L’association de défense des consommateurs UFC Que Choisir a rendu ce jeudi son étude sur la qualité de l’Internet fixe en France. L’association déplore notamment une fracture numérique et un manque de transparence de la part des pouvoirs publics.

Depuis un an, l’UFC Que Choisir a mis en place son observatoire de la qualité de l’Internet fixe, un panel de consommateurs qui relèvent la qualité de leur débit Internet sur leur ligne fixe, mais également les temps de chargement des pages. Il en est résulté la première étude de l’association, dévoilée ce jeudi, grâce aux données de 1703 panélistes.

Une fracture numérique qui n’est pas prête de s’amoindrir

Parmi les résultats constatées par l’UFC, une très grande disparité en termes de débit entre les plus grandes agglomérations et les zones rurales : « En haut débit (ADSL), les communes les plus rurales subissent en moyenne des débits 43 % plus faibles que les villes de plus de 30 000 habitants ». Ainsi, l’UFC constate que le débit moyen pour les meilleures connexions atteint les 284 Mbps, quand la moyenne n’est que de 50 Mbps en zone rurale.

Afin de réduire cette disparité en l’absence de réseau fibre en zone rurale, l’UFC Que Choisir milite pour « une forte montée en débit sur le réseau cuivre historique ». En effet, selon les données de l’association, « Ce sont ainsi 10,1 % des consommateurs qui ne disposent pas d’un Internet de qualité minimale. Quant au « bon haut débit », ce sont près de 12,8 millions de personnes qui en sont privées ». Or, si l’État communique sur un déploiement de la fibre optique sur l’ensemble du territoire en 2022, l’association se veut bien plus pessimiste : « Le déploiement devrait s’étirer jusqu’en 2029 ». « L’urgence de la montée en débit sur le réseau cuivre dans les zones qui ne recevront pas la fibre à moyen terme est d’autant plus évidente », conclut l’association.

Des extensions Chrome et Firefox pour mesurer la qualité de votre connexion

Par ailleurs, afin d’étendre encore son panel, l’UFC Que Choisir a mis en place des extensions pour les navigateur Chrome, Firefox et, prochainement, Edge. Ces extensions permettront d’enregistrer les temps de chargement des pages sur quinze sites différents (Google.fr, Google.com, Facebook, Wikipedia, Amazon, Twitter, LeMonde, LeFigaro, YouTube, Dropbox, WeTransfer, TransferNow, LeParisien, Booking et Instagram), mais également votre code postal, fournisseur d’accès et type d’accès (fibre ou xDSL).

Ces données anonymisées seront ensuite transmises à l’UFC qui pourra les utiliser pour ses prochaines études. L’objectif pour l’association est ainsi de « faire un état des lieux précis de la qualité de l’Internet fixe en France » et éventuellement comparer les opérateurs, les zones géographiques et faire poids face aux opérateurs et aux pouvoirs publics. Enfin, l’UFC Que Choisir a également lancé son propre speedtest dont les données seront également récoltées et utilisées dans le cadre de l’observatoire.