J’ai sillonné la Champagne à vélo électrique pendant 3 jours : voici mon carnet de route entre tracés cyclables, dégustations et bonnes bouffes

 
Point de chute à Épernay, une cinquantaine de kilomètres par jour, quelques dégustations évidemment, et de jolis paysages : voici le petit récit de mon séjour cyclotouriste dans le vignoble champenois.
Source : Grégoire Huvelin – Frandroid

Chaque année, je profite de quelques jours pour parcourir une région française à vélo, entouré de quelques amis. L’année 2024 était celle des routes de la Loire, suivie de la Bourgogne en 2025 – entre Dijon et Beaune -, un véritable coup de cœur à l’époque.

Pour 2026, nous avons mis le cap sur la Champagne, une région que nous connaissions surtout de nom et de réputation, et qui semblait tout particulièrement adaptée à un petit trip de type cyclotouriste.

A contrario des deux années précédentes, où notre voyage s’est fait en itinérance avec des étapes et un nouveau logement quasi tous les jours, nous avons préféré cette année poser nos bagages trois nuits durant à Épernay avec comme objectif de quadriller la zone – étapes entre 30 et 50 km.

Comme à chaque édition, c’est à vélo électrique que nous avons bouclé nos tracés. Me concernant, c’était au guidon d’un Dimanche 29 Gravel Flat Bar prêté par Moustache – un article arrive bientôt dessus.

Cet article se concentre donc plus spécifiquement sur nos tracés cyclables, les dégustations testées*, les quelques bons plans culinaires et les villages et paysages de la région.

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

Notre itinéraire cyclable

Le séjour s’est construit autour de trois boucles au départ d’Épernay, chacune avec sa personnalité et ses différences.

Jour 1

La première boucle se concentrait vers le nord et l’est de la ville, avec 32 kilomètres de distance histoire de se mettre en jambes pour 517 mètres de dénivelé positif, avalés en un peu plus de deux heures de roulage, arrêts non compris.

Évidemment, tout le principe du cyclotourisme consiste à s’arrêter dans les villages, contempler quelques belles bâtisses, profiter des paysages. Bref, prendre son temps pour apprécier ce qui nous entoure. Finalement, les 2h20 de vélo effectif se sont transformées en une sortie d’environ 5h.

La trace est ainsi passée par Aÿ, Mutigny, Champillon, Hautvillers et Cumières. Comme en Bourgogne, le paysage viticole est toujours aussi hypnotique, avec des vignes à perte de vue. La principale différence de la Champagne reste son aspect plus vallonné : vous avez ainsi davantage de points de vue et de coteaux le long des routes cyclables.

Jour 2

La deuxième boucle est descendue vers le sud par la Côte des Blancs, avec 50,7 kilomètres et 623 mètres de dénivelé pour un peu plus de trois heures de vélo. L’itinéraire nous a fait passer par Chouilly, Cuis, Cramant, Avize, Le Mesnil-sur-Oger et Blancs-Coteaux, du côté de Vertus.

Les vignobles étaient toujours aussi beaux à parcourir, mais il convient de faire preuve de transparence : nous roulions un dimanche, et les villages traversés avaient des airs de cités fantômes, volets clos et rues désertes. L’ambiance de village manquait cruellement, hormis à Avize où avait lieu une course cycliste. Une buvette avec barbecue au pied de la mairie avait ainsi été érigée, de quoi remplir les gourdes, manger un bout et déguster une petite coupe.

À garder en tête tout de même : à Blancs-Coteaux, la petite église du village, qui jouxte une mare, vaut le détour, ne serait-ce que pour un pique-nique paisible au bord de l’eau, avec des cygnes et des canards à vos côtés.

Jour 3

La troisième étape est celle qui m’a le plus séduit. Elle affichait 53,5 kilomètres pour 509 mètres de dénivelé, en trois heures de roulage, et partait vers l’ouest par Cumières, Damery, Cuchery, Jonquery, Cuisles et Reuil, dans la vallée de la Marne.

Les villages ont plus de charme, le paysage mélange terres agricoles et vignes, et les tracés cyclables sont vraiment agréables à suivre. Une bonne partie de l’étape longe par ailleurs la Marne. Bref, le petit coup de cœur du voyage.

Nos dégustations

Nous avons durant notre séjour visité deux maisons de Champagne. « Visiter » est en réalité un bien grand mot : a contrario de la Bourgogne où les vignerons nous faisaient une véritable visite guidée des caves, les deux domaines où nous nous sommes rendus se sont « contentés » de chapeauter un atelier dégustation.

Domaine de Gamet

La première maison est le domaine de Gamet, croisé sur la boucle nord le Jour 1. C’est une maison familiale qui travaille surtout le meunier, planté sur les villages de Mardeuil, Fleury-la-Rivière et Damery, sur plus de huit hectares.

À la tête de l’exploitation depuis quatre générations, elle continue de se développer tout en cherchant à réduire son impact sur l’environnement et à diversifier ses cultures. La dégustation portait sur six champagnes, dont un pétillant naturel. À noter : la livraison est possible à partir de douze bouteilles, et la dégustation nous a été offerte, sans doute en raison de notre commande.

