
Dans son rapport d’activité 2025 publié ce mardi, le médiateur national de l’énergie fait état d’une baisse des saisines enregistrées au cours de l’année dernière. Une situation qui s’explique, selon l’autorité, par la sortie progressive de la crise énergétique de 2022 et la généralisation des compteurs communicants. Mais contrairement à cette tendance générale, les litiges liés à l’autoconsommation et à la revente de surplus d’électricité solaire ont explosé.
JPME au cœur des litiges
598 saisines recevables en 2025 contre 190 en 2024. Les litiges liés à la revente de surplus solaire ont quasiment triplé en un an. Ils ont pesé 9 % de l’ensemble des dossiers traités par le médiateur national de l’énergie selon ce nouveau rapport.
Dans la grande majorité des cas, les signalements concernent l’entreprise Actelios Solutions, détentrice de la marque JPME. Cette dernière est spécialisée dans l’achat et la valorisation de l’électricité solaire produite par les particuliers.
Pour mémoire, JPME s’était fait connaître par des tarifs de rachat très agressifs ( jusqu’à 17,21 centimes d’euro le kWh la première année en 2023), là où EDF OA tournait alors autour de 12 centimes. Une fois les clients engagés, beaucoup se sont heurtés à des retards de paiement et à des révisions de prix unilatérales, ce qui explique l’ampleur des litiges remontés au médiateur.
En 2024, JPME s’était déjà vu attribuer un « carton rouge » par le médiateur, en raison de défauts et retards de paiement et de l’inexistence d’un service client. En 2025, cette sanction est renouvelée alors que le nombre de saisines a plus que doublé, avec exactement 481 dossiers recevables.
Pour aller plus loin
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« Malgré nos avertissements en 2024, le comportement inadapté de JPME a perduré en 2025 », déplore le médiateur. En effet, les engagements contractuels envers les clients n’ont toujours pas été respectés. Ce qui a d’ailleurs valu à l’entreprise le retrait de son autorisation d’achat pour revente d’électricité par le ministère de l’Économie en 2026.
Pour les clients concernés, le retrait d’autorisation n’a pas entraîné de coupure : les contrats de fourniture ont basculé automatiquement vers EDF, fournisseur de secours sur 95 % du territoire. En revanche, les quelque 4 760 producteurs qui revendaient leur surplus à JPME ont dû, eux, trouver seuls un nouvel acheteur, sans mesure de continuité contractuelle. De son côté, Actelios Solutions conteste la décision, qu’elle juge « disproportionnée », et a déposé un référé devant la juridiction administrative.
91 saisines concernant EDF OA
EDF OA fait également l’objet de signalements avec 91 saisines recevables recensées par le médiateur. Des litiges qui portent principalement sur les délais de mise en place des contrats d’obligation d’achat, souvent causées par des lenteurs administratives.
Ces retards ont un impact direct pour les particuliers, puisque leurs installations injectent de l’électricité sur le réseau sans rémunération pendant la période d’attente. Bon nombre d’entre eux espéraient pouvoir vendre leur électricité dès la mise en service.

Par ailleurs, l’année 2025 a été marquée par une baisse drastique des tarifs de rachat et des primes associées. Cette nouvelle décision de l’État, selon le médiateur, a aussi suscité de nombreuses incompréhensions.
Des litiges concernant les batteries virtuelles
Avec la montée du solaire, les offres de batteries virtuelles génèrent également des litiges. Pour rappel, ce système permet aux particuliers d’injecter leur surplus d’électricité sur le réseau. Le volume envoyé est converti en crédits qui sont ensuite déduits de leurs factures.
Le nombre de réclamations est encore limité cependant. Les particuliers pointent surtout la complexité et la diversité des contrats proposés par les fournisseurs. Les acteurs appliquent chacun leurs propres règles concernant le calcul des crédits, leur durée de validité, ainsi que les frais associés. « Un cadre standardisé permettrait des comparaisons entre les offres aujourd’hui très difficiles à réaliser », recommande le médiateur à ce sujet.

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