Accusé de pratiques anticoncurrentielles au sein de son écosystème par des développeurs d’applications, Apple se défend en expliquant qu’il n’y a pas de monopole. Les développeurs peuvent bien aller publier leurs applications sur d’autres boutiques que l’App Store, comme… le Google Play Store.

Le cas d’Apple est toujours sujet à polémique. La marque n’est pas en monopole sur le marché des smartphones, mais l’iPhone représente tout de même une part importante du parc installé. Trop importante pour que les développeurs puissent s’en passer.

C’est pourquoi un groupe de développeurs a déposé une plainte auprès du tribunal fédéral de San Jose, en Californie, selon une dépêche AFP reprise par LesÉchos. Sont reprochées à Apple ses pratiques anticoncurrentielles concernant sa gestion de sa boutique d’applications, l’App Store.

L’App Store en monopole

Si un développeur souhaite publier son application sur iOS, il est obligé de la proposer sur l’App Store. Pour cela, il doit payer un abonnement de 99 dollars par an pour s’inscrire au programme développeur d’Apple et la marque à la pomme se réserve une commission de 30 % sur les achats. Récemment, ce sont de gros acteurs comme Spotify ou Netflix qui ont levé leurs boucliers contre ces pratiques jugées anticoncurrentielles, d’autant qu’Apple propose — ou proposera — ses propres services concurrents.

Les développeurs ont demandé à ce que leur plainte soit considérée comme une action de groupe (une class action) afin de permettre aux autres développeurs qui se sentiraient lésés de se joindre au dossier. Le juge n’a cependant pas encore validé ce point.

Les arguments fallacieux d’Apple

Pour sa défense, Apple explique, toujours selon LesÉchos, que 84 % des applications de l’App Store sont gratuites, mais ne précise pas combien d’entre elles reposent sur un modèle d’achats in-app, sur lesquels une taxe est également appliquée.

Par ailleurs, Apple se défend de son statut de monopole en expliquant que les développeurs peuvent proposer leurs applications sur d’autres boutiques… comme le Google Play Store. Notons que selon StatCounter, iOS représente tout de même 22,74 % des parts de marché mondiales en mai 2019, ce qui représente des millions de clients potentiels dont les développeurs ne souhaitent pas se passer.

L’épée de Damoclès

Ce n’est pas la première fois qu’Apple passe devant les tribunaux pour des affaires similaires. Si la marque à la pomme s’en est toujours sortie pour le moment, c’est une véritable épée de Damoclès qui pèse au-dessus de sa tête. Tout comme Google qui a dû laissé le choix à ses utilisateurs pour le navigateur par défaut de ses smartphones, Apple pourrait bien un jour à son tour devoir laisser un peu plus de liberté dans son écosystème aujourd’hui très fermé, ou perdre des acteurs majeurs tels que Spotify et Netflix, ce qui pourrait représenter un frein à l’achat pour certains consommateurs.