
Les stations électriques portables (aussi appelées batteries solaires nomades) se sont imposées en quelques années comme le couteau suisse de l’énergie : une grosse batterie, des prises de courant, et de quoi alimenter un réfrigérateur en camping, des outils sur un chantier ou une box internet pendant une coupure.
La Solix S2000 d’Anker coche toutes ces cases, avec un argument de plus : elle fait office d’onduleur. Branchée sur le secteur, elle laisse passer le courant vers vos appareils ; si la coupure survient, elle prend le relais en moins de 10 millisecondes, assez vite pour qu’un ordinateur ou une box ne s’aperçoivent de rien. Et comme un onduleur reste branché jour et nuit, sa sobriété compte : c’est l’un des points forts de la S2000, l’une des rares stations à consommer si peu pour elle-même.
Chez moi, je m’en sers justement comme onduleur : elle alimente ma box internet et mes deux NAS. Anker me l’a prêtée, et je ne me suis pas contenté de vérifier qu’elle s’allume. Pendant trois semaines, je l’ai vidée et rechargée en mesurant chaque wattheure à la prise, et je l’ai confrontée à des appareils gourmands.
Une valise compacte et bien finie
La S2000 est compacte pour sa capacité : 32 cm de haut, 28 cm de large, 21 cm de profondeur, et 16,2 kg. Deux anses intégrées permettent de la porter seul sans effort, de la glisser dans un coffre de voiture ou de l’emmener en camping.
Elle compte un peu plus de plastique que la Solarbank Max AC, la batterie domestique d’Anker que j’ai testée en parallèle, mais l’ensemble reste qualitatif. Elle est même assez jolie pour rester visible dans une pièce : pas forcément le salon, mais un bureau ou une entrée, sans faire tache.

Les prises sont réparties à l’avant et à l’arrière, pour brancher les appareils permanents derrière et garder l’accès à l’avant pour le reste. On y trouve des prises secteur, deux ports USB-C (dont un de 100 W pour un ordinateur portable) et un seul port USB-A.
Une prise XT-60 permet aussi de la recharger au soleil, jusqu’à 400 W de panneaux. Anker annonce trois à quatre heures pour passer de 20 à 80 % avec un bon ensoleillement, et vend d’ailleurs la station en kit avec son panneau pliable de 400 W. Je n’ai pas testé cette recharge solaire. 400 W suffisent pour regonfler la batterie en camping ou pendant une coupure qui dure, mais pas pour en faire le cœur d’une installation solaire domestique.
Fiche technique
| Anker Solix S2000 | |
|---|---|
| Capacité | 2 010 Wh |
| Chimie | LFP (lithium-fer-phosphate) |
| Puissance de sortie | 1 500 W en continu, 2 300 W en pointe (3 000 W selon la communication d’Anker) |
| Bascule en cas de coupure | moins de 10 ms |
| Consommation à vide annoncée | 10 W sortie allumée, 2 W en veille |
| Recharge sur secteur | 1 150 W par défaut, 1 500 W en charge ultra-rapide |
| Durée de vie annoncée | 10 000 cycles (avec 60 % de capacité restante) |
| Garantie | 5 ans |
| Dimensions, poids | 208 × 282 × 323 mm, 16,2 kg |
| Prix | 899,99 € sur Amazon (699,99 € au lancement, 649,99 € en promotion le 23 octobre) |
Essais et mesures
Comment j’ai mesuré
J’ai mesuré l’électricité à la prise, avec deux prises connectées : l’une entre le mur et la station, pour ce qu’elle avale à la recharge, l’autre entre la station et l’appareil alimenté, pour ce qu’elle rend.

Le protocole s’inspire de celui du magazine allemand heise : la station est chargée à 100 %, vidée à puissance constante jusqu’à ce qu’elle coupe d’elle-même, puis rechargée entièrement. Pour la vider à environ 1 100 W, je m’en suis servi pour recharger ma voiture électrique à 5 A. Un ordinateur pilotait l’ensemble et enregistrait les mesures, via Home Assistant.
Environ 93 % de la capacité utilisable
Vidée à environ 1 100 W, la S2000 m’a rendu 1 866 Wh, puis 1 868 Wh au deuxième cycle : à deux wattheures près, la même chose. Cela représente environ 93 % des 2 010 Wh annoncés. C’est normal : une station garde une petite réserve pour protéger ses cellules, et une partie de l’énergie se perd dans l’onduleur qui transforme le courant continu de la batterie en courant alternatif pour vos prises. À cette puissance, la station a tenu environ 1 h 40.

