Le chinois Changan viserait l’Espagne pour son usine de voitures électriques, et il n’est pas le seul

 
Le constructeur chinois Changan serait en train d’évaluer plusieurs sites dans le nord de l’Espagne pour y installer une usine. Une stratégie qui s’inscrit dans une tendance plus large où les constructeurs chinois ne souhaitent plus seulement vendre des voitures en Europe, mais s’installer durablement sur le Vieux Continent.

On pourrait facilement croire qu’en ce moment, tous les quatre matins, un constructeur chinois s’implante en Europe. Cette impression est évidemment due aux ambitions internationales de ces mêmes constructeurs, mais la décision de s’implanter sur le marché européen, aussi exigeant soit-il, n’est pas forcément prise à la légère.

Certains s’y sont cassé les dents, à l’image de Seres ou encore Aiways. D’autres avaient de grandes ambitions, avant de faire machine arrière. Bref, aujourd’hui, on peut dire que les lancements de MG en 2019 et BYD en 2023 sont réussis, XPeng est en train de s’inscrire dans la même lignée, mais avec des produits plus haut de gamme (ce qui n’est pas une mince affaire en Europe), tandis que Jaecoo et Omoda, tout comme Zeekr ou encore Denza, la marque de luxe de BYD, vont tenter de suivre la même trajectoire.

Et il y a un autre nom qui circule dans les couloirs de l’industrie automobile, notamment en Espagne. Selon Automotive News, le constructeur chinois Changan, qui vient à peine de s’implanter sur la péninsule ibérique cette année mais dont l’appétit pour l’Europe est réel, travaillerait sur plusieurs terrains dans le nord du pays, avec notamment la région d’Aragon dans le viseur, afin d’y implanter une usine.

L’Espagne, nouvelle cible privilégiée de l’industrie automobile chinoise

Ce n’est pas un hasard si plusieurs marques chinoises regardent vers la péninsule ibérique. L’Espagne occupe la deuxième place des fabricants de voitures en Europe (derrière l’Allemagne et désormais bien devant la France), dispose d’un réseau de sous-traitants bien établi et affiche des coûts de main-d’œuvre et d’énergie plus compétitifs que beaucoup de ses voisins.

Autant d’atouts concrets pour des fabricants qui cherchent un point d’ancrage sur le Vieux Continent. En France, avec les taxes et le coût du travail, peu de constructeurs envisagent notre beau pays pour y poser leurs premières fondations.

Il y a aussi une raison moins avouable mais tout aussi déterminante : produire en Europe permet de s’affranchir des droits de douane imposés par Bruxelles sur les véhicules électriques importés depuis la Chine. Ces tarifs, durcis ces dernières années dans le cadre d’un bras de fer commercial de plus en plus tendu, renchérissent significativement le prix des voitures chinoises sur le Vieux Continent. Avoir une usine locale, c’est contourner le problème à la source.

Changan n’est d’ailleurs pas seul dans cette démarche. Chery va produire ses voitures pour l’Europe dans l’ancienne usine de Barcelone que Nissan a déserté. Leapmotor va débuter la production de ses voitures dans l’usine Stellantis de Figueruelas dans quelques mois, avec une usine de batteries CATL en construction de l’autre côté de la rue qui a nécessité un investissement annoncé de plus de 4 milliards d’euros.

Crédit : Deepal

Sans compter des projets liés à Dongfeng ou BAIC, et des rumeurs persistantes autour de BYD, nouvelle étape européenne après son usine hongroise opérationnelle avant la fin de l’année.

Deux modèles d’entrée, des réalités très différentes

Les marques chinoises n’ont pas toutes la même approche. Certaines misent sur la construction d’usines en leur nom, avec les investissements et les délais que cela implique. D’autres préfèrent s’appuyer sur des capacités existantes, en concluant des accords avec des constructeurs ou en reprenant des sites sous-utilisés. Un sujet sensible en Europe, où plusieurs usines tournent en deçà de leur capacité depuis la recomposition du marché post-Covid.

Une Volkswagen ID.5 dans l’usine de Zwickau // Source : Volkswagen

C’est d’ailleurs le cas pour Volkswagen, et plusieurs rumeurs persistantes ces derniers mois font état d’éventuels partenariats avec les constructeurs chinois afin qu’ils puissent utiliser la capacité industrielle de certaines marques européennes.

L’histoire récente invite à ne pas s’emballer non plus. Comme énoncé plus haut, plusieurs constructeurs ont, par le passé, affiché de l’intérêt pour l’Europe sans jamais concrétiser leurs projets. Les phases d’évaluation peuvent s’étirer, les priorités changent, et la concurrence entre pays européens pour attirer ces investissements est réelle.


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