
Voici la date : 21 mars 2026. C’est ce jour-là que débutera officiellement la construction de la Terafab, une méga-usine de semi-conducteurs située aux États-Unis. C’est un investissement de 25 milliards de dollars.
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Tesla a une faim de loup. Pour ses futurs Cybercab (prévus pour avril 2026) et ses robots Optimus, l’entreprise ne peut plus se contenter des miettes laissées par les fondeurs TSMC ou Samsung. La Terafab vise une capacité délirante de 200 milliards de puces par an.
Pour aller plus loin
« Je ne vois pas d’autre solution », Elon Musk veut construire sa propre usine de puces et pourquoi pas s’associer à Intel
L’objectif pour Elon Musk, c’est la puce AI5. Pour que votre future Tesla gère une intersection complexe sans que vous ne touchiez le volant, elle a besoin d’une puissance de calcul phénoménale. Pour obtenir plus de TOPS (Tera Operations Per Second), l’unité qui mesure les trillions d’opérations par seconde, Tesla doit multiplier les cœurs de calcul spécialisés (ce qu’on appelle le NPU) sur un seul morceau de silicium, ce qui demande une précision de gravure et une surface de puce que seuls les plus grands fondeurs maîtrisent aujourd’hui.
Des cheeseburgers au milieu des processeurs ?
Voici comment ça marche dans l’esprit d’Elon Musk : il veut simplifier l’impossible. Traditionnellement, une usine de puces nécessite des salles blanches où la moindre poussière est bannie.


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Elon Musk, lui, propose de ne sceller que les enceintes de transport des galettes de silicium (wafers). En clair, les employés pourraient circuler en civil, et Elon Musk a même plaisanté sur la possibilité d’y manger un cheeseburger.
Personne n’a jamais industrialisé ce concept à cette échelle pour de la gravure en 2 nanomètres. Les experts du secteur sont plus que sceptiques. Si une poussière s’infiltre lors du transfert, c’est toute une série de puces à plusieurs milliers d’euros qui part à la poubelle. Mais Tesla n’en a cure : la firme veut une production « Unboxed » pour ses puces, comme elle le fait déjà pour ses voitures.
Cette rupture technologique est nécessaire pour atteindre les 2500 TOPS promis pour l’AI5, soit cinq fois la puissance de la génération actuelle (Hardware 4). Plus de TOPS, c’est la garantie de pouvoir faire tourner des modèles d’IA plus lourds et plus sûrs en temps réel, sans la latence qui pourrait être fatale sur la route.
Terafab vise les nœuds 2 nm à Giga Texas, avec une capacité initiale de 100 000 wafers/mois (jusqu’à 1 million). Et pour comprendre le pari fou… Sachez que experts estiment généralement 3-4 ans pour la construction d’une usine de puces de cette échelle, plus 2-3 ans pour atteindre une production à haut rendement, soit 5-7 ans au total.
Le risque du pari à 25 milliards
Tesla prévoit une mise en service partielle dès la fin de l’année pour des petites séries, avec une montée en puissance réelle en 2027.
En attendant, Elon Musk ne coupe pas les ponts avec l’Asie : Samsung et TSMC continueront de produire une partie des stocks pour éviter la panne sèche. Des discussions sont même en cours avec Intel pour utiliser leurs usines américaines en soutien.
En produisant sur le sol américain, Tesla se protège des tensions autour de Taïwan.
Si la Terafab réussit, Tesla devient le premier constructeur automobile au monde à posséder ses propres mines de données, ses propres cerveaux électroniques et ses propres usines de fabrication.
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