Rachat du n°1 du vélo en Europe par un groupe singapourien : l’autorité de la concurrence dit oui

Nouveau pavillon

 
L’autorité allemande de la concurrence vient de donner son feu vert au rachat d’Accell, le n°1 européen du vélo derrière Lapierre, Haibike ou Babboe, par le singapourien Dutech.
accell group

Accell est aujourd’hui considéré comme le n°1 du vélo en Europe. Le groupe néerlandais possède Lapierre, Haibike, Winora, Ghost, Batavus, Koga, Raleigh, Sparta et les vélos cargo Babboe et Carqon. Le 8 juillet 2026, le Bundeskartellamt, l’autorité allemande de la concurrence, a autorisé son rachat par le groupe Dutech, basé à Singapour. Cela faisait suite à des rumeurs insistantes révélées par Bloomberg, dont on vous parlait ici.

La vente n’est pas encore officielle

Dutech n’est pas un acteur inconnu dans le secteur. Le groupe distribue déjà les marques Prophete, Kreidler ou VSF Fahrradmanufaktur, et a racheté ces dernières années plusieurs marques européennes en difficulté. Derrière Dutech, se trouve l’investisseur chinois Johnny Liu, qui opère via la holding installée à Singapour.

Pour comprendre pourquoi Accell change de mains, il faut jeter un petit coup d’œil dans le rétroviseur. Le groupe avait été racheté en 2022 pour environ 1,6 milliard d’euros par un consortium mené par l’américain KKR. Sauf que la crise du vélo est passée par là : après le boom post-Covid, les fabricants se sont retrouvés avec des stocks énormes et une demande en chute.

VAE Lapierre e-explorer
Source : Julien Fautrat

En 2023, Accell affichait un chiffre d’affaires de 1,294 milliard d’euros et une perte nette de 390 millions, plombée notamment par le rappel massif des vélos cargo Babboe, la faute à des risques de rupture de cadre.

Restructuration de la dette d’environ 600 millions d’euros, fermeture de l’usine historique de Heerenveen aux Pays-Bas avec 160 emplois supprimés, production concentrée en Hongrie : les mesures ont ensuite été nombreuses. En février 2026, KKR a fini par transférer ses parts aux créanciers du groupe. C’est ce nouveau tour de table qui semble avoir ouvert la voie à l’arrivée de Dutech.

Faut-il s’inquiéter pour la concurrence ?

Sur le papier, réunir autant de marques sous un même groupe pourrait poser question. L’autorité allemande ne voit pourtant pas de problème. Pour son président Andreas Mundt, « le rapprochement de Dutech et Accell ne soulève aucune inquiétude en matière de concurrence. Ceci est valable que l’on considère le marché global du vélo ou qu’on le segmente par catégories, comme les vélos à moteur électrique et les vélos classiques. Dans tous les cas, les deux entreprises continueront de faire face à un nombre important de concurrents, même après la fusion. »

Le régulateur cite d’ailleurs les concurrents qui continueront de peser face à Accell : l’américain Trek (avec Trek, Diamant, Electra), le groupe néerlandais PON qui possède Gazelle, Kalkhoff, Focus ou Cannondale, et l’allemand Cube.

Pour l’acheteur d’un Lapierre ou d’un Haibike, la validation allemande ne change rien à court terme : les marques continuent d’exister et de sortir de nouveaux modèles.

Ce feu vert allemand reste une étape administrative : il lève les inquiétudes sur la concurrence avant que l’opération avance, mais le rachat n’est pas encore officiellement bouclé.


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