Von der Leyen rencontre Tim Cook à l’ONU sur la protection des enfants

Grands principes, zéro engagement

 
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a rencontré Tim Cook, CEO d’Apple, le 21 septembre 2026 à New York pour évoquer la protection des enfants en ligne. La seule trace publique de cet échange est un message publié à 23h06 par la présidente.

L’échange se résume à peu de choses. Von der Leyen a qualifié la discussion de « bonne » et indiqué que les deux parties s’accordaient sur « l’importance de la vie privée, de la sûreté et de la sécurité pour les enfants ». Du côté d’Apple, silence complet. Ni Tim Cook ni l’entreprise n’ont dit un mot.

Cette rencontre ne portait pas sur le DMA, mais sur l’EU Kids Act. La Commission européenne a présenté ce projet de loi le 17 septembre 2026, quatre jours avant la poignée de main new-yorkaise. L’objectif est de restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Pas de compte avant 13 ans, majorité numérique fixée à 15 ans, et une inversion de la charge de la preuve. Concrètement, ce sera désormais aux plateformes de démontrer que leurs services sont sûrs dès leur conception.

Un texte qui ne vise pas que les réseaux sociaux

Le périmètre va bien au-delà de Facebook ou TikTok. Le texte encadre aussi les jeux en ligne, les compagnons IA et les boutiques d’applications. Fin du défilement infini pour les mineurs, notifications coupées pendant les heures de sommeil, profils privés par défaut, compagnons IA désactivés d’office. La vérification de l’âge passerait par une application européenne pensée pour ne stocker ni pièce d’identité ni données biométriques. En cas de manquement, l’amende peut grimper jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial.

Apple est directement concernée. L’App Store devra prendre en charge la vérification de l’âge, et des services comme iMessage ou FaceTime sont utilisés par des mineurs en Europe. L’entreprise sait déjà ce que signifie plier face à une règle européenne, puisqu’elle a perdu son recours contre le DMA avant de devoir s’y conformer. Le sujet n’a pas été abordé publiquement lors de la rencontre, du moins d’après ce qu’on en sait.

Un débat déjà brûlant en France

Le sujet n’est pas neuf de ce côté-ci de l’Atlantique. La France a tenté d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avant que le Conseil constitutionnel ne censure le dispositif. Le gouvernement est reparti à l’attaque en s’appuyant sur l’Europe, qui pousse de son côté pour restreindre l’accès aux moins de 13 ans. Tout le monde n’applaudit pas. Le patron de Free a même jugé l’idée « totalement débile ». Et l’exemple australien, souvent cité en modèle, n’a rien d’un franc succès.

Le texte n’en est qu’au tout début de son parcours. Déposé le 17 septembre devant le Parlement européen et le Conseil, il devra être négocié, amendé puis voté avant de pouvoir s’appliquer.


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