Alors que le déploiement de la 5G a déjà commencé aux États-Unis ou en Corée du Sud, le nouveau réseau n’arrivera pas en France avant l’an prochain. Interrogée par Le Monde, la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher a ainsi détaillé la feuille de route pour l’arrivée de la 5G, ainsi que le rôle de Huawei au niveau des antennes.

C’est peu dire que la 5G sera un chantier de poids pour l’État, les opérateurs mobiles et les équipementiers réseau dans les mois à venir en France. Il faut dire que de l’aveu même du PDG de Nokia, l’Europe a pris un gros retard par rapport aux États-Unis ou à l’Asie dans le déploiement du futur réseau mobile. Un constat partagé par le PDG d’Orange, Stéphane Richard.

Il est donc temps pour les différents acteurs de mettre les choses en place. Ainsi, dans une interview accordée ce mercredi au quotidien Le Monde, la secrétaire d’État chargée de télécoms, Agnès Pannier-Runacher, a pu détailler en partie la feuille de route pour les mois à venir. « Nous finalisons le cadrage. Une lettre à ce sujet sera prochainement envoyée à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes [Arcep], qui préparera sur cette base un cahier des charges d’ici à l’été », a-t-elle indiqué. Sur la base de ce cahier des charges, les opérateurs pourront ensuite monter leur dossier pour participer aux enchères mises en place par l’État afin de bénéficier de certaines bandes de fréquence.

« Je suis ravie que Huawei, comme Nokia et Ericsson, investisse sur notre marché »

La secrétaire d’État en profite également pour faire le point sur les objectifs de l’État en matière de 5G, aussi bien concernant la couverture de la population que l’équilibre financier pour l’administration ou la sécurité des données : « il y a deux points sur lesquels nous devons être attentifs : la qualité de leur technologie – et là-dessus certains acteurs sont plus fragiles que Huawei – et le fait que des entreprises peuvent être soumises à des lois d’extraterritorialité, qui iraient à l’encontre de nos intérêts ». Une manière de rappeler que Huawei est soumis à la loi chinoise sur le renseignement de 2017 qui oblige les entreprises du pays à « soutenir, assister et coopérer avec les efforts de renseignement national ».

Néanmoins, Agnès Pannier-Runacher ne se veut pas dramatique quant aux dangers que pourrait représenter l’implantation d’antennes 5G Huawei sur le territoire : « Je suis ravie que Huawei, comme Nokia et Ericsson, investisse sur notre marché et je serai ravie que d’autres équipementiers, comme Samsung, le fassent aussi ». Elle conteste par ailleurs le « fantasme » selon lequel la proposition de loi sur la sécurité des réseaux mobiles en discussion cette semaine à l’Assemblée nationale viserait spécifiquement Huawei, et considère que la loi vise tous les acteurs : « Si l’État ne prenait pas en compte ces risques de cybersécurité, ce serait irresponsable ».

Pour l’heure, une interdiction des antennes 5G Huawei en France ne semble donc pas du tout à l’ordre du jour, du moins à condition que le groupe chinois respecte les règles mises en place par le gouvernement. On devrait en savoir plus sur le cahier des charges de l’Arcep durant l’été, avant un déploiement du réseau et des offres commerciales 5G l’an prochain.

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