Intel DG1 : l’amorce d’une nouvelle ère pour le marché de la carte graphique

Le retour d'Intel sur le marché du GPU se fait par la petite porte

 

En 1998, Intel introduisait l'i740, sa première carte graphique dédiée, alors gravée en 350 nm. Plus tard, le fondeur californien, spécialisé dans les processeurs, retentait sa chance avec son projet Larrabee, avant de le tuer dans l’œuf à l'horizon 2010. Dix ans plus tard, la marque revient (enfin) avec du concret et dévoilait à l'occasion du CES sa DG1. La carte s’exhibe désormais en photos.

C’est un (tout) petit pas pour l’industrie du GPU, mais un bond de géant pour Intel. Plus de 20 ans après avoir dévoilé sa première véritable carte graphique dédiée (l’i740, commercialisée entre 1998 et 2000), le fondeur de Santa Clara revient sur un marché duopolistique, disputé depuis des années entre AMD et ses Radeon d’une part ; et NVIDIA et ses GeForce de l’autre. Un peu de sang neuf qui pourrait à terme perturber ce statu quo, mais qui pour l’heure a du mal à réinventer la roue. Et pour cause, cette carte graphique, basée sur la nouvelle architecture Xe des bleus, n’est autre qu’un iGPU Intel (partie graphique intégrée) de nouvelle génération ayant été détaché de son processeur.

Cette DG1 (pour « Discrete Graphics 1 »), qu’il faut plutôt voir comme une preuve tangible du retour d’Intel sur un secteur qu’il avait abandonné, ne sera d’ailleurs pas disponible à la vente sous cette forme, tout du moins pas auprès du grand public. À la place, le groupe de Bob Swan la conservera en tant que GPU dédié, mais couplé à ses futures puces Tiger Lake, elles aussi annoncées durant le CES pour un lancement dès cette année (sauf report). Elles remplaceront alors l’actuelle génération Ice Lake, dans un premier temps sur laptops.

DG1 : le début de quelque chose de plus grand… et de plus ambitieux, c’est promis

En réalité, la puce DG1 représente avant tout les vrais débuts de l’architecture Xe sur le marché. Ce nouveau design GPU signé Intel doit se décliner en trois grandes familles : Xe LP (destinée aux appareils mobiles et aux PC portables), Xe HP (pensée pour le gaming, les stations de travail et globalement le monde desktop) et Xe HPC (qui s’orientera vers le marché des serveurs). Sans surprise la DG1 est rattachée à la première de ces trois catégories.

De manière concrète, cette puce pourra être intégrée à des laptops aux côtés d’un processeur Tiger Lake (lui-même doté d’un iGPU Xe équivalent en termes de performances) pour lancer des jeux dans de bonnes conditions en 1080p. Intel annonce pour ce « premier » GPU dédié un TDP de 20 watts pouvant tutoyer les 40 à 50 watts une fois sollicité plus fortement. C’est peu, note The Verge, qui rappelle néanmoins que les puces Tiger Lake ne devraient pas dépasser les 15 watts.

Le groupe, qui reste encore discret sur les performances déployées — dans les faits — par sa nouvelle puce graphique, a toutefois pris soin de lancer Destiny 2 lors de sa présentation. Le titre était par ailleurs présenté sur un ordinateur portable animé par un processeur Tiger Lake et une puce DG1. Questionné à son propos par la chaîne Linus Tech Tips, Intel a confirmé qu’il tournait en 1080p et à 60 FPS, sans donner plus de détails.

Quoi qu’il en soit, et en dépit des lacunes actuelles de cette première puce DG1, Intel semble déterminé à aller plus loin. Selon WCCFTech, le groupe serait déjà à l’œuvre sur un trio de cartes graphiques DG2. Plus performantes et vraisemblablement rattachées à la famille Xe HP évoquée plus haut, ces dernières devraient profiter d’un maximum de 512 unités d’exécution. Plus de puissance pour cibler cette fois un plus large public ?

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