Au procès Epic vs Apple, Tim Cook est brutalement honnête sur les intentions d’Apple

 

Au procès Epic vs Apple, Tim Cook, PDG d'Apple, a témoigné ce vendredi 21 mai en soulignant le rôle crucial des commissions sur les achats in-app pour Apple. Peut-être de manière un peu trop honnête pour son propre bien.

Un Tim au début, un Tim à la fin. Tim Sweeney d’Epic Games avait ouvert le procès Epic Vs Apple il y a trois semaines, c’était au tour de Tim Cook, PDG d’Apple, de prendre le rôle de dernier témoin ce vendredi 21 mai. Son rôle était clair : défendre l’écosystème Apple, attaqué par Epic pour monopole, en rappelant les principes de l’entreprise.

D’habitude, pour défendre son système fermé, qui empêche les utilisateurs de passer par un autre store ou de payer des transactions in-app sans son contrôle, Apple se limite à des déclarations de bonne foi concernant la sécurité et la protection de la vie privée. « La vie privée, de notre point de vue, est la question la plus importante du siècle et la sécurité sert de fondation à cette protection de la vie privée », a encore expliqué l’avocat d’Apple. « La technologie a la capacité d’aspirer toute sorte de données aux gens et nous aimons fournir des outils qui permettent d’éviter ça. »

Apple ne veut pas changer de système

Mais pour une fois, Tim Cook n’a pas hésité à être un peu plus terre à terre dans ses déclarations, avouant assez frontalement que la perte des commissions sur les achats in-app serait une grosse perte pour l’entreprise, mais aussi qu’Apple n’a vraiment, mais alors vraiment pas envie de trouver un autre système.

« Les achats in-app aident Apple à collecter efficacement une commission », a déclaré Tim Cook.

Cette commission, Tim Cook la justifie déjà parce qu’Apple gère le traitement des paiements, mais aussi pour son service client et l’utilisation de la propriété intellectuelle d’Apple. Sans ces achats in-app, « nous devrions inventer un autre système pour facturer les développeurs, ce qui, je pense, serait un bazar », ajoute encore le PDG.

Le PDG d’Apple a plus tard ajouté que si la marque à la pomme laissait les développeurs parler aux utilisateurs d’autres moyens de paiement, comme l’avait fait Epic Games avec Fortnite avant d’être banni de l’App Store, « nous abandonnerions en substance tout notre retour sur investissement entourant notre propriété intellectuelle ».

La juge passe Cook sur le grill

Pour appuyer son cas, Apple avait fait venir un expert juste avant Tim Cook, pour décrire le coût de ses recherches et développement, chiffré à plusieurs milliards de dollars. Certes, Apple a le droit de tirer profit de ses investissements, mais la juge Rogers ne semble pas totalement convaincue du bienfondé de la totalité des systèmes mis en place par Apple pour dégager des revenus. Sur la fin de son témoignage, la juge a même demandé à Tim Cook si les achats in-app dans les jeux, comme les V-Bucks de Fortnite à l’époque où le jeu était encore disponible sur iOS, servaient en réalité à subventionner le reste de l’App Store.

Cette question souligne d’ailleurs bien le fait que le gros du procès s’est concentré sur les microtransactions dans les jeux vidéo et pas tant sur tout l’écosystème Apple comme le souhaitait Epic. Quelle que soit la décision qui sera prise, la bataille est loin d’être terminée pour Apple.

Le 3 mai 2021 s’est ouvert le procès entre Apple et Epic Games. Cet événement judiciaire a permis de nombreuses révélations sur l’industrie du jeu vidéo et met en jeu l’avenir même de l’App Store. Un…
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