Trouver un moyen d’exposer de manière plus efficace la musique francophone. C’est la demande formulée par les dirigeants de quelques-unes des plus grosses radios françaises au ministre de la Culture. L’objectif de cette requête serait notamment une révision des quotas en vigueur… mais aussi la mise en place d’une mesure forçant Spotify, Deezer et consorts à donner plus de visibilité à la chanson française sur leurs offres gratuites.

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C’est français, c’est la musique française ! Contraindre Deezer, Spotify et les autres acteurs de la musique en streaming à « des quotas de diffusions francophones au sein [de leurs] offres gratuites », telle est la demande adressée au ministre de la Culture par les patrons de plusieurs radios appartenant aux groupes Lagardère, NRJ, Radio France, France Media Monde et M6 (RTL, RTL2, Fun Radio). Les dirigeants des Nouvelles éditions indépendantes (Radio Nova), mais aussi du Sirti (Syndicat des radios indépendantes), font également partie des signataires de cette missive commune dépêchée au ministère, précise 20 Minutes.

Contraindre les offres gratuites de Spotify ou Deezer aux mêmes quotas de diffusions que les radios françaises

La réclamation est simple : ces dirigeants souhaitent que le gouvernement force les plateformes de musique en streaming à respecter — sur leurs offres gratuites — les mêmes quotas de diffusion que les radios françaises. Depuis 1994, ces dernières sont en effet tenues de diffuser au minimum 40 % de chansons d’expression française. La moitié de ces chansons doivent par ailleurs émaner de nouveaux talents ou de nouvelles productions. Un moyen pour l’État de porter la chanson française tout en s’assurant que les grands classiques ne soient pas les seuls diffusés.

Une règle à laquelle échappent pour l’instant Spotify ou encore Deezer… Mais peut-être plus pour longtemps. La lettre commune adressée au ministre de la Culture par plusieurs radios françaises détaille ainsi qu’une « exposition plus efficace de la création musicale francophone à la radio dans un monde concurrencé par les nouveaux acteurs numériques doit être trouvée ». « Les radios ne peuvent être les seules à participer à cet effort, tandis que les acteurs digitaux proposent une offre musicale sans prendre leur part d’obligations », lit-on. Les doléances au ministère ne s’arrêtent pas là : les dirigeants des principales radios françaises réclament en outre que des discussions soient engagées afin de « retrouver un point d’équilibre sur le régime des quotas francophones instauré en 1994 ».

Et pour cause, depuis 2016, de nouvelles contraintes s’appliquent : si la moitié du quota évoqué plus haut concerne dix titres seulement, alors les diffusions supplémentaires de ces chansons n’entrent pas dans le décompte global. Une mesure qui complexifie encore un peu plus une règle déjà contraignante et que les radios souhaiteraient renégocier. Reste que, comme les bonnes choses ont vocation à être partagées, Spotify et le français Deezer pourraient bientôt être tenus à ces mêmes règles…

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