Maison Auguste Huiban

La maison Auguste Huiban a été un véritable coup de cœur. Basée à Jonquery, sur l’étape de la vallée de la Marne, la famille Huiban y vit de la vigne et de la terre depuis plus de deux siècles, avec cinq générations qui se sont succédé à la tête de l’exploitation.

La gamme couvre plusieurs cuvées, du Brut au Blanc de Noirs en passant par le Blanc de Blancs et les assemblages, présentées comme des champagnes de vigneron à prix accessibles. La maison ne s’arrête d’ailleurs pas au champagne : via la Distillerie des Dames Blanches, elle produit aussi des spiritueux issus de ses propres raisins. On y trouve notamment des ratafias champenois, en pinot noir et en meunier, dont l’alcool de mutage provient des jus des champagnes Auguste Huiban et Paul Augustin, ainsi qu’un whisky et un Sloe Gin.

La propriétaire est d’une grande gentillesse, et le prix d’appel reste très abordable, avec une première bouteille sous la barre des 20 euros. Vous dire que nous n’avons fait aucune commande serait vous mentir. On ne peut que vous conseiller d’aller y faire un tour.

Où manger

Côté tables, deux adresses valent d’être notées, dans deux registres différents. Sachez que nous n’avons pas ratissé en long et en large les restaurants de la région, préférant jouer la carte du pique-nique le midi et du repas à domicile – la plupart du temps – le soir.

Le Flech Épernay

Le premier soir à Épernay, nous avons dîné au Flech Épernay, une rôtisserie de cuisine française traditionnelle installée place de la République, au pied de l’avenue de Champagne – placement idéal. Le cadre est chaleureux – un mélange entre le bistro français et les fameux diners américains -, la carte met en avant les plats de rôtisserie et les spécialités du terroir champenois, dans l’esprit brasserie.

Petit conseil avant de réserver votre séjour dans la région : nous comptions en réalité manger ailleurs, mais tous les restaurants affichaient complet une semaine avant notre arrivée. En haute saison, mieux vaut réserver bien à l’avance.

Maison d’hôtes Café Bulle

Le midi lors de la troisième étape, notre pause déjeuner s’est faite à la maison d’hôtes Café Bulle, à Jonquery. Accueil très chaleureux de la propriétaire, repas servi dans le jardin, et une cuisine franchouillarde qui fait le travail : tomates farcies au thon et au fromage en entrée, riz blanc et porc en plat, salade de fruits en dessert, et boissons soft offertes, le tout dans une formule unique à 25 euros. À deux minutes à vélo de la Maison Auguste Huiban, l’enchaînement déjeuner puis dégustation se fait tout seul.

Source : Grégoire Huvelin – Frandroid

Les villes marquantes

Deux lieux se détachent sur l’ensemble du séjour.

Hautvillers

Hautvillers, d’abord, sur la boucle nord. On y vient autant pour son histoire, liée à la naissance du champagne, que pour ses ruelles étroites et ses enseignes en fer forgé. L’église rappelle le rôle de Dom Pérignon, et le village concentre naturellement le plus de monde sur l’itinéraire.

C’était le lieu plus touristique de la journée, ce qui se comprend, mais rien qui gâche la visite si l’on prend le temps de flâner en dehors des heures de pointe. Juste à côté, nous avons trouvé un coin tranquille et bien placé pour profiter d’un pique-nique (coordonnées GPS : 49°04’45.4″N 3°56’17.7″E) avec un joli point de vue.

Épernay

Épernay, ensuite, qui nous servait de camp de base et qui s’est imposée comme un point de chute évident. La ville est centrale, bien reliée aux différents vignobles, et surtout elle abrite l’avenue de Champagne, sa rue la plus prestigieuse.

Sur un peu plus d’un kilomètre, elle aligne de beaux hôtels particuliers et de grandes maisons comme Moët & Chandon, Perrier-Jouët ou Mercier. Sous la chaussée courent environ 110 kilomètres de caves où reposent plus de 200 millions de bouteilles, ce qui lui a valu le surnom d’« avenue la plus riche du monde ».

Elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des « Coteaux, Maisons et Caves de Champagne », et reste un lieu de promenade, de dégustation et de grands rendez-vous festifs.

En résumé

Trois jours suffisent pour se faire une belle idée du vignoble champenois à vélo, tout du moins autour d’Épernay, à condition de bien répartir ses étapes et de soigner le choix des jours. La boucle nord vers Hautvillers pose le décor, la Côte des Blancs mérite mieux qu’un dimanche où la vie de village nous a semblé morte, et la vallée de la Marne offre le meilleur mélange de paysages et de bonnes adresses.

En tout cas, entre les dégustations chez les vignerons, la cuisine locale et les kilomètres de coteaux, la Champagne se prête très bien à ce genre de séjour cyclotouriste, y compris pour qui aime prendre son temps.


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