Malgré les pressions de son allié américain, le Royaume-Uni estime que le risque que représente Huawei sur le déploiement du réseau 5G n’est pas ingérable et ne mérite pas de bannir l’entreprise chinoise. Cette décision n’a pas encore été officialisée, mais pourrait avoir des conséquences lourdes dans le conflit entre Washington et Pékin.

Cela dure depuis plusieurs semaines : les États-Unis sont en guerre juridique contre Huawei. Les autorités américaines estiment que l’entreprise chinoise est une menace pour la sécurité nationale et l’accablent de treize chefs d’accusation. Pour résumer très brièvement : le constructeur est soupçonné de vouloir espionner les citoyens outre-Atlantique.

En attendant de pouvoir prouver cela, les États-Unis ont manifesté leur envie de bannir Huawei de leur réseau 5G et appellent leurs alliés à faire de même. C’est ainsi que la Commission européenne doit débattre de cette problématique vers la fin du mois de février. Dans un tel contexte, l’avenir semblait semé d’embûches pour Huawei. Cependant, l’entreprise chinoise a encore des raisons d’espérer un apaisement de la situation.

Le Royaume-Uni en contresens

Comme le signale le site du Financial Times, le Royaume-Uni, allié traditionnel et historique des États-Unis, est allé à contresens de Washington sur cette épineuse question. D’après des sources bien informées citées par le média, le National Cyber Security Center britannique a estimé qu’il existait plusieurs moyens de limiter les risques que pourrait éventuellement poser Huawei sur le futur réseau 5G.

Un lourd impact

Cette décision de l’organisme gouvernemental britannique n’a pas encore été rendue public précise le Financial Times. Un observateur estime par ailleurs que cette décision « aura un lourd impact » auprès des dirigeants européens. Et pour cause, le Royaume-Uni partage des ressources de renseignements communes avec les États-Unis — les deux pays appartiennent au réseau Five Eyes.

Ainsi, plusieurs États pourront faire valoir le fait que si le Royaume-Uni ne juge pas nécessaire de bannir Huawei, alors il n’y a pas de raisons pour qu’eux adoptent de telles mesures drastiques. En d’autres termes, on peut s’attendre à voir plusieurs pays — européens ou non — tenter de raisonner les États-Unis en promettant de prendre toutes les précautions nécessaires lors de l’utilisation des équipements de Huawei et de bien appliquer les recommandations des services de renseignements britanniques.

Les États-Unis seront toutefois difficiles à convaincre. Lors d’une conférence sur la sécurité qui s’est tenue à Munich ce weekend, le vice-président américain Mike Pence a à nouveau manifesté l’inquiétude de son gouvernement quant à la loi sur le renseignement chinois qui impose à « toutes les organisations […] de soutenir, assister et coopérer avec tous les efforts de renseignement national […] ».

Rappelons par ailleurs que la Justice américaine a dévoilé des preuves indiquant que Huawei avait volé un robot à l’opérateur T-Mobile, mais rien ne permet pour l’instant d’indiquer avec certitude que l’entreprise chinoise ambitionne d’espionner les citoyens américains. Enfin, il est très probable que le président Donald Trump signe cette semaine un décret bannissant toutes les firmes chinoises du réseau 5G étasunien. Cela aurait ainsi lieu juste avant le MWC 2019.

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