
Il y a quatre ans, on lisait le « Master Plan Part 3 » de Tesla comme un manifeste : sortir l’humanité des hydrocarbures, électrifier tout ce qui bouge, couvrir la planète de panneaux solaires.
Aujourd’hui, on regarde xAI brûler du méthane à Memphis pour faire tourner Grok, et on se demande à quel moment exactement le scénario a déraillé. A priori, quelque part entre une dispute avec Donald Trump et l’idée qu’il serait peut-être plus simple d’envoyer le soleil en orbite que d’installer des panneaux dans le Tennessee.
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Le document S-1 de SpaceX, déposé à la SEC le 20 mai et désormais public, vise une valorisation autour de 1 750 milliards de dollars pour une levée de 75 milliards. Ce serait la plus grosse introduction en bourse de l’histoire.

Dedans, l’énergie solaire occupe une place centrale, mais uniquement dans l’espace : SpaceX veut déployer une constellation pouvant atteindre un million de satellites équipés de GPU, alimentés par un soleil permanent, pour faire tourner l’IA en orbite. Premier déploiement annoncé en 2028. Objectif affiché : 100 gigawatts de capacité de calcul par an, à terme.


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Le solaire au sol abandonné en silence
Le détail qui pique, c’est ce que xAI achète vraiment à Tesla. Le S-1 révèle 697 millions de dollars de Megapacks sur 2024 et 2025, plus 34 millions supplémentaires début 2026, pour gérer les pics de consommation des centres de données Colossus.
SpaceX a aussi raflé 131 millions de Cybertruck en 2025, soit 1 279 véhicules livrés rien qu’au quatrième trimestre. Le détail révélateur : aucun panneau solaire Tesla n’apparaît dans ces transactions.
Pour faire tourner Colossus 1 et Colossus 2, xAI a préféré aligner plus de 30 turbines à gaz non permitées à Memphis et 27 autres à Southaven, dans le Mississippi voisin. La NAACP a porté plainte pour violation du Clean Air Act, et la justice s’en mêle. Bref, l’homme qui voulait sauver la planète fait tourner ses chatbots au méthane.

La justification de SpaceX dans le S-1 tient en une phrase : les panneaux en orbite produisent « plus de cinq fois l’énergie » de leurs équivalents terrestres, grâce à un ensoleillement continu. Vrai sur le papier.
Sauf qu’il faut envoyer ces panneaux là-haut, refroidir des GPU à -270 °C ambiant tout en évitant qu’ils ne grillent sous les radiations, et résoudre l’épineuse question de la répartition d’un entraînement IA entre des satellites séparés de plusieurs centaines de kilomètres. SpaceX vise 2028 pour les premiers déploiements.
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Un téraWatt par an, vraiment ?
Elon Musk anticipe une croissance de la demande mondiale en calcul IA de l’ordre du téraWatt par an. Pour situer, l’ensemble des centres de données de la planète a consommé environ 415 TWh en 2024, soit l’équivalent d’une puissance continue d’à peine 47 GW selon l’Agence internationale de l’énergie. Le parc mondial installé tourne autour de 67 GW.
Elon Musk parle donc d’ajouter, chaque année, quinze fois la totalité de la capacité actuelle. Possible ? Peut-être. Probable ? Il faut être fan inconditionnel pour y croire les yeux fermés.
L’IEA, dans son scénario central, voit la consommation des data centers doubler d’ici 2030, pas exploser d’un facteur cent.
Ce que la marque ne dit pas : que la transition « vers une économie basée sur l’énergie solaire » évoquée dans le premier Master Plan de Tesla s’est discrètement transformée en pari spatial à plusieurs dizaines de milliards avec de la pollution terrestre en prime.
Le solaire spatial est une idée séduisante, et SpaceX est sans doute la mieux placée pour tenter le coup. Mais brûler du gaz aujourd’hui en promettant le soleil pour demain, c’est l’inverse exact de ce que Tesla vendait il y a dix ans.
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