Test du HP Reverb G2 : que vaut le casque de VR développé avec Valve et Microsoft

Casque VR • 2020

Le Reverb G2 de HP est un casque VR possédant une définition de 2160 par 2160 pixels à chaque oeil, couplé à un champ de vision (FOV) de 114 degrés. Côté audio, 2 écouteurs intégrés au casque se tiendront à 10 mm des oreilles afin de pouvoir retirer le casque plus facilement. Il présente une compatibilité avec la réalité mixte Windows, Steam VR ainsi que 2 contrôleurs pré-appairés.

 

Introduction

HP revient à l'attaque sur le petit marché de la VR avec son casque HP Reverb G2. Élaboré avec des technologies Valve et Microsoft, le casque se veut une alternative haut de gamme à Oculus. Nous l'avons mis à l'épreuve.

Sur le petit marché de la réalité virtuelle, les solutions pour le consommateur se résument à Oculus avec son Oculus Quest 2, la plateforme Vive Cosmos de HTC, et les casques Mixed Reality de Microsoft avec Windows 10. Il faut aussi compter sur le Valve Index et l’écosystème Steam VR qui propose des interconnexions entre ces trois univers. HP propose avec le Reverb G2 de réunir les forces de Mixed Reality et de Steam VR avec un casque conçu en étroite collaboration avec Valve et Microsoft. Ce produit haut de gamme vaut-il le détour ? Est-il une bonne alternative aux concurrents venue d’Oculus et HTC ? Voyons ça en détail.

Fiche technique du HP Reverb G2

Modèle HP Reverb G2
Champ de vision 114 °
Suivi de la position dans l'espace Inconnu
Compatibilité avec des manettes Oui
Poids 550 grammes
Prix 714 €
Fiche produit

Le produit testé a été prêté par le constructeur

Un casque confortable à porter, mais pas autonome

Commençons par une caractéristique déterminante d’un casque de VR, il s’agit ici d’un casque filaire. Cela signifie plusieurs choses. D’abord il est obligatoire d’avoir un PC ou un PC portable compatible pour le faire fonctionner, puisqu’il n’est pas autonome. Cela veut aussi dire qu’il faudra faire avec la longueur du câble qui limitera forcément un peu l’expérience selon où vous souhaiter utiliser l’appareil. Enfin cela veut aussi dire que le casque n’a forcément pas besoin de batterie, ou d’une partie de l’électronique que l’on retrouve dans un casque comme le Quest 2, autonome. Nous allons revenir sur ces points dans notre test, car ils sont déterminants pour certains points forts ou faibles du casque.

Le HP Reverb G2 se présente sinon comme un casque de VR plutôt classique avec une large visière à l’avant qui cache l’écran et les deux lentilles, un bouton de réglage de la distance interpupillaire, et un petit haut-parleur sur chaque côté. Le casque pèse tout de même 550 grammes, ce qui le place au-dessus d’un Quest 2, mais en dessous d’un Valve Index. Cela s’explique peut-être par les choix d’HP pour maximiser le confort.

Confort

Car le Reverb G2 se montre très confortable à porter. Le casque utilise un système de double arceau entourant l’arrière du crâne, comme pour mieux répartir le poids, avec également une attache qui passe au-dessus de la tête. Tous ces éléments sont recouverts d’une épaisse mousse qui n’est pas sans rappeler ce que l’on peut trouver sur des lunettes de ski. C’est vraiment très confortable, et on peut utiliser le casque pendant plusieurs heures sans trop de problèmes.

Les réglages se font assez facilement à l’aide de deux glissières, une de chaque côté, et de la fermeture auto-agrippante sur le dessus. Tout n’est pas parfait avec ce casque cependant. D’abord, je n’ai pas réussi à retirer facilement la visière sans retirer complètement le casque. Certains concurrents proposent désormais de lever la visière pour éviter de toucher aux réglages, tout en jetant un coup d’œil à l’environnement réel.

Ensuite, le câble qui permet de connecter le casque passe forcément dans l’écran situé à l’avant. On peut le faire passer à l’arrière du crâne à travers un petit arceau en plastique qui est censé s’accrocher à l’arrière du casque. Je dis censé, car, de mon côté, cet arceau n’a jamais résisté à la tension du câble, et finissait toujours par tomber par terre au moindre mouvement brusque. Finalement, j’ai choisi de laisser le câble libre, et de le faire passer dans mes vêtements pour éviter qu’il me gêne, mais ce n’est pas idéal.

Le passe câble fini toujours par se détacher

Le passe câble fini toujours par se détacher // Source : Frandroid

Les fils

Le câble parlons-en. Le système proposé par HP est ingénieux, mais assez classique. Pour se connecter à un PC, le casque a besoin d’un signal vidéo, grâce à du DisplayPort, et d’échanger des données, par USB, en plus d’une alimentation électrique. Pour éviter d’avoir 30 câbles qui partent du casque, HP nous propose un petit hub depuis lequel on va installer l’adaptateur secteur fourni, le câble DisplayPort et le câble USB-C. Si vous n’avez pas ces connectiques sur votre PC, HP fournis un adpatateur DisplayPort vers miniDisplayPort, pour les PC portables notamment, et USB-C vers USB-A, le format plus classique.

