Données personnelles : Google et Facebook aident la police à lutter contre l’avortement aux États-Unis

 

Le média Insider révèle que Google et Facebook partagent les données personnelles de leurs utilisateurs et utilisatrices pour aider les forces de l'ordre aux États-Unis contre le droit des femmes à l'avortement.

Une voiture de police // Source : Michael Förtsch sur Unsplash

En 2022, la Cour suprême des États-Unis a porté un coup fatal au droit à l’avortement des femmes. Plusieurs États américains en ont profité pour interdire le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Le média Insider révèle que les forces de l’ordre utilisent les plateformes en ligne pour instruire leur dossier et poursuivre les femmes, ou les personnes menstruées, cherchant à interrompre leurs grossesses.

L’importance du partage des données privées

Il prend en exemple le cas d’une affaire dans laquelle Meta, société mère de Facebook, a fourni une pièce à conviction clé aux autorités : l’historique de conversation sur Facebook Messenger durant laquelle une mère et sa fille discutaient comment interrompre la grossesse de la fille.

Ici, rien d’illégal évidemment pour Meta qui ne fait que se plier à la juridiction du pays où la firme exerce. C’est ce qu’explique un représentant de la firme au média américain.

Nous nous conformons aux demandes gouvernementales d’informations sur les utilisateurs uniquement lorsque nous croyons de bonne foi que la loi nous y oblige.

En outre, nous évaluons si une demande est conforme aux normes internationalement reconnues en matière de droits de l’homme, notamment concernant le respect de la légalité, de la vie privée, de la liberté d’expression et de l’État de droit. Lorsque nous nous conformons à une demande, nous ne produisons que les informations étroitement adaptées à cette demande. Si nous estimons qu’une demande semble insuffisante ou trop large, nous la repoussons et nous nous battons devant les tribunaux, si nécessaire. Nous ne fournissons pas aux gouvernements des « portes dérobées » pour accéder aux informations des personnes.

Toutefois, cela remet en lumière le danger pour les individus de partager leurs données personnelles sur des plateformes.

Le tracking de Google joue aussi des tours

Insider cite un autre exemple, cette fois concernant des pharmacies en ligne vendant des traitements liés à l’avortement. Ces sites utilisent des cookies et autres outils de tracking, dont certains sont liés à Google. Tout cela permet au géant de récupérer des données de recherche, de localisation ou d’autres informations sensibles. Des données que Google peut ensuite partager avec les autorités sur demande.

En 2022, Google avait annoncé une série de mesures pour ses services afin de protéger ses utilisatrices et ses utilisateurs sur ce sujet. Ces mesures ne semblent pas suffisantes quand il s’agit des connexions avec des sites tiers.

Les services qui garantissent la vie privée

Ces affaires remettent en avant l’idée de se détourner des grandes plateformes en ligne au profit de services garantissant mieux la confidentialité des données privées. L’adage « on n’a rien à cacher si l’on n’a rien à se reprocher » peut vite en prendre un coup selon les évolutions des gouvernements et de la législation.

Avec les méthodes de chiffrement utilisées par des services comme Signal, Telegram, ProtonMail, il est possible de garder le contrôle sur ce que l’on partage et la façon dont on le partage.


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