Android Pulse : Google a installé une application sur des millions de smartphones sans prévenir

Installée sans rien demander

 
Google a glissé une application sur des millions de smartphones Android sans rien demander à personne. Son but : préparer le terrain de la future politique mémoire d’Android.

Tout est parti d’un bloc vide dans la liste des mises à jour du Play Store. Pas de nom lisible, pas de logo, rien. Les utilisateurs les plus attentifs ont tiré le fil et sont tombés sur Android Pulse, une application signée Google, posée en douce sur leur téléphone depuis mars 2026. Sept versions se sont succédé avant que quelqu’un ne la remarque.

Une application de plus s’est incrustée sur votre mobile Android // Crédit : Corentin Béchade pour Frandroid

Sur le Play Store, sa fiche affiche déjà plus de 10 millions de téléchargements. L’application n’a aucune interface : impossible de l’ouvrir ou de la régler (il n’y a rien à régler).

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Officiellement, elle distribue des règles pour repérer les anomalies de consommation de ressources, mémoire vive, batterie ou processeur, du système comme des applications installées. Traduction : quand une application se met à dévorer la RAM sans raison, Pulse aide Android à la repérer. Rien à voir avec un virus. L’outil traînait sur le Play Store bien avant sa diffusion massive, signe d’un déploiement progressif.

La mémoire, encore et toujours

Google a une bonne raison de sortir cet outil maintenant. Le groupe veut encadrer la quantité de mémoire qu’une application peut consommer. Ces nouvelles règles du Play Store sont vendues comme une bonne nouvelle pour l’entrée de gamme, et l’idée se tient : un smartphone à 150 euros sature bien plus vite qu’un modèle à 1 000. C’est aussi le but d’Android 17, qui rationne l’appétit des applications en mémoire. Pour appliquer ces limites, encore faut-il savoir quelles applications débordent. Android Pulse est là pour ça.

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En parallèle, Google a relevé la barre côté matériel. Ses fonctions d’intelligence artificielle Gemini réclament au moins 12 Go de RAM et une puce haut de gamme, de quoi écarter des modèles pourtant récents. La mémoire est devenue la ressource critique du smartphone, et Google entend en garder la main.

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Votre smartphone, leurs règles

Android Pulse n’a rien d’un cas isolé. Les accords GMS (Google Mobile Services) signés par les fabricants autorisent déjà Google à installer des applications système à distance, sans votre feu vert. Le géant a aussi pris l’habitude de verrouiller l’installation d’applications tierces, de serrer la vis sur les versions alternatives d’Android et de rendre l’installation hors du Play Store plus pénible.

Cette reprise en main touche potentiellement les 3 milliards d’appareils Android en circulation. Même l’Europe a dû contraindre Google à ouvrir un peu son système aux concurrents. Et sur la mémoire, le groupe avance seul contre tous face aux constructeurs, qui rechignent à suivre.

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Faut-il s’inquiéter ? Pour vos données, non : selon sa fiche, Pulse ne collecte aucune information personnelle. Pour le contrôle de votre appareil, c’est plus gênant : on vous a installé un outil impossible à désinstaller, sans un mot d’explication. Le règlement européen impose pourtant de pouvoir retirer facilement les applications des géants, mais les composants système, eux, y échappent.


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