
Si vous suivez un peu l’actualité de la voiture électrique, vous savez que Leapmotor est la nouvelle arme de Stellantis pour contrer l’hégémonie chinoise sur l’entrée de gamme. Jusqu’ici, le plan était simple : on conçoit en Chine, on importe, et on vend. Sauf que l’Europe a sifflé la fin de la récréation avec ses droits de douane punitifs.
Mais Stellantis a trouvé la solution, comme on le savait depuis quelques mois. Mais Ding Yongfei, le directeur de la qualité chez Leapmotor, annonce une étape supplémentaire, relayé par le média Forococheselectricos : quatre modèles de la marque seront produits directement en Europe, dans l’usine espagnole de Stellantis à Figueruelas, près de Saragosse. Et ça, c’est une excellente nouvelle pour les acheteurs français.
Le jackpot pour le consommateur français
Pourquoi est-ce si important que votre future voiture soit assemblée à Saragosse plutôt qu’à Hangzhou ? Ce n’est pas (que) par patriotisme européen, c’est surtout une histoire financière.
Actuellement, une voiture électrique produite en Chine qui arrive en Europe se prend de plein fouet les droits de douane européens, qui peuvent grimper jusqu’à plus de 40 %. C’est une « taxe » invisible que vous payez sur le prix final, ou qui vient réduire la marge des constructeurs. En produisant le SUV B10 en Espagne, Stellantis efface purement et simplement cette ardoise.

Mais ce n’est pas tout. En France, le bonus écologique est conditionné au fameux score environnemental. Globalement, si votre voiture a parcouru 10 000 km en bateau et a été fabriquée avec de l’électricité au charbon, c’est « non ». En localisant la production en Espagne, et surtout en y fabriquant les châssis via une co-entreprise locale (Lieder Automotive), Leapmotor s’assure quasiment à coup sûr de débloquer cette aide de l’État pour ses clients.
Résultat des courses : une voiture moins taxée à l’import et subventionnée à l’achat. On parle potentiellement de plusieurs milliers d’euros d’économie sur la facture finale.

Ce n’est pas juste un projet en l’air. L’usine de Figueruelas va commencer à produire le Leapmotor B10 dès août 2026. On parle d’un volume initial de 40 000 unités par an.
Le plus intéressant, c’est que Stellantis ne se contente pas de faire du « vissage » de kits envoyés par bateau (ce qu’on appelle du CKD). Une vraie structure industrielle se met en place, avec la production du châssis sur place.
B10, B05, A05… qui sont ces nouvelles venues ?
Leapmotor ne vient pas les mains vides. Voici ce qui va sortir des chaînes espagnoles d’ici 2027.
La Leapmotor B10, c’est la star du programme. Un SUV électrique de 4,52 mètres (segment C) qui vise directement le cœur du marché. Avec son moteur de 160 kW (218 ch) et sa batterie LFP d’environ 67 kWh pour la version haut de gamme, il offre une autonomie solide (entre 360 et 430 km WLTP selon la batterie). Il chasse sur les terres du Renault Scénic E-Tech et Peugeot E-3008, à partir de 29 990 euros.

Il y aura également le Leapmotor B05. Un modèle compact dévoilé récemment, prévu pour 2027 à Saragosse. Avec ses 4,43 mètres, il est un poil plus petit et viendra se frotter aux MG4 et autres BYD Dolphin.
Viendront ensuite les citadines. La B03X d’abord (A10 en Chine), qu’on a pu voir en Chine. Puis l’A05 qui viendrait remplacer la Leapmotor T03. Ce seront les tickets d’entrée de la gamme, probablement très abordables, puisque la T03 actuelle est vendue à partir de 16 900 euros en France et les premiers prix de la B03X en Chine sont très encourageants également.

Leapmotor prévoit également plus tard une voiture électrique encore plus compacte, qu’on imagine sous les 15 000 euros.
Mais attention, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne
Si les futurs modèles compacts vont profiter du soleil espagnol, ce n’est pas le cas de tout le catalogue. Le grand SUV familial, le Leapmotor C10, reste pour l’instant un produit d’importation « Made in China ». Conséquence directe : il continue de subir les droits de douane et ne devrait pas pouvoir prétendre au bonus écologique français, ce qui le rend nettement moins compétitif face à un Tesla Model Y ou un Peugeot E-3008.

Autre victime collatérale de cette réorganisation : la petite citadine Leapmotor T03. Son aventure industrielle européenne aura été de courte durée. Stellantis a stoppé sa production dans l’usine polonaise de Tychy fin mars 2025, après seulement quelques mois d’assemblage.
Une stratégie différente des concurrents
Plutôt que de laisser BYD ou MG grignoter tout le gâteau de l’électrique abordable, le groupe Stellantis utilise Leapmotor comme un bouclier. En produisant en Espagne, ils transforment une marque chinoise en constructeur « européen » aux yeux de l’administration fiscale.
Pour le consommateur, cela signifie des voitures techniquement à jour, à des tarifs qui devraient enfin devenir raisonnables, sans la punition fiscale des voitures produites en Chine. Rendez-vous à l’été 2026 pour voir les premiers exemplaires tomber de chaîne.
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