
L’affaire ne date pas d’hier. La DPC, le régulateur irlandais qui surveille Google au nom de toute l’Europe (le siège européen du groupe est installé à Dublin), avait ouvert son enquête en février 2020. Elle faisait suite aux plaintes de huit associations de consommateurs réunies au sein du BEUC. Cinq ans et demi plus tard, elle a tranché.
Le régulateur a passé au crible trois fonctions maison, entre l’entrée en vigueur du RGPD le 25 mai 2018 et février 2020. « Web & App Activity » enregistre votre historique de navigation, vos recherches et certaines positions. « Location History » reconstitue vos déplacements sur une carte privée dans Maps. « Location Accuracy » affine la géolocalisation d’un appareil Android au-delà du seul GPS.
Sur ces trois fonctions, Google a piétiné les principes de base du RGPD, ceux de son article 5. L’entreprise a manqué au traitement licite et loyal, à la transparence et à la conservation limitée dans le temps. Elle n’avait pas de base légale valable pour récolter ces données, prévenait mal les utilisateurs et les gardait plus longtemps que nécessaire.


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Six mois pour se mettre en règle
Vous utilisez Android ou Google Maps ? Vous êtes potentiellement concerné, et « Location Accuracy » touche même les personnes sans compte Google. Sauf que la période visée s’arrête en février 2020.
Google affirme avoir revu ces réglages dès 2019 et lancé des outils pour gérer sa localisation. Le régulateur épingle donc d’anciennes règles de confidentialité, déjà révisées depuis. Il reste tout de même six mois à Google pour prouver que tout est rentré dans l’ordre.
Une amende vraiment dissuasive ?
403 millions d’euros, ça pique moins qu’il n’y paraît. En 2025, Alphabet, la maison mère de Google, a encaissé 402,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires. L’amende pèse donc environ un millième de ses revenus annuels, là où le RGPD autorise jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial, soit une quinzaine de milliards d’euros. Le régulateur irlandais avait pourtant frappé bien plus fort en 2023, avec 1,2 milliard d’euros infligés à Meta.
En France, la CNIL avait déjà sanctionné Google de 50 millions d’euros en 2019, puis de 150 et 60 millions d’euros sur les cookies en 2021 et 2022. Le groupe a l’habitude des ennuis européens. La justice de l’Union a validé une amende de 4,1 milliards d’euros pour ses pratiques sur Android, et Bruxelles lui a récemment collé 890 millions d’euros au titre du DMA.
La Commission le pousse aussi à ouvrir Android et ses données de recherche à ses rivaux, des remèdes qui dégraderaient la qualité des résultats selon Google.
Aux États-Unis, Google a échappé de justesse à un démantèlement, pendant qu’un éditeur l’attaque sur le droit d’auteur au sujet de Gemini.
Sur la localisation, une seconde plainte l’attend déjà, déposée en 2022 par dix associations dont l’UFC-Que Choisir. Elle vise les interfaces qui poussent à tout accepter à la création d’un compte. La DPC a ouvert l’enquête en 2023. Vu le rythme, la prochaine décision n’est pas pour demain.
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