Le géant a annoncé l’achat d’un paquet de 1600 mégawatts en nouvelles infrastructures énergétiques, essentiellement en Europe du nord et aux Etats-Unis.

Crédit : TLPOSCHARSKY // Flickr

C’est probablement le plus grand investissement en énergies renouvelables jamais réalisé en une fois par une entreprise privée. Google a annoncé son intention de dépenser plus de 2 milliards de dollars dans des infrastructures énergétiques. C’est l’achat d’un paquet de 1600 mégawatts au total, couvrant 18 nouveaux contrats sur le solaire et l’éolien.

Presque la moitié des investissements en mégawatts concerne l’Europe, spécifiquement la Suède, la Finlande, le Danemark et la Belgique. Le reste revient aux États-Unis (Texas, Carolines du Nord et du Sud) et de manière moins notable au Chili, où Google tient un important centre de données. De quoi augmenter de 40 % le portefeuille énergétique propre du géant, qui s’élèvera alors à 5 500 MW — « plus que des endroits comme Washington D.C. ou des pays entiers comme la Lithuanie ou l’Uruguay ».

« Nous avons été une entreprise neutre en carbone depuis 2007 », se félicite Sundar Pichai, CEO de Google. « En 2017, nous sommes devenus la première entreprise de notre taille à associer notre consommation annuelle entière en électricité à de l’énergie renouvelable. » Car oui, cela ne veut pas dire que l’électricité qui passe dans les serveurs de Google a été produite de manière écologique. Cela signifie simplement que pour chaque mégawatt d’énergie (propre ou non) consommée, la firme s’engage à ce qu’un mégawatt d’électricité propre soit mis sur le marché.

Une lettre ouverte contrariante

Cette annonce tombe au début de la Grève mondiale pour le climat, qui commence ce vendredi et doit durer une semaine. Deux jours plus tôt, plus de 1800 employés de Google signaient pourtant une pétition appelant leur entreprise à faire plus d’efforts sur l’environnement.

« Même si Google prend un engagement sur la durabilité, en déclarant que ses activités commerciales mondiales sont neutres en carbone (ses émissions sont compensées par l’équivalent en investissements en énergie renouvelable ou en compensations carbone financières), et en aspirant à une consommation d’énergie sans carbone 24×7 à long terme (mais sans date d’engagement définie), cela ne reflète pas tout », dit la lettre ouverte.

« Google investit dans le statu quo mortel. En 2018, l’entreprise a financé 111 membres du Congrès qui ont voté contre la législation climatique au moins 90 % du temps. » Une colère similaire s’exprime aussi chez d’autres géants du numérique. Des travailleurs de Microsoft viennent eux aussi de publier une lettre, critiquant le partenariat que leur employeur a annoncé mardi avec des compagnies pétrolières.

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