Tesla embrasse le procédé 14A d’Intel : pourquoi c’est un tournant décisif pour le groupe

 
Longtemps dans l’ombre du géant TSMC, Intel vient de frapper un grand coup en séduisant un client en or : Tesla. Elon Musk a choisi le tout nouveau et très attendu procédé de gravure 14A de l’Américain pour ses futures puces. Un partenariat stratégique majeur qui pourrait bien rebattre définitivement les cartes de l’industrie mondiale des semi-conducteurs.
Un ingénieur d’Intel tenant un wafer, pour illustration // Source : Intel

Pour Intel, le saut de la foi industriel et financier que représentait, il y a encore quelques mois, la poursuite des investissements dans son tout nouveau procédé de gravure 14A paye enfin. On apprend aujourd’hui que la firme a réussi à s’attirer un premier (très) gros client pour ce nouveau nœud : Tesla.

La division Foundry d’Intel, ouverte aux clients extérieurs par Pat Gelsinger en 2021, attire cette semaine un premier client d’envergure pour son tout nouveau procédé de gravure 14A (1,4 nm), revitalisé par Lip-Bu Tan en début d’année après avoir été un temps sur la sellette. Ce premier client n’est autre que Tesla, qui souhaite exploiter le procédé Intel 14A au sein de sa méga-usine Terafab, dont la construction a récemment débuté au Texas.

Il s’agit là d’un évènement majeur pour Intel et sa division IFS qui souffrait jusqu’à présent d’un engouement limité pour ses derniers nodes. Il faut dire qu’en face, TSMC offre à une majorité d’acteurs l’assurance de procédés de gravure éprouvés, performants, offrant de bons rendements et pouvant donc être exploités à très grande échelle.

La saturation des capacités de production du géant taïwanais et la compétitivité technique des solutions 18A, et surtout 14A, d’Intel (dont le début de production devrait intervenir l’année prochaine) semblent toutefois aboutir à un début de redistribution des cartes.

Une gravure « State-of-the-Art » selon Musk

Intel décroche donc Tesla et avec lui l’espoir d’attirer l’attention — et les commandes — d’autres gros poissons, comme Nvidia, qui avait un temps été évoqué comme un autre client potentiel pour Intel Foundry Services.

Les contours du deal signé avec Tesla mériteront par contre d’être précisés. S’agit-il d’un accord de licence ou de quelque chose de plus étoffé ? Nous ne le savons pas encore. Ce que l’on sait en tout cas, c’est qu’Elon Musk a indiqué être enthousiaste à l’idée d’utiliser la gravure 14A d’Intel, qu’il décrivait dans la dernière présentation des résultats de Tesla comme un procédé « State-of-the-Art ». Comprenez un procédé de pointe.

Source : Intel

L’intéressé a toutefois indiqué à ses actionnaires que cet accord ne porterait pas ses fruits immédiatement, tout d’abord parce que la gravure 14A n’est pas encore prête à être exploitée dans le cadre d’une production de masse, et parce que ses rendements initiaux seront faibles, par essence ; mais aussi parce que le projet TeraFab n’en est pour sa part qu’à ses débuts.

La méga-usine texane de Tesla ne devrait en effet être opérationnelle qu’à compter de 2029. D’ici là, Intel sera normalement prêt et le procédé 14A en pleine force de l’âge. Du moins espérons-le.

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Il s’agit en tout cas d’une annonce particulièrement intéressante pour Intel. Jusqu’à présent, Tesla confiait à TSMC et Samsung Foundry la fabrication de ses puces, notamment la nouvelle IA5 (HW5) tout récemment officialisée.


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