Dreame veut devenir le nouveau Xiaomi, mais prend le problème à l’envers

 
Vous connaissez Dreame pour ses aspirateurs robots. Mais oubliez la poussière un instant. La marque chinoise prépare un virage à 180 degrés avec le Dreame E1, un smartphone qui doit devenir la télécommande de votre maison.
Image générée avec Gemini par Frandroid

Dreame, cette marque que l’on vous recommande régulièrement pour ses aspirateurs robots au rapport qualité-prix souvent très bon, a décidé de changer de dimension. Finie l’époque où l’objectif était simplement de détrôner Dyson.

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La marque chinoise, historiquement née dans le giron de l’écosystème Xiaomi, veut désormais couper le cordon et devenir un géant de la tech à part entière. Et pour ça, il leur faut la pièce maîtresse : le smartphone. Le Dreame E1 vient d’apparaître dans les bases de données européennes. Mais attendez avant de sortir la carte bleue, parce que la stratégie derrière ce produit est aussi fascinante que risquée.

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Une fiche technique qui ne fait pas rêver

Le smartphone a été repéré sous la référence W5110 dans la base de données EPREL. Et franchement ? C’est tiède. On parle d’un écran AMOLED de 6,67 pouces, un classique absolu. Le design, d’après les croquis, ressemble à s’y méprendre à un Samsung Galaxy S25 générique. Pas moche, mais sans âme.

Côté photo, Dreame affiche un capteur principal de 108 mégapixels. Ne vous laissez pas avoir par le chiffre : en 2025, les mégapixels ne font pas la photo, c’est le traitement logiciel qui compte. Et là-dessus, Dreame n’a aucune expérience face aux algorithmes de Google ou Samsung.

Mais le point qui fâche, c’est la batterie. 4 850 mAh, c’est standard. Par contre, la charge rapide de 33 W ? C’est une blague. Pour une marque chinoise, c’est archaïque. Xiaomi ou Realme proposent du 120 W sur ce segment. Même Samsung fait mieux sur ses milieux de gamme.

Le seul point « surprenant », c’est la promesse de sept ans de mises à jour. C’est généreux ? Non. C’est juste Dreame qui respecte la réglementation européenne sur l’éco-conception. Ils n’ont pas le choix s’ils veulent vendre ici durablement.

La stratégie du « Xiaomi inversé »

Alors pourquoi ? Pourquoi sortir un smartphone moyen quand on est le roi de l’aspirateur ? La réponse tient en une formule : 1+8+N. C’est la stratégie inventée par Huawei et perfectionnée par Xiaomi. Le « 1 », c’est le smartphone. C’est le cerveau, la télécommande universelle.

Source : Frandroid

Le problème, c’est que Dreame prend le chemin inverse. Xiaomi a commencé par les smartphones pour inonder ensuite votre maison d’objets connectés. Dreame a déjà les objets (aspirateurs, et bientôt climatiseurs, TV, lave-vaisselle et même une voiture électrique). Il leur manque le téléphone pour fermer la boucle.

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L’idée est de vous enfermer dans un écosystème propriétaire. Vous avez un robot Dreame ? Le smartphone Dreame le contrôlera « mieux ». C’est logique sur le papier, mais commercialement, c’est une montagne à gravir. Convaincre un utilisateur d’iPhone ou de Samsung de passer sur un « téléphone d’aspirateur », c’est une autre paire de manches.

D’autres s’y sont cassé les dents avant eux. Gree, le géant chinois de la climatisation, a essayé de vendre des smartphones pendant des années. Résultat ? Un échec cuisant. Même Dyson a abandonné son projet de voiture électrique avant de perdre des milliards.

La réalité ? Dreame investit massivement (7 % de son CA en R&D) et veut s’asseoir à la table des grands. Mais sortir un smartphone « moyen » juste pour dire qu’on a un écosystème, c’est souvent la meilleure façon de diluer son image de marque. Si le téléphone est mauvais, l’utilisateur doutera de la qualité de l’aspirateur. C’est un pari quitte ou double.


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