Un rendement d’environ 76 à 77 %
Pour la recharger entièrement après ces décharges, il a fallu 2 423 Wh puis 2 427 Wh à la prise. Le rendement aller-retour, c’est-à-dire la part de l’électricité payée à la recharge qui vous revient ensuite, s’établit donc à 77,0 %, identique au dixième près sur les deux cycles. Un troisième cycle a donné 75,9 %. En clair : sur 100 kWh pris sur la prise, environ 77 vous reviennent. C’est correct pour une station portable, sans plus. La Solarbank Max AC, testée en parallèle, fait 87,6 % à 800 W.
Anker annonce pourtant 86 % de rendement, mesurés avec un appareil de 100 W. Les deux chiffres ne se contredisent pas forcément : celui d’Anker porte vraisemblablement sur la seule décharge, alors que le mien couvre l’aller-retour complet, recharge comprise. Mais il faut savoir que l’aller-retour est ce que vous payez réellement.
En usage léger, le rendement baisse
Une station qui sert d’onduleur passe l’essentiel de son temps à alimenter de petits appareils. J’ai donc reproduit cet usage : la S2000 a alimenté ma box et mes deux NAS (environ 60 W) sur batterie, secteur coupé, de 100 % à 10 %, avant que je rétablisse le courant. Elle a tenu 25 h 36 et rendu 1 489 Wh. Le rendement tombe alors à 68,4 % : à faible puissance, la part d’électricité que la station consomme pour elle-même pèse plus lourd. C’est le même phénomène que sur la Max AC, en moins marqué.
Une fois pleine et branchée sur le secteur, la S2000 ne consomme en revanche presque rien pour elle-même : 3,3 W mesurés pendant 16 h 30, alors qu’elle alimentait la box et les NAS en passage. C’est un très bon chiffre pour un appareil qui reste branché en permanence, et il est rare : la Solarbank Max AC, testée en parallèle, consomme 15 à 20 W au repos.

Sur batterie, sortie allumée et rien de branché, Anker annonce 10 W et revendique la consommation la plus faible des stations de 2 kWh. Je n’ai pas mesuré ce cas isolément, mais mon cycle de 25 h 36 sur batterie va dans ce sens. À titre de comparaison, l’EcoFlow DELTA 3 Max consomme environ 27 W dans les mêmes conditions, selon des mesures publiées en octobre.
Sur la facture, ces 3,3 W pèsent peu : environ 29 kWh sur un an, soit un peu moins de 6 € au tarif réglementé de 0,2001 € le kWh (option Base), en vigueur depuis le 1er août 2026. Un plein complet à la prise, autour de 2,4 kWh, revient de son côté à un peu moins de 50 centimes, dont une dizaine partent en pertes.
La charge ultra-rapide fait gagner une demi-heure
Par défaut, la S2000 se recharge sur une prise domestique à environ 1 100 W. Il lui a fallu 2 h 12 pour passer de 1 % à 100 %. En activant la charge ultra-rapide dans l’application, la puissance monte à 1 545 W au mur, et la recharge complète ne prend plus que 1 h 45. La moitié de la batterie est récupérée en 46 minutes, 80 % en 1 h 14.
| Charge normale | Charge ultra-rapide | |
|---|---|---|
| Puissance au mur | environ 1 100 W | 1 545 W jusqu’à 80 %, puis environ 1 100 W |
| 1 % → 50 % | — | 46 min |
| 1 % → 80 % | — | 1 h 14 |
| 1 % → 100 % | 2 h 12 | 1 h 45 |
| Rendement aller-retour | 75,9 à 77,0 % | 76,2 % |
Vers 80 %, la station revient d’elle-même à environ 1 100 W jusqu’au plein. C’est vraisemblablement un choix d’Anker pour ménager le haut de la batterie, cohérent avec l’avertissement que l’application affiche.
Surtout, la charge rapide ne coûte rien en rendement : 76,2 %, dans la fourchette des charges normales. Petite subtilité, l’option ne peut être activée que lorsque la station est déjà en train de charger, et elle n’est pas disponible en mode tarif horaire.
Les appareils gourmands : ce qui passe, ce qui coupe
La S2000 annonce 1 500 W en continu et « 2 300 W max », et Anker va jusqu’à promettre 3 000 W en pointe sur son site français. J’ai voulu savoir ce que cela donne avec de vrais appareils, batterie seule, secteur débranché.
| Appareil | Puissance demandée | Résultat |
|---|---|---|
| Grille-pain | 1 102 W stables | tenu, 2 min 16 |
| Sèche-cheveux Dyson, vitesse minimale | 870 à 940 W | tenu |
| Sèche-cheveux Dyson, vitesse maximale | pointe à 1 716 W, puis environ 1 350 W | tenu |
| Sèche-cheveux et grille-pain ensemble | environ 2 450 W | coupure en moins de 7 secondes |
| Radiateur soufflant Dyson (2 300 W) | coupé à 1 702 W, pendant sa montée en puissance | coupure en moins de 15 secondes |
Un appareil seul de moins de 1 500 W passe sans broncher, y compris avec des pointes à 1 716 W : la tension est restée stable à 231 V. En revanche, le « 2 300 W max » ne permet pas de faire tourner un appareil de 2 300 W, même quelques secondes. Mon radiateur Dyson a fait couper la sortie avant même d’atteindre sa pleine puissance, et deux gros appareils ensemble ont le même effet. La pointe de 2 300 W sert seulement à encaisser le bref appel de courant d’un démarrage. L’application affiche alors un message clair, qui demande de réduire la charge, et il suffit de relancer la sortie.
Côté bruit, la station est silencieuse à l’allumage du grille-pain. Le ventilateur ne se déclenche qu’aux trois quarts de l’essai, discret à 1 000 W, et il est vite couvert par le sèche-cheveux.
Une application soignée
La S2000 se pilote dans la même application que les batteries domestiques d’Anker, l’une des meilleures du marché à mon goût : jolie, bien traduite, avec des réglages là où on les cherche. On y règle la puissance de recharge, les limites de charge et de décharge, la mise en veille automatique de la sortie quand rien n’est branché, et on y active la charge ultra-rapide.

