
Depuis quelques années, sous l’impulsion de Tesla et de sa Model 3, puis massivement suivie par les constructeurs chinois (et certains européens), l’intérieur de nos voitures s’est transformé en smartphone géant.
Le concept ? Supprimer un maximum de boutons pour tout centraliser sur une dalle tactile. C’est joli, ça coûte moins cher à fabriquer, mais à l’usage, ça peut être un cauchemar ergonomique si c’est mal réalisé.
La Chine, pourtant championne de cette tendance, vient de décider de faire machine arrière.
La fin du « tout tactile » par décret
L’information nous vient directement du MIIT (le Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information chinois), relayée par Car News China. Ce n’est pas une simple recommandation, c’est une révision d’une norme nationale qui régit les commandes et indicateurs des véhicules.
Concrètement, le document stipule que certaines fonctions vitales de la voiture doivent obligatoirement être opérables via des commandes physiques. L’objectif est clair : permettre une utilisation « à l’aveugle » (sans quitter la route des yeux) et garantir que la voiture reste pilotable même si l’écran central plante.

Voici la liste des fonctions qui devront retrouver leurs boutons :
- L’éclairage : Clignotants, feux de détresse (warnings) et klaxon
- La transmission : Le sélecteur de vitesse (P/R/N/D). C’est un coup dur pour la dernière lubie de Tesla qui oblige à glisser le doigt sur l’écran pour passer la marche avant
- Les aides à la conduite : L’activation / désactivation des systèmes ADAS
- Sécurité et visibilité : Essuie-glaces, dégivrage, vitres électriques et le bouton d’arrêt d’urgence du système électrique
La réglementation va même assez loin dans le détail technique : les boutons devront avoir une surface d’au moins 10 mm x 10 mm et offrir un retour haptique ou sonore. Fini les touches capacitives qu’on effleure par erreur.
Cette obligation s’appliquera aux nouveaux modèles produits à partir du 1er juillet 2027.
Pourquoi ce revirement ?
C’est assez ironique, car les constructeurs chinois (comme BYD, Nio ou Xpeng) ont été parmi les plus agressifs pour supprimer les boutons. Mais le gouvernement chinois a écouté les retours des utilisateurs et des experts en sécurité.
Un vice-président du groupe chinois Geely (le géant qui possède Volvo, Polestar, Lotus et Zeekr) a d’ailleurs eu une phrase très lucide sur le sujet, affirmant que l’industrie automobile chinoise était « rongée par une tendance à suivre aveuglément les modes ».
L’Europe va en profiter (indirectement)
Mais cette loi devrait avoir beaucoup d’impact en Europe également. La Chine est devenue le premier marché automobile mondial. Aucun constructeur international, qu’il soit allemand, français ou américain, ne va s’amuser à développer deux planches de bord radicalement différentes : une avec boutons pour la Chine, et une tout tactile pour le reste du monde.
Industriellement, cela n’a aucun sens économique. Si Volkswagen ou Tesla doivent remettre des commodos physiques pour vendre à Shanghai, il y a de très fortes chances que nos modèles européens en héritent aussi.

Deuxièmement, l’Europe prend le même chemin, mais avec une méthode différente. Chez nous, pas de loi contraignante pour l’instant, mais une pression forte de l’Euro NCAP.
L’organisme indépendant, qui délivre les fameuses étoiles de sécurité, a déjà prévenu : dès 2026, pour obtenir la note maximale de 5 étoiles, il faudra des contrôles physiques pour les clignotants, les warnings ou les essuie-glaces.
Même les designers les plus influents le disent. Jony Ive, l’ancien designer légendaire d’Apple qui travaille désormais sur la première Ferrari électrique, a banni le tout tactile, le jugeant inadapté à la conduite.
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