Elle faisait partie des meneurs de la vague de protestations à l’encontre de Google, de ses contrats avec l’Armée américaine, de son manque d’éthique en matière d’IA, et de ses pratiques managériales nocives, Meredith Whittaker a décidé cette semaine de quitter le poste qu’elle occupait au sein de l’entreprise. Elle n’est pas la première à le faire.

Meredith Whittaker rend elle aussi son tablier. Dans un billet publié ce mardi 16 juillet sur Medium, la jeune femme, qui occupait un poste de Programm Manager chez Google, a annoncé son départ. Cette nouvelle défection dans les rangs du géant de Mountain View intervient après la démission de plusieurs autres figures des mouvements de protestations organisés — par des employés du groupe — pour dénoncer certaines de ses pratiques abusives, mais aussi ses projets controversés.

L’image de Google une nouvelle fois écornée

Confirmé par Google au média américain The Verge, ce départ n’a pas fait l’objet de commentaires officiels de la part de l’entreprise. Dans son billet, Meredith Whittaker explique toutefois sa démarche : « Les raisons de mon départ ne sont pas un mystère. Je suis dévoué à l’AI Now Institute, à mon travail sur l’éthique de l’IA et à la création d’une industrie technologique responsable — et il est clair que Google n’est pas un endroit où je peux continuer ce travail« , explique-t-elle notamment. Très impliquée dans les problématiques liées à l’IA, et à l’éthique qu’elle devrait impliquer, l’intéressée est cofondatrice de l’IA Now Institute, qui se focalise justement sur ces questions.

Meredith Whittaker comptait parmi les voix les plus dissidentes au sein de Google. Elle avait ainsi contribué à organiser, en compagnie de Claire Stapleton, la marche pour le changement des employés de Google. Ils demandaient notamment un changement dans la gestion très internalisée des cas de harcèlement sexuel au sein de la société.

Cette manifestation avait réuni quelques 20 000 employés et forcé Google à mettre de côté son recours systématique au principe de « forced arbitration« . Cette pratique contraignait les employés, sous couvert d’un devoir de réserve, à renoncer à leurs droits pour favoriser une résolution en interne d’éventuels conflits, un principe particulièrement inadapté dans les cas de harcèlement sexuel. Google avait également accepté de revoir sa copie en matière d’IA, notamment dans le cadre de ses contrats du moment avec l’Armée américaine.

Une forte pression exercée sur les employé(e)s « dissidents »

Reste que si Google semble avoir partiellement courbé l’échine en public, en interne le groupe aurait exercé des pressions sur les employés dissidents afin que ces derniers rentrent dans le rang… ou quittent le groupe. Après avoir démissionné, Claire Stapleton avait par exemple expliqué que la direction lui rendait le travail difficile. Meredith Whittaker, avait d’ailleurs profité du départ de Claire Stapleton, en avril, pour indiquer sur Twitter qu’il s’agissait de : « faire taire la contestation et de nous faire peur pour nous empêcher de parler honnêtement (…) ».

Dans sa note sur Medium, épluchée par The Verge, Whittaker a ajouté que Google acquiert actuellement « un pouvoir significatif et largement incontrôlé, susceptible d’avoir un impact sur notre monde ». Un pouvoir acquis notamment grâce à l’IA. Décider comment utiliser ce pouvoir « est l’une des questions sociales et politiques (et aussi techniques) les plus urgentes de notre époque », a-t-elle poursuivi, avant d’affirmer que « nous avons beaucoup à faire ».