Après de nouvelles attaques des États-Unis et le soutien du Royaume-Uni, le fondateur de Huawei devient plus véhément en interview. Il déclare que les États-Unis sont incapables d’écraser l’entreprise.

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Huawei est définitivement devenu le symbole de la lutte entre la Chine et le gouvernement Trump. Ce dernier a prononcé des dizaines de chefs d’accusation à son encontre, et le premier est régulièrement accusé de vol et d’espionnage.

Dans un premier temps, le fondateur de Huawei Ren Zhengfei avait fait une déclaration très politiquement correcte face aux assauts des États-Unis. Mais alors que le Royaume-Uni s’est prononcé contre l’Amérique du Nord, sa langue se délie en interview pour BBC.

Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, part à l’assaut

La fondateur de Huawei ne mâche plus ses mots, et déclara avec conviction :

« Les États-Unis sont incapables de nous écraser. Le monde ne peut pas se passer de nous, car nous sommes les plus avancés [technologiquement]. Même s’ils persuadaient plus de pays de ne pas nous utiliser temporairement, nous pouvons toujours nous adapter à la baisse ». Le gant est jeté : « l’Amérique ne représente pas le monde ».

Le soutien du Royaume-Uni n’est pas passé inaperçu, et a provoqué un changement de plan pour l’entreprise :

« Nous continuerons d’investir au Royaume-Uni. Nous avons toujours confiance, et espérons que le Royaume-Uni nous fera d’autant plus confiance. Nous allons investir toujours plus au Royaume-Uni, car si les États-Unis ne nous font pas confiance, alors nous bougerons nos investissements des USA au Royaume-Uni, sur un plan toujours plus large ».

L’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille de Ren Zhengfei, est également évoquée. Pour le fondateur, c’est un acte avant tout politique :

« Je m’oppose à cela. Ce genre d’acte motivé politiquement n’est pas acceptable. Les États-Unis aiment sanctionner les autres dès qu’il y a un problème. Ils utilisent ces méthodes, et nous nous y opposons. Il n’y a aucun impact sur le business de Huawei suite à l’arrestation de Meng Wanzhou. En vérité, nous grandissons toujours plus vite. Donc ils ont capturé Meng Wanzhou, peut-être ont-ils attrapé la mauvaise personne. Ils ont peut-être pensé qu’avec son arrestation, Huawei tomberait. Mais nous ne sommes pas tombés, nous allons toujours de l’avant. Notre entreprise a des procédures en place, et ne dépend plus d’une seule personne. Même si je pars un jour, l’entreprise continuera d’aller de l’avant ».

Poids politique contre poids économique

Le ton de cette interview est clair : Huawei change de tactique. Soutenu par le gouvernement du Royaume-Uni, il est galvanisé et compte bien utiliser son poids économique pour contrebalancer le poids politique des États-Unis.

On le voit dans le discours fait par Ren Zhengfei, qui met en avant le fait que les investissements de l’entreprise colossale qu’il représente ne profiteront plus à l’Amérique. Un manque à gagner qui pourrait potentiellement faire réfléchir à deux fois les alliés du gouvernement Trump, qui n’ont peut-être pas la force nécessaire pour voir partir une telle entreprise de leur sol, et séduire des alliés surprise.

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