Face aux dangers des « freinages fantômes », 11 automobilistes français saisissent la justice

 
Alors que les freinages fantômes font régulièrement parler d’eux, onze automobilistes ont lancé une action collective en justice. Le but ? Obtenir réparation après divers accidents ayant été causés par un dysfonctionnement de leur véhicule. Plusieurs modèles sont concernés.

On dit souvent que lorsque nous sommes au volant d’une voiture, c’est toujours le conducteur qui doit être maître de cette dernière. Car on le rappelle, c’est la personne derrière le volant qui reste responsable en cas d’accident, en tout cas tant que la conduite autonome ne se sera pas encore plus développée.

Mais voilà que certains automobilistes ont fait face à une situation très dangereuse, dans laquelle ils n’avaient pas le contrôle de leur auto. En effet, certains ont été victimes de « freinages fantômes », durant lesquels les voitures freinent brutalement, sans que le conducteur ait pourtant pressé la pédale.

Or, les conséquences peuvent être dramatiques. L’affaire avait ainsi commencé à réellement faire parler d’elle en août 2025, après qu’une conductrice de Peugeot 208 a été violemment percutée sur l’autoroute, à la suite d’un freinage incontrôlé. Depuis, les témoignages se sont multipliés, partout en France. Et désormais, les victimes veulent obtenir réparation, à la suite d’accidents ou blessures diverses.

C’est en effet ce qu’explique Le Parisien, qui annonce que onze conducteurs ont lancé une action collective en justice, auprès du tribunal d’Aix-en-Provence. Et ce, alors que les victimes peinent à faire reconnaître la défaillance par les constructeurs. Selon Le Parisien, certaines marques ont même accusé leurs clients de ne pas savoir conduire. Une situation intolérable pour ces derniers, tandis que certains ont été contraints de laisser leur auto au garage pour tenter de faire effectuer des réparations. Le problème, c’est que le passage de la valise de diagnostic ne donne rien.

Depuis août 2025, le Service de surveillance du marché des véhicules et des moteurs (SSMVM), rattaché au ministère des Transports, dit enquêter sur ces freinages fantômes et a mis en ligne un outil de signalement. À ce jour, le ministère n’a pas communiqué sur l’avancée de ses travaux, et une expertise judiciaire menée en 2026 sur un véhicule examiné n’a pas identifié de dysfonctionnement.

La faute aux aides à la conduite ?

Plusieurs modèles sont incriminés dans la plainte collective, dont les Peugeot 308, Volkswagen Tiguan, Dacia Bigster, Citroën C4, Skoda Kodiaq et Ford Focus. Il est cependant possible qu’encore plus de véhicules soient concernés, mais seulement 11 automobilistes se sont joints à l’action.

Les journalistes de Caradisiac indiquent notamment avoir eu affaire à de tels freinages fantômes lors de l’essai du Volvo EX90. Le point commun de ces véhicules : ce sont tous des modèles récents. Or, on se rappelle que le freinage automatique d’urgence est obligatoire sur toutes les autos neuves depuis 2024.

Peugeot E-208 // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Cette technologie est probablement en cause : les capteurs détecteraient par erreur des obstacles et déclencheraient un freinage brutal.

C’est aussi la piste retenue pour Tesla, dont la NHTSA (l’équivalent de la Sécurité Routière aux USA) a lié les freinages fantômes au passage au tout-caméra. Le régulateur américain avait reçu plus de 700 signalements « d’activation inattendue des freins de certains véhicules Model 3 & Y » en 2022. Mais la NHTSA estimait que plus de 416 000 exemplaires pourraient être concernés. L’enquête a été fermée en 2026 devant le faible risque avéré pour les passagers et une baisse significative du nombre d’incidents.

La plainte déposée à Aix-en-Provence indique que « si l’ensemble des plaignants souffrent de dommages psychologiques ainsi que d’anxiété générale liée à l’utilisation quotidienne d’un véhicule dont la défectuosité présente un danger, certains ont été physiquement blessés ». Par ailleurs, les conséquences sont aussi financières, comme le rappelle l’avocate Me Anne-Sophie Charrieras, qui représente les victimes devant le tribunal.

Elle estime désormais que « nous avons besoin des moyens d’investigation de la justice, notamment pour accéder aux données cryptées des constructeurs ».


Si vous voulez recevoir les meilleures actus Frandroid sur WhatsApp, rejoignez cette discussion.

Recherche IA boostée par
Perplexity