Plusieurs modes de gestion sont proposés : le mode onduleur, que j’ai utilisé, qui donne la priorité aux appareils branchés ; un mode tarif horaire, qui recharge quand l’électricité est bon marché ; un mode autoconsommation pour suivre une production solaire ; et un mode personnalisé. Une alerte prévient en cas de coupure du réseau, et le mode Storm Guard prépare la station aux tempêtes annoncées. Peu de stations portables vont aussi loin dans le pilotage.
Face à la concurrence
À 899,99 €, la S2000 reste la moins chère des stations de 2 kWh que nous avons comparées, mais de peu : la Jackery Explorer 2000 v2 se trouve à 949 €. Son prix bouge beaucoup : lancée à 699,99 €, elle est descendue à 649,99 € en promotion le 23 octobre. À ce niveau, aucune concurrente ne s’en approche.
| Station | Capacité | Sortie continue | Prix |
|---|---|---|---|
| Anker Solix S2000 | 2 010 Wh | 1 500 W | 899,99 € |
| Jackery Explorer 2000 v2 | 2 042 Wh | 2 200 W | 949 € |
| DJI Power 2000 | 2 048 Wh | 3 000 W | 1 099 € |
| EcoFlow DELTA 3 Max | 2 048 Wh | 2 400 W | 1 129 € |
| Bluetti AC200L | 2 048 Wh | 2 400 W | 1 499 € |
Cet avantage se paie en puissance. Toutes ses concurrentes délivrent 2 200 à 3 000 W en continu, de quoi faire tourner un radiateur, une bouilloire ou un four, là où la S2000 plafonne à 1 500 W. Si vous comptez alimenter un appareil de chauffage ou des outils puissants, c’est vers elles qu’il faut se tourner, par exemple l’EcoFlow DELTA 3, dont nous avons testé la version Classic.
Même constat côté solaire : avec 400 W, la S2000 fait jeu égal avec la Jackery, mais l’EcoFlow DELTA 3 Max accepte 500 W et la Bluetti AC200L jusqu’à 1 200 W. La DJI Power 2000, elle, n’a pas d’entrée solaire intégrée : il faut lui ajouter un adaptateur vendu à part.
Pour un usage d’onduleur, de camping ou de secours, la S2000 a pour elle son poids, son application et surtout sa consommation à vide très basse, un vrai atout pour un appareil branché en permanence.
Chez Anker même, l’alternative s’appelle Solix C2000 Gen 2 : 2 048 Wh, 2 400 W en continu et 4 000 W en pointe, mais 18,9 kg sur la balance, soit près de 3 kg de plus que la S2000 à 1 099 euros.
Un onduleur de secours abordable, tant qu’on reste sous 1 500 W
La Solix S2000 est une station très intéressante. Compacte, facile à transporter, jolie, silencieuse la plupart du temps, elle rend environ 93 % de sa capacité, se recharge en 1 h 45 en mode ultra-rapide sans perdre en rendement, et ne consomme presque rien quand elle reste branchée, ce qui est rare et en fait un excellent onduleur.
Son application, la même que celle des batteries domestiques d’Anker, est un vrai plus. À 899,99 €, elle reste aussi la moins chère des stations de 2 kWh de notre comparatif, de peu devant la Jackery Explorer 2000 v2. En promotion, sous les 700 €, elle devient imbattable.
Il faut en revanche connaître ses limites. Son rendement aller-retour (76 à 77 %, 68 % en usage léger) est dans la moyenne, sans plus. Surtout, sa puissance de 1 500 W suffit pour un grille-pain ou un sèche-cheveux, mais pas pour un radiateur ou deux gros appareils en même temps, quoi que suggère la mention « 2 300 W max ».
Pour sauvegarder une box, un NAS ou un ordinateur, partir en camping ou garder le frigo au frais pendant une coupure, c’est un excellent choix. Pour chauffer ou bricoler, mieux vaut viser plus puissant.

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