« Un choc majeur » : l’industrie automobile vent debout contre une proposition désastreuse pour les voitures électriques

 
Plusieurs candidats à la présidentielle suggèrent de supprimer les CEE afin de réduire le prix du carburant. La filière automobile répond qu’une suppression brutale de ce programme, qui finance le bonus écologique pour les voitures électriques, provoquerait « un choc majeur ».
Peugeot E-208 // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Vous l’avez sans doute constaté en faisant votre plein de carburant, les prix se sont envolés. Le gazole frôle 2,40 euros le litre en moyenne, et le SP95 E10 dépasse 2,15 euros. Le gouvernement refuse toute baisse généralisée des taxes sur les carburants, mais d’autres ont leurs idées pour faire baisser les tarifs à la pompe. C’est le cas de plusieurs candidats à la présidentielle, dont Bruno Retailleau (LR), Fabien Roussel (PCF) ou encore Sarah Knafo (Reconquête).

Tous trois veulent supprimer ou suspendre les CEE, qui pèsent « 15 centimes par litre » comme le relaie BFM TV. Pour mémoire, ces Certificats d’économies d’énergie sont financés par les fournisseurs d’énergie, tels qu’EDF ou TotalEnergies, qui doivent financer des actions qui réduisent la consommation d’énergie.

Ils répercutent souvent ce coût, en tout ou partie, sur les prix payés par leurs clients, notamment à la pompe. Une partie de ces sommes, qui ne passent pas par le budget de l’État, finance aussi depuis juillet 2025 les aides à l’achat de voitures électriques.

Citroën ë-C3 Aircross // Source : Citroën

Depuis juillet 2025, la prime CEE remplace le bonus écologique, qui était financé par le budget de l’État. L’idée de voir disparaître cette aide fait bondir les principaux acteurs de la filière automobile en France.

L’Avere-France, la Plateforme automobile (PFA), Mobilians, Sesamlld et la CSIAM ont signé ce mercredi 30 septembre un communiqué commun à ce sujet. Ils estiment que supprimer brutalement ce dispositif reviendrait à « provoquer un choc majeur pour le secteur automobile en France ».

Une aide « indispensable », selon la filière

Pour la filière, toucher à ce coup de pouce risquerait de faire plonger un marché des VE encore en plein développement. Supprimer les CEE sans solution de rechange « priverait les ménages et professionnels des aides leur permettant d’accéder à un véhicule plus économique à l’usage ». Car on le sait, les autos électriques restent encore trop chères pour de très nombreux automobilistes. Pour eux, la prime CEE, naviguant entre 3 600 et 6 200 euros selon les revenus du foyer, fait souvent la différence.

Pour les différents acteurs, ce mécanisme « constitue aujourd’hui le principal levier de financement des aides indispensables à la transition vers la mobilité électrique et au soutien du marché ». Le communiqué décrit une crise « sans précédent » pour l’industrie automobile, marquée en France par « un effondrement de plus d’un quart des ventes depuis 2020 », plus fort que le recul observé à l’échelle européenne. Les voitures électriques ont pourtant atteint en août 38,2 % des immatriculations de voitures neuves en France, un record.

Mais le risque lié à la suppression des CEE ne concerne pas que la baisse des ventes. Les signataires redoutent aussi un impact direct sur l’emploi, alors que la filière industrielle automobile a déjà supprimé 50 000 emplois depuis 2020, selon eux.

Comme le souligne Auto Infos, les ventes d’autos électriques sont pourtant déjà dopées par la hausse du prix du carburant. Le coup de pouce financier est-il encore indispensable quand l’électrique représente déjà 42 % des immatriculations en septembre 2026 ? La filière, elle, demande surtout qu’aucune suppression n’intervienne sans solution de rechange définie à l’avance.


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