
Xavier Niel, propriétaire du groupe Free via Iliad, va débourser 5,1 milliards d’euros pour racheter 16,2 % du capital de Vodafone. L’opération, annoncée ce vendredi 10 juillet par l’AFP, en fait le premier actionnaire de l’opérateur britannique, l’un des plus gros d’Europe et d’Afrique.
Le rachat passe par Vega, un véhicule d’investissement détenu par la famille Niel et créé uniquement pour porter ces parts. Vega les achète au groupe émirati E&, qui vend la totalité de sa participation. Évidemment, cette transaction reste soumise à l’accord des autorités de régulation, attendu d’ici la fin de l’année. Vega précise ne pas vouloir devenir actionnaire majoritaire ni lancer d’offre sur l’ensemble du capital : Xavier Niel ne prend donc pas le contrôle.
Cette montée au capital n’est pas le premier pas de Xavier Niel chez Vodafone : il détenait déjà une participation d’environ 2,5 % dans le groupe britannique, prise dès 2022 après l’échec de l’offre d’Iliad sur les activités italiennes de l’opérateur. Le rachat des parts d’e& change simplement de dimension.


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Un empire télécom qui déborde largement de la France
Pour comprendre l’ampleur du geste : au-delà d’Iliad, présent en France, en Italie et en Pologne, Xavier Niel détient déjà des parts dans plusieurs opérateurs en Europe et en Amérique latine.
Selon le communiqué de Vega, son groupe pèse 139 millions d’abonnés, 45 000 salariés et 24 milliards d’euros de revenus annuels, répartis sur 26 pays. Vodafone s’inscrit dans une stratégie de consolidation télécom que Niel mène depuis des années, du belge Proximus au rachat de la filiale chilienne de l’espagnol Telefónica.
Vodafone, de son côté, sort d’une cure d’amaigrissement. L’opérateur a cédé ses activités en Espagne et en Italie, fusionné avec le rival Three au Royaume-Uni, et réduit ses pertes : 397 millions d’euros de perte nette sur son dernier exercice clos fin mars, contre 4,17 milliards un an plus tôt. L’annonce a fait bondir l’action de plus de 10 % à la Bourse de Londres, son plus fort gain en séance depuis la fin des années 1990.
Ce que ça change (ou pas) pour les abonnés Free
Pour un client Free en France, cette opération ne change rien au quotidien : pas de nouveau forfait, pas de baisse de prix à attendre.
C’est d’abord un mouvement financier et stratégique à l’échelle européenne. Le contexte français, lui, reste tendu : Free peine à recruter de nouveaux abonnés, ce qui explique en partie l’intérêt de Niel pour racheter SFR. Investir 5 milliards à Londres pendant que la croissance stagne en France en dit long sur ses priorités. Mais Free va également mettre la main sur de nombreux actifs de SFR, dans le cadre de la revente.
Pour aller plus loin
Vente de SFR : offre de rachat acceptée, quel avenir pour les clients… tout savoir sur le dossier
Cette montée au capital vaut surtout pour ceux qui suivent la recomposition du secteur télécom en Europe, ça ne changera rien si vous comparez les forfaits Free du moment.
Si vous cherchez juste le meilleur abonnement mobile, notre comparateur de forfaits reste plus utile que le cours de Vodafone. Avec cette opération, Xavier Niel s’impose surtout un peu plus comme l’un des premiers investisseurs privés du secteur télécom en Europe.
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