Une fois ce hub correctement connecté, il ne reste plus qu’à le brancher à notre casque. Ici on a un épais câble de 6 mètres qui va venir très simplement se glisser dans le casque. Avec 6 mètres de longueur, on a vraiment de quoi créer un bel espace virtuel sans se gêner.

Le câble est assez long

Le câble est assez long // Source : Frandroid

Évidemment il faut quand même prendre en compte que debout, le casque sera positionné à 2 mètres du sol environ, selon votre taille, ce qui laisse 4 mètres de distance entre le PC et votre position. Je n’ai toutefois pas rencontré de problème pour me déplacer dans mon espace virtuel. Tout dépend de l’espace chez vous pour cette activité.

Les manettes auraient besoin de plus de travail

Voir le monde virtuel c’est bien, interagir avec, c’est mieux. HP intègre dans la boite deux contrôleurs qui reprennent un design assez classique dans le domaine de la VR. On a dans chaque main une moitié de manette avec : un stick analogique, quatre boutons frontaux, deux boutons de menu, et deux gâchettes. Chaque manette est surmontée par un cercle bardé de capteurs pour que le casque puisse les repérer dans l’espace. Chaque contrôleur demande deux piles AA pour fonctionner.

Ils se connectent sans-fil directement au casque, ce qui est assez pratique. Cela rend l’appairage très simple, puisque l’on ne passe pas par un menu de connexion Bluetooth. Il suffit d’appuyer longuement sur le bouton Windows pour les allumer, et qu’ils se connectent.

Ces manettes sont malheureusement l’un des points faibles du Reverb G2. Elles sont assez imposantes, face aux Oculus Touch par exemple, et il est donc facile de les entrechoquer pendant une expérience en VR. Il y a clairement un effort de miniaturisation à faire, mais HP ici ne fait que suivre le design de référence de Microsoft pour sa plateforme Mixed Reality. On aurait aimé que la collaboration avec Valve touche par exemple à l’utilisation de ses manettes Valve Index.

Une manette Oculus Touch à gauche, et celle du Reverb G2 à droite

Une manette Oculus Touch à gauche, et celle du Reverb G2 à droite // Source : Frandroid

Un écran de VR ultra lisible

L’écran est l’un des composants les plus importants d’un casque de VR. C’est lui qui va déterminer la précision de l’affichage, ainsi que la fluidité de l’expérience. Ici, HP nous gâte avec deux écrans de 2,98 pouces avec une définition de 2160 x 2160 par œil et un taux de rafraîchissement de 90 Hz. Pour couronner le tout, les lentilles ont été conçues par Valve pour ne perdre aucun détail. Dès que l’on met le casque devant nos yeux, l’évidence est frappante : on a là un affichage de très grande qualité.

J’ai pu utiliser le casque pendant plusieurs heures pour afficher un bureau virtuel et travailler sur cet article sans problème de lisibilité. Évidemment, l’écriture devient un peu plus floue en vision périphérique, mais on n’a vraiment aucun phénomène de grille qui apparait devant les yeux. La très grande définition de chaque écran permet d’afficher avec précision du texte et le rendre très lisible. Les 90 Hz de la fréquence d’affichage suffisent amplement pour offrir une très bonne expérience et même tourner la tête rapidement ne pousse pas l’écran dans ses limites.

C’est vraiment indéniablement le gros point fort de ce casque de VR. On est là bien au-delà de ce que peut proposer la concurrence, même le récent Oculus Quest 2.

Que vaut l’expérience Windows Mixed Reality en 2021 ?

Le Reverb G2 est avant tout un casque Windows Mixed Reality. Il faut donc passer par Windows 10 pour l’utiliser, et lancer le « portail de réalité mixte ». Si vous avez déjà eu un casque Oculus ou SteamVR sur la tête, c’est le même genre d’expérience que l’on retrouve chez Microsoft : un appartement virtuel dans lequel vous allez vous balader en 3D pour démarrer des applications. Microsoft oblige, ce sera cette fois des applications Mixed Reality pour Windows 10 disponibles sur le Microsoft Store.

Le menu démarrer de l’environnement Windows Mixed Reality

Le menu démarrer de l’environnement Windows Mixed Reality

La prise en main se fait assez naturellement, même si l’on aurait aimé un guide plus détaillé pour comprendre les possibilités offertes. Le système fonctionne à la fois en mode sédentaire, où vous pouvez être assis à votre bureau, et en mode « pièce » où vous pouvez délimiter votre espace de jeux. À ce moment-là un mur virtuel viendra vous rappeler que vous approchez l’une des limites que vous avez définies.

