Avant de céder sa place à John Ternus, Tim Cook admet que ce lancement en 2012 reste sa pire bourde

 
Avant de tirer sa révérence le 1er septembre, Tim Cook a désigné son pire raté en 15 ans de règne : le lancement catastrophique d’Apple Maps en 2012.

On a tous un souvenir d’Apple Plans première version. Le mien, c’est un rond-point près de Nantes transformé en champ labouré par le mode 3D, avec une voix calme qui me demandait de tourner dans un mur. À l’époque, on riait. On capturait des écrans. On les envoyait à des copains sous Android qui répondaient par un emoji moqueur. Ce que personne n’imaginait, c’est que 14 ans plus tard, le patron d’Apple citerait encore ce fiasco comme sa plus grosse boulette.

Le 22 avril 2026, lors d’une réunion interne au Steve Jobs Theater, Tim Cook a reconnu devant les salariés que le lancement d’Apple Plans en 2012 a été sa « première vraie grosse erreur » en tant que CEO, selon Bloomberg.

L’appli, qui remplaçait Google Maps par défaut sur iOS 6, s’est vite retrouvée bardée d’itinéraires aberrants, de monuments mal placés et de vues 3D dignes d’un paysage post-apocalyptique. Le contexte : Tim Cook venait de prendre les rênes d’Apple en août 2011, après la démission de Steve Jobs. La bourde a coûté son poste à Scott Forstall, patron du logiciel et proche de Steve Jobs, qui a refusé de co-signer la lettre d’excuses publique. Et elle a forcé Apple à faire un truc rarissime : recommander à ses clients d’utiliser les apps concurrentes en attendant.

Quand Apple conseille Google Maps, c’est que ça va mal

Tim Cook a livré une explication inédite sur le plantage. Selon lui, les équipes croyaient le produit prêt « parce qu’on testait surtout des trucs locaux ». En gros, ils ont validé le fonctionnement autour de Cupertino, et ils ont supposé que ça marcherait à Paris, Tokyo et Berlin.

Tim Cook qualifie l’épisode d’« humble pie », autrement dit une leçon d’humilité servie froide. Il ajoute qu’Apple possède aujourd’hui « la meilleure app de cartographie au monde », ce qui se discute franchement quand on regarde les parts d’usage réelles face à Google Maps ou Waze. Mais bon, sur la France et l’Europe, Plans s’est effectivement rattrapé, avec une refonte complète bouclée en 2020. On peut utiliser l’app aujourd’hui sans finir dans un fossé. C’est déjà ça.

Un bilan à 4 000 milliards de dollars, mais quelques cadavres au placard

Tim Cook n’a pas que des casseroles. Sous sa direction, la capitalisation boursière d’Apple est passée d’environ 350 milliards à 4 000 milliards de dollars, une multiplication par plus de dix. Le chiffre d’affaires annuel est passé de 108 milliards en 2011 à plus de 416 milliards en 2025.

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L’Apple Watch, lancée en 2015, reste sa fierté personnelle : il raconte avoir été retourné par le premier e-mail d’un utilisateur expliquant que la montre lui avait sauvé la vie. Aujourd’hui, dit-il, il en reçoit tous les jours.

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À côté de ça, la liste des ratés est « d’une longueur extraordinaire », dixit l’intéressé. AirPower, le chargeur sans fil annoncé en 2017 et jamais sorti. Le projet de voiture autonome Titan, enterré après dix ans et plusieurs milliards brûlés. Et on pourrait ajouter le Vision Pro, dont les ventes sont loin des attentes. Ce que Tim Cook ne dit pas, c’est qu’Apple est aussi en retard flagrant sur l’IA générative, un sujet qui attend John Ternus de pied ferme.

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Pour qui cette confession a-t-elle du sens ? Pour les salariés d’Apple, d’abord, à qui Tim Cook transmet un message : on a le droit de se planter si on le reconnaît vite.


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