Hyundai, Google et Nvidia s’allient : le robot Atlas est prêt à défier Tesla dans les usines

 
Fini les vidéos virales de robots qui font du parkour sur YouTube : Hyundai, propriétaire de Boston Dynