Voici à quel point rouler en électrique coûte moins cher qu’en essence ou diesel

 
La voiture électrique est devenue le meilleur bouclier pour votre pouvoir d’achat. Chiffres à l’appui : rouler sur batterie en période de crise énergétique coûte environ 65 euros par mois, contre 142 euros pour un modèle essence équivalent. Un écart massif.
Station de recharge Electrify America

La récente flambée des prix du pétrole, poussant le baril au-delà des 100 dollars en raison des tensions au Moyen-Orient, remet le coût d’usage des voitures au centre des débats. Avec une essence flirtant de nouveau avec les 2 euros le litre à la pompe dans plusieurs pays européens, le budget des automobilistes est mis à rude épreuve.

Comme nous l’analysions récemment dans notre dossier consacré au conflit en Iran et l’essence à 2 euros, la voiture électrique creuse l’écart. Une nouvelle étude de l’ONG Transport & Environment (T&E) vient chiffrer précisément cet avantage financier en période de turbulences énergétiques.

Le gouffre financier de la pompe face à la prise

Selon les données de l‘étude de T&E, un conducteur de voiture thermique consommant 7 litres aux 100 kilomètres et parcourant 12 000 kilomètres par an doit désormais débourser en moyenne 142 euros par mois pour faire le plein, subissant ainsi une « prime de crise » de 38 euros mensuels.

Du côté de la voiture électrique, et ce malgré la hausse anticipée du coût de l’électricité tirée par les prix du gaz , la facture s’établit à 65 euros par mois. Le surcoût lié à la crise énergétique n’est estimé qu’à 7 euros pour les électromobilistes, rendant les conducteurs de véhicules essence cinq fois plus exposés aux chocs tarifaires.

Surcoût électrique versus essence

La directrice de T&E France, Diane Strauss, souligne l’urgence de la situation. « Rouler en voiture électrique, c’est bénéfique pour le pouvoir d’achat. Cette crise pétrolière ne sera sûrement pas la dernière : plutôt que de subir encore et toujours la hausse des prix à la pompe, électrifions notre parc automobile pour alléger notre facture d’énergie et retrouver en même temps une forme de souveraineté énergétique. »

La différence s’établit donc à 77 euros d’économies chaque mois par rapport au thermique, soit plus de 900 euros conservés sur une année complète.

L’équivalent d’un litre à 40 centimes

Pour bien comprendre la dynamique de ces coûts, il faut regarder les dépenses à la source. Dans notre enquête titrée l’équivalent d’un litre à 40 centimes : on a calculé le vrai coût de la voiture électrique face aux essence et diesel, nous avions déjà compilé les données brutes pour faciliter la lecture des coûts selon l’énergie choisie.

ÉnergieConsommationPrixCoût aux 100 km
Voiture électrique18 kWh / 100 kmde 0,1579 € à 0,69 € / kWhde 2,84 € à 12,42 €
Essence7,89 L / 100 km1,85 € / litre14,59 €
Diesel6,88 L / 100 km2,00 € / litre13,76 €

L’analyse de ces chiffres met en évidence un écart significatif. Parcourir 100 kilomètres au volant d’une voiture essence coûte aujourd’hui près de 14,60 euros, contre un peu moins de 13,80 euros pour un véhicule diesel.

En face, le budget de la voiture électrique varie fortement selon l’infrastructure utilisée, mais reste systématiquement inférieur. La recharge à domicile, qui représente la très grande majorité des usages au quotidien, permet de rouler 100 kilomètres pour seulement 2,84 euros.

Même lors des longs trajets, le réseau de recharge rapide de Tesla (ouvert à tous les véhicules électriques, quelle que soit la marque) maintient le coût à 5,22 euros aux 100 kilomètres. Dans le pire des scénarios, c’est-à-dire une recharge rapide sur une aire d’autoroute au prix fort de 0,69 euro le kilowattheure, le coût atteint 12,42 euros.

L’électrique conserve donc l’avantage économique sur le thermique, y compris dans sa configuration la plus onéreuse. Le plein d’électricité coûte par conséquent cinq fois moins cher qu’un plein de diesel. C’est comme si le litre de diesel coûtait 40 centimes d’euros au lieu de 2 euros le litre.

Oui, une voiture électrique coûte actuellement plus cher à l’achat que son homologue thermique (même si c’est de moins en moins vrai). Mais le TCO (coût total de possession) est bien plus faible, en partie grâce aux économies de carburant.

Un enjeu économique à l’échelle européenne

À l’échelle du continent, la dépendance aux énergies fossiles pèse lourdement sur les finances publiques. Le rapport de T&E indique que les importations de pétrole destinées uniquement aux voitures ont représenté un milliard de barils en 2025, coûtant près de 67 milliards d’euros à l’Union européenne. En opposition, les quelque 8 millions de voitures électriques circulant actuellement en Europe ont permis d’éviter l’importation de 46 millions de barils sur la même année, ce qui équivaut à 2,9 milliards d’euros d’économies.

Les importations de pétrole évitées grâce aux voitures électriques en Europe

Pourtant, le contexte politique européen est actuellement tendu autour des discussions sur le « paquet automobile ». L’industrie, soutenue par plusieurs dirigeants, dont la Première ministre italienne Giorgia Meloni ou le chancelier allemand Friedrich Merz, milite pour un assouplissement des normes de réduction de CO2 et s’oppose aux objectifs contraignants pour les flottes d’entreprises.

Une telle révision à la baisse des ambitions augmenterait les importations de pétrole de 640 millions de barils entre 2026 et 2035 par rapport à un maintien des objectifs initiaux. À l’inverse, maintenir une législation forte permettrait d’économiser 45 milliards d’euros d’importations pétrolières sur la prochaine décennie, selon les modélisations de l’ONG.

Les flottes d’entreprises, clé de voûte du marché de l’occasion

Pour consolider ce bouclier tarifaire, T&E insiste sur le rôle crucial des sociétés. L’électrification massive de leurs parcs automobiles est le seul levier efficace pour alimenter rapidement le marché de l’occasion et rendre les véhicules à batterie financièrement accessibles aux particuliers.

D’après les projections de l’étude, imposer des objectifs plus stricts aux grandes entreprises permettrait d’injecter 3,6 millions de véhicules électriques de seconde main supplémentaires sur le marché européen d’ici 2035.

Diane Strauss résume ainsi la responsabilité des législateurs européens face à cette équation économique : « L’UE a le pouvoir d’accélérer le déploiement des véhicules électriques et de protéger davantage ses citoyens contre les chocs pétroliers. Les normes d’émissions de CO2 des voitures obligent les constructeurs à proposer un nombre croissant de voitures électriques abordables. Une loi ambitieuse sur les flottes de véhicules électriques stimulera l’électrification et garantira une offre de véhicules électriques bon marché pour les acheteurs de voitures d’occasion. »

La transition énergétique de l’automobile dépasse de loin la stricte question environnementale : elle s’affirme définitivement comme un levier direct de protection du pouvoir d’achat.


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