Notez qu’il existe deux types d’applications dans cet environnement. Il y a d’abord les applications pensées pour la VR et qui offrent une immersion à 360 degrés. C’est par exemple le cas des jeux comme SuperHot. Si une application n’a pas été pensée pour, elle reste tout de même disponible, mais se lance comme une fenêtre 2D virtuelle. L’intérêt est ici d’avoir virtuellement autant d’écrans que l’on souhaite. En jouant avec la perspective de notre monde virtuel, on peut même décider d’avoir un écran de cinéma devant les yeux si on le souhaite.

La grande démo de VR proposée par la plateforme Windows Mixed Reality, c’est Flight Simulator. Depuis une mise à jour, le jeu intègre nativement une compatibilité VR avec le HP Reverb G2 et l’expérience est saisissante. On se retrouve rivé derrière le manche dans son cockpit. Évidemment, l’expérience se vit pleinement assis derrière un HOTAS ou un yoke, mais même avec une manette c’est vraiment très immersif.

Difficile de retranscrire le plaisir que l’on a à découvrir de grandes villes ou des environnements naturels depuis les cieux, en réalité virtuelle. J’ai pu prendre quelques captures d’écran, mais cela ne rend malheureusement pas hommage à l’immersion.

On peut lire chaque instrument et véritablement piloter l’avion

On peut lire chaque instrument et véritablement piloter l’avion // Source : Frandroid

Ce qui est surtout frappant est de découvrir le souci du détail prêté par Asobo aux instruments de vol dans l’avion. Grâce à l’excellente lisibilité offerte par le Reverb G2, on peut tout à fait lire les différentes indications sur le tableau de bord, les codes donnés par l’aéroport, ou les relevés des différents instruments.

La réalité virtuelle sans Oculus

Oculus est à la fois le quasi-créateur du marché et l’un de ses leaders. Quand un casque concurrent sort, cela se fait donc sans l’écosystème riche de l’Oculus Store et des développeurs gravitant autour. Cela n’est pas qu’un défaut. Oculus appartenant à Facebook, les casques VR de la marque doivent obligatoirement être synchronisés avec un compte Facebook pour fonctionner. Ce n’est pas le cas du tout ici.

Il faudra donc faire l’impasse sur les exclusivités développées par ou pour l’Oculus Store. Des titres comme Lone Echo qui sont de très grande qualité, mais qui demandent obligatoirement un casque de cette marque.

Et Steam VR ?

Heureusement, Microsoft a eu la bonne idée de très rapidement rendre sa plateforme compatible avec SteamVR, qui, comme son nom l’indique, regroupe toutes les expériences VR de Steam. On peut donc jouer à des jeux comme Half-Life Alyx en VR en quelques clics, en théorie.

En théorie, car lors de mes tests j’ai rencontré pas mal de problèmes de compatibilité et il suffit de se pencher sur les forums officiels de Steam et Microsoft ou sur Reddit pour découvrir une myriade de problèmes entre les casques Windows MR et la plateforme Steam VR. Dans mon cas, c’était essentiellement des problèmes de performances qui rendaient l’utilisation du casque de VR très désagréable.

Prix et disponibilité du HP Reverb G2

Le HP Reverb G2 est commercialisé à partir de 639 euros en France, sans les contrôleurs. Il faut compter 769 euros pour le pack testé ici avec le casque et deux manettes.

Note finale du test
8 /10
Le HP Reverb G2 se présente comme un casque haut de gamme. Sur la technique, il nous paraît irréprochable. Certes il demande un câble pour fonctionner, mais la firme a conçu un casque très confortable à porter et avec l'un des meilleurs écrans de VR vu à ce jour. On se retrouve complètement immergé dans le monde virtuel avec suffisamment de précision pour lire du texte confortablement. S'il demande un câble, HP a fait le nécessaire pour rendre ce problème le plus invisible possible grâce à ce hub équipé d'un câble de 6 mètres de long à relier au casque.

Tout n'est malheureusement parfait. La VR en 2021 c'est aussi un écosystème logiciel et de ce côté-là on reste sur notre faim. Certes sur le papier, le casque prend en charge SteamVR, mais dans nos tests et nos recherches, nous avons rencontré beaucoup de problèmes avec cette compatibilité. Par défaut, il s'agit avant tout d'un casque Windows Mixed Reality, et là le problème vient plutôt du manque d'applications sur le Microsoft Store. On apprécie tout de même l'environnement virtuel développé par Microsoft qui permet vraiment de travailler virtuellement (si l'on connait son clavier et sa souris par cœur).

Difficile pour le Reverb G2 de briller face à la main mise d'Oculus sur ce marché. Le concurrent propose un meilleur écosystème et des prix plus serrés. Le HP Reverb G2 garde pour lui son excellence technique seulement approchée par le Valve Index.
Points positifs
  • L'écran très haute définition
  • La clarté du texte
  • Casque confortable
  • Câble long de 6 mètres
Points négatifs
  • Les contrôleurs un peu trop gros
  • Demande un PC pour fonctionner
  • Demande des câbles
  • Des bugs avec SteamVR

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