Les opérateurs télécom ont beau se plaindre énormément, il est rare de constater une baisse de leurs revenus. C’est pourtant bien le cas fin 2018 comme nous le montrent les chiffres de l’Arcep.

Les problèmes des opérateurs sont nombreux et bien documentés. Ceux-ci se plaignent souvent de la baisse des revenus générés par le mobile suite à l’apparition de Free, des coûts de déploiement des nouvelles technologies comme la 5G, ou même encore de la neutralité du net.

Pourtant, rares sont les fois où l’on constate une baisse des revenus. Fin 2018, ce fut pourtant bien le cas : l’observatoire de l’Arcep, qui note les variations de revenus des opérateurs français, se charge de nous le montrer.

Revenus en baisse pour les opérateurs en 2018

2018 n’aura pas été une année particulièrement marquante sur le marché, et cela se ressent. On constate une baisse générale des revenus générés par rapport au trimestre de l’année précédente. 8,9 milliards d’euros HT ont été générés, soit une diminution de 1,3 %.

Cette baisse est principalement due aux revenus des services fixes sur le semestre, en recul de 1,7 %. Les revenus annexes, comprenant notamment, mais pas exclusivement, la vente de mobiles, sont également en baisse à 814 millions d’euros HT soit -2,8 %.

Notons également que les services à valeur ajoutée (comprenez les services inclus dans les forfaits) continuent d’être en baisse, à -16,4 % cette année. Cela fait 6 ans que c’est le cas.

La fibre optique toujours plus populaire

L’observatoire de l’Arcep nous permet de constater une évolution technologique naturelle. Si les abonnements au haut débit — majoritairement en VDSL mais aussi ADSL — sont en chute (-1,2 million en un an, deux fois moins qu’en 2017), ils sont naturellement remplacés par les accès très haut débit qui eux sont en croissance (+1,9 million en un an).

Particulièrement, on notera que la fibre optique bout en bout est de plus en plus adoptée : 4,3 millions d’abonnés sont recensés, soit +1,4 million en un an. Cela représente 15 % des connexions internet actives en France.

Les abonnements très haut débit (comprenant fibre, coaxial, VDSL2, box 4G etc) représentent désormais un abonnement sur trois sur un total de 28,9 millions. L’expansion continue, mais n’est pas totale : 44 % des logements éligibles au très haut débit bénéficient d’un abonnement actif, laissant tout de même 56 % d’opportunité manquée.

Les forfaits mobiles sans engagement sont rois

Sur le mobile, les forfaits sont toujours plus populaires… mais les consommateurs privilégient les forfaits sans engagement. Ceux-ci représentent 7 forfaits sur dix, +3 points en un an. 75,5 millions de cartes SIM sont en service, dont 66 millions de forfaits.

Les numéros liés sont toujours plus gardés. La portabilité du numéro atteint son plus haut chiffre historique avec plus de 2 millions enregistrées pour le quatrième semestre consécutif.

La part d’utilisateurs se servant des réseaux 4G continue de tranquillement augmenter (+7,5 millions sur le trimestre), avec une consommation de data moyenne s’élevant à 6,8 Go par mois. Le roaming, rendu plus simple et moins coûteux dans l’Union européenne, continue de fortement augmenter à +69 % en un an.

Enfin, notons que les technologies les moins récentes comme le SMS — amené à être remplacé par le RCS à terme — continuent de chuter. Le nombre de textos envoyés se réduit une nouvelle fois à 42,6 milliards, soit une perte de 5 % en un an. Les appels vocaux vers fixe et mobile subissent également une perte de 1 % en un an.