
Plus de WhatsApp, plus d’e-mails, plus de Maps, plus de news. Pendant des semaines. C’est ce que vivent les Iraniens depuis janvier 2026, quand le gouvernement a coupé Internet dans toutes les provinces du pays. Même Starlink, supposé increvable, est désormais brouillé activement.
Dans ce trou noir numérique, il reste pourtant un signal que Téhéran ne peut pas couper sans se tirer une balle dans le pied : la télévision par satellite. Et c’est précisément la faille qu’une poignée d’activistes exploite depuis dix ans.
Le système s’appelle Toosheh, « sac à dos » en persan. Il est porté par NetFreedom Pioneers, une ONG californienne fondée par des Iraniens expatriés et lancée en 2015.
Le principe : encapsuler des fichiers, news, tutos de premiers secours, logiciels anti-censure, dans le flux MPEG d’une chaîne satellite ordinaire. Pour un récepteur classique, c’est de la télé.
Pour qui sait extraire les paquets, ce sont 1 à 5 Go de contenu livrés chaque jour à domicile. Le matériel pour recevoir tout ça ? Une parabole et un décodeur, soit moins de 50 dollars en Iran, malgré l’interdiction officielle des antennes.
NetFreedom revendiquait environ trois millions d’utilisateurs actifs en 2025, avant que la coupure de janvier ne fasse exploser la demande.
Une combine vieille de dix ans qui devient une bouée de sauvetage
Toosheh n’est pas une innovation de la semaine, et c’est justement ce qui le rend redoutable aujourd’hui.
La technique du « filecasting » existe depuis longtemps, mais elle prend tout son sens face à un blackout généralisé.
Là où un VPN suppose qu’il reste un bout d’Internet à tunneliser, Toosheh part du principe qu’il n’y en a plus du tout. Le flux est unidirectionnel, descendant, anonyme. L’utilisateur ne demande rien, ne renvoie rien, ne laisse aucun log. Pour un régime qui traque les VPN à coups de SMS d’avertissement, c’est compliqué.
Le système intègre aussi de la redondance type RAID, environ 5 % de la bande passante en temps normal, jusqu’à 30 % en cas de brouillage actif. Autrement dit, même quand le régime tente d’écraser le signal localement, les fichiers se reconstruisent.
Reste les angles morts, et ils sont gros. La transmission ne va que dans un sens : aucun moyen pour un Iranien d’envoyer un témoignage, une vidéo, un message. Toosheh remplace la presse, pas le réseau social. Et la facture est salée. NetFreedom paie des dizaines de milliers de dollars par mois pour louer la capacité satellite sur Yahsat Y1B.
Le financement du Département d’État américain s’est arrêté en août 2025, ce qui a obligé l’ONG à interrompre temporairement son service avant de le relancer sur dons privés. Le projet vit donc au mois le mois.
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