La voiture électrique franchit un cap historique en Europe et pulvérise les prévisions

 
Selon le bilan publié le 17 septembre par E-Mobility Europe, les immatriculations de voitures 100 % électriques ont progressé de 54,2 % en août sur 16 marchés européens. Leur part atteint 30,5 %, soit près d’une voiture neuve sur trois. Un score bien au-dessus des 21 à 23 % que Transport & Environment et Rho Motion prévoyaient pour l’ensemble de 2026, sur fond de carburant cher.
Renault Twingo E-Tech Evolution // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

« Les ventes de voitures électriques progressent, mais pas assez vite. » Voilà ce qu’on lisait encore il y a un an, quand leur part de marché peinait à dépasser les 20 %, même lors des meilleurs mois. Mais le contexte actuel et la démocratisation de la technologie permettent aujourd’hui d’enregistrer une forte hausse des ventes de voitures électriques en Europe.

Plusieurs facteurs se cumulent, et le carburant arrive en tête. Les ventes de voitures électriques ont bondi en Europe depuis le début de la guerre en Iran en février, qui a fait grimper les prix à la pompe. Le prix du diesel a même dépassé celui de l’essence dans une grande partie du continent, ce qui change le calcul de ceux qui hésitent sur leur prochain véhicule. Face à cette volatilité, l’électrique apparaît comme une façon de se protéger.

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L’autre facteur compte tout autant : l’offre de véhicules affichés autour de 25 000 euros est bien plus large qu’il y a quelques années. Comme le relevait Reuters dès juin, cette croissance pourrait toutefois ne pas durer : l’intérêt des acheteurs risque de retomber quand le pétrole reculera… s’il recule un jour !

En attendant, les voitures électriques en profitent. Selon les données compilées par E-Mobility Europe, New Automotive et Fier Automotive, 202 833 voitures électriques à batterie ont été immatriculées en août dans les 16 marchés suivis. Depuis janvier, le total dépasse 1,67 million d’unités, soit 33,1 % de plus qu’à la même période de 2025.

Le bond est d’autant plus net qu’en août 2025, ces mêmes 16 marchés n’avaient enregistré que 131 534 voitures électriques. Ces pays représentent environ 90 % des ventes européennes, ce qui rend l’échantillon largement représentatif.

Des prévisions (enfin) dépassées

L’ONG Transport & Environment (T&E) anticipait une part de 23 % pour les voitures électriques dans l’Union européenne cette année, et Rho Motion tablait sur environ 21 % à l’échelle de l’Europe. Les 30,5 % d’août les dépassent nettement.

Les organisations à l’origine des chiffres soulignent d’ailleurs que les ventes de voitures 100 % électriques dépassent même les projections établies pour l’ensemble des modèles rechargeables, hybrides rechargeables compris.

Peugeot E-408 // Source : Peugeot

La comparaison a toutefois ses limites. On confronte ici une part mensuelle, sur 16 marchés, à des prévisions annuelles qui ne couvrent pas exactement le même périmètre. Août reste par ailleurs un mois de faible activité pour les concessionnaires, ce qui rend les parts de marché plus sensibles aux variations de volume.

Pour comparer tout ça à armes égales, mieux vaut donc regarder le cumul depuis janvier : sur les huit premiers mois de l’année, la part des voitures électriques atteint 22,5 %. On est donc au niveau de la prévision de T&E, et un peu au-dessus de celle de Rho Motion. Sur le seul périmètre de l’Union européenne, la part d’août est estimée à 31,2 %.

La France et l’Allemagne en tête des grands marchés, la Scandinavie loin devant

Pour Chris Heron, secrétaire général d’E-Mobility Europe, la priorité est désormais de donner de la visibilité aux constructeurs et aux acheteurs, pour que la dynamique survive à une éventuelle baisse du pétrole. L’Italie montre bien cette fragilité : sa part de voitures électriques était tombée à 5,9 % en juillet, à la fin des aides, avant de remonter en août.

En France, la part des voitures électriques atteint 38,3 % en août, avec 36 159 immatriculations. L’Allemagne affiche 32,5 %, mais pour un volume près de deux fois supérieur : 68 980 véhicules. Le premier marché européen en volume pèse donc lourd dans la moyenne, sans être le plus avancé en proportion.

Les écarts restent très grands d’un pays à l’autre. La Norvège culmine à 98,7 %, devant le Danemark (85,9 %), la Finlande (52,3 %), les Pays-Bas (48,9 %), la Belgique (46,2 %) et le Portugal (36,1 %). La Norvège reste toutefois un cas à part, difficile à transposer ailleurs : sa transition électrique est déjà faite depuis quelques années, portée par des avantages fiscaux importants accordés aux voitures électriques face aux thermiques.


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