Dernier rebondissement d’une affaire qu’on imagine loin de se terminer : le gouvernement américain a officiellement mis en examen le constructeur Huawei pour 13 chefs d’inculpation incluant vol de propriété, fraude et obstruction à la justice.

Matthew Whittaker

Si le constructeur chinois Huawei est très bien placé sur le marché des smartphones et a connu une année 2018 faste, son histoire ne s’arrête pas là début 2019. Au contraire : juridiquement, tout va de mal en pis.

Devenu symbole des tensions entre la Chine et les Etats Unis, Huawei ne cesse d’être soupçonné d’espionnage de part et d’autres du monde. Le gouvernement américain s’est lancé en guerre contre l’acteur, et a été jusqu’à demander l’arrestation de Meng Wanzhou, fille du fondateur du groupe, au Canada. Il va encore plus loin aujourd’hui.

Huawei est mis en examen par le gouvernement américain

Matthew Whitaker, procureur général des Etats-Unis, a annoncé lundi 28 janvier la mise en examen officielle de Huawei comme le montre TechCrunch. L’entreprise chinoise subit 13 chefs d’inculpation couvrant notamment la violation des sanctions américaines contre l’Iran, la tentative de vol de secrets industriels, sept comptes de fraudes informatiques et obstruction à la justice.

L’affaire fait suite à une première accusation de vol faite en 2014 par T-Mobile concernant un robot de test, dont nous vous parlions déjà auparavant. Elle a ensuite atteint ces proportions étonnantes dans le climat de méfiance général alors que Huawei était en bonne place pour s’occuper du déploiement de la 5G pour de nombreuses entreprises dans de nombreux pays.

« Comme je l’ai dit aux représentants chinois en août, la Chine se doit de faire respecter la loi à ses citoyens et entreprises » déclare Matthew Whitaker à cette occasion. Plus véhément, le directeur du FBI Christopher Wray a lui ajouté :

« Au détriment de l’Amérique, Huawei n’a jamais cessé de bafouer les lois des Etats-Unis dans l’espoir de gagner un avantage économique déloyal. Comme le prouve le nombre de ces charges, le FBI ne tolérera pas les entreprises corrompues qui violent les lois aidant les entreprises américaines à s’épanouir ».

Un jeu aussi bien politique qu’économique

Comme le disait le fondateur de Huawei, l’entreprise n’est pas forcément dans une bonne position en 2019, et cette mise en examen le prouve. L’entreprise est devenue désormais le symbole de la méfiance envers le gouvernement chinois, sur les efforts du gouvernement Trump qui ne cessent de l’accuser… sans avoir produit de preuve pour le moment.

Rien ne dit pour autant que le constructeur chinois n’a rien à se reprocher, bien au contraire. Mais le discours prononcé par Christopher Wray, nommé à la tête du FBI par le président américain, s’inscrit parfaitement dans la campagne du leader des Etats Unis.

Huawei semble donc devenir l’effigie cristallisant les peurs d’espionnage mais aussi la concurrence présumée déloyale des entreprises chinoises. Voilà deux visages publics dont la marque se serait bien passée, et qui vont être difficiles à effacer de la mentalité des consommateurs américains même en réussissant à montrer pattes blanches.