C’est historique : la voiture électrique vient de détrôner l’essence et le diesel en Europe pour la première fois

 
C’est un jalon symbolique qui vient de tomber : en décembre 2025, les voitures 100 % électriques ont dépassé les modèles essence en Europe. Une première historique, même si le chemin reste long avant que ce dépassement devienne une réalité durable sur l’ensemble de l’année.
Renault 5 E-Tech // Source : Robin Wycke pour Frandroid

Les chiffres publiés par l’ACEA (l’association des constructeurs européens d’automobiles) le 27 janvier montrent que les voitures électriques ont capté 22,6 % des immatriculations dans l’Union européenne en décembre 2025, contre 22,5 % pour l’essence comme l’a remarqué Reuters qui relaye les résultats de l’ACEA.

L’écart est certes ridiculement faible (seulement 1 406 véhicules d’écart selon certains décomptes) mais le symbole reste fort. C’est la première fois qu’une motorisation 100 % électrique devance l’essence sur un mois complet dans l’UE.

Ce dépassement s’explique autant par la progression de l’électrique (+51% d’immatriculations en décembre par rapport au même mois en 2024) que par l’effondrement de l’essence (-19,2% sur la même période). En somme, l’électrique gagne du terrain pendant que l’essence en perd, et les hybrides (qui représentent désormais 44% du marché en comptant les rechargeables) continuent de séduire une large part des acheteurs.

Sur l’année, l’essence conserve encore une avance confortable

Attention toutefois à ne pas crier victoire trop vite. Sur l’ensemble de l’année 2025, les véhicules essence restent largement devant avec 2,88 millions d’immatriculations dans l’UE, contre 1,88 million pour l’électrique. La part de marché annuelle de l’électrique atteint 17,4 %, en hausse de près de 4 points par rapport à 2024 où elle plafonnait à 13,6 %. C’est une progression notable (+29,9 % de ventes sur un an), mais qui place toujours l’électrique derrière l’hybride (34,5 %) et l’essence (26,6 %).

Matthias Schmidt, analyste automobile indépendant, tempère d’ailleurs l’enthousiasme : « Il faudra encore environ cinq ans avant que les voitures purement électriques dépassent réellement les modèles à moteur thermique dans la région« .

Il souligne également que la baisse des ventes d’essence s’explique en partie par une reclassification de certains modèles en « hybrides légers » : des voitures qui embarquent toujours un moteur essence et ne font baisser les émissions que modestement.

Le diesel, lui, est quasiment mort

Pendant ce temps, le diesel continue son agonie. Sa part de marché dans l’UE est tombée à 6,1 % en décembre 2025, et à 7,7 % sur l’ensemble de l’année. C’est une chute spectaculaire pour une motorisation qui dominait le marché européen il y a encore une dizaine d’années.

Rappelons qu’en 2023, l’électrique avait déjà dépassé le diesel en Europe, marquant un premier tournant. Aujourd’hui, le diesel ne pèse plus grand-chose face à la montée combinée de l’électrique et surtout de l’hybride.

Une concurrence chinoise qui s’intensifie

Le marché européen est aussi le théâtre d’une bataille commerciale entre constructeurs. BYD, le géant chinois, a enregistré une progression fulgurante de ses immatriculations : +167,1 % dans l’UE en décembre 2025 par rapport à décembre 2024, avec 18 008 unités vendues. Sur l’ensemble de l’année, BYD a triplé ses volumes en Europe, atteignant 27 678 véhicules immatriculés en décembre (+229,7 % sur un an).

Tesla Model Y // Source : EuroNCAP

À l’inverse, Tesla patine. Ses immatriculations dans l’UE ont chuté de 31,9 % en décembre, ramenant sa part de marché de 3,5 % à 2,2 %. Sur l’ensemble de l’année 2025, Tesla a vu ses ventes européennes baisser de 27 %, tombant à 238 656 unités contre 326 525 l’année précédente. La concurrence s’intensifie avec l’arrivée de modèles électriques plus abordables de la part de constructeurs comme Volkswagen (qui a progressé de 10,6%) ou Stellantis (+6,8%).

Les quatre grands marchés portent la croissance

Quatre pays concentrent 62 % des immatriculations de voitures électriques en Europe : l’Allemagne (+43,2 % de ventes sur l’année), les Pays-Bas (+18,1 %), la Belgique (+12,6 %) et la France (+12,5 %). L’Allemagne redevient même le premier marché européen pour les véhicules électriques avec 545 142 ventes en 2025, notamment grâce au retour du bonus écologique dans le pays. La Pologne se distingue également avec une hausse spectaculaire de 161,5%, passant de 16 564 à 43 311 unités écoulées.

Chris Heron, secrétaire général d’E-Mobility Europe, se montre confiant pour la suite : « Les marques européennes ont commencé à s’adapter en introduisant de nouveaux véhicules électriques abordables, tandis que certains pays proposent de nouveaux systèmes d’aides« .

L’organisation anticipe une poursuite de la croissance en 2026, portée par une offre qui s’élargit et des prix qui, progressivement, deviennent plus accessibles.

Un contexte réglementaire en pleine mutation

Paradoxalement, ce record intervient alors que l’Union européenne a annoncé en décembre dernier l’intention d’assouplir son interdiction prévue des moteurs thermiques à partir de 2035. Une idée présentée sous la pression de l’industrie automobile, confrontée à la concurrence chinoise, aux difficultés à vendre des électriques de manière rentable, et aux menaces de taxes douanières américaines.

Mais les experts estiment que cette révision réglementaire, si elle devait s’appliquer en l’état, ne devrait pas freiner la dynamique de l’électrique, qui bénéficie d’une offre toujours plus large et d’incitations nationales renouvelées dans plusieurs pays


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