande à EDF un fonctionnement moins régulier de ses centrales nucléaires pour s’adapter à la demande. 

Un rapport édulcoré ? 

En plus d’une situation déjà complexe, il semble que la politique se soit immiscée dans ce rapport. Selon Les Echos, la CRE aurait retravaillé son rapport pendant l’été pour mieux souligner l’impact des énergies renouvelables pour les producteurs non subventionnés, EDF en tête.

La CRE a rejeté catégoriquement l’idée d’avoir édulcoré les conclusions de son rapport, mais le ministère de l’Énergie a bien reconnu que des échanges avaient eu lieu, sans en préciser la teneur et l’impact sur la conclusion finale. 

À quelques mois de l’élection présidentielle, les conclusions de ce rapport ont une importance capitale, car elles pourraient participer à orienter la direction nationale vers un mix électrique majoritairement nucléarisé, ou au contraire, un mix plus varié, avec une part toujours plus importante des énergies renouvelables. Toujours est-il que, selon la CRE, le solaire et l’éolien pourraient encore augmenter de 50 % avant que les coûts du système et de l’État ne dépassent les économies réalisées via la baisse des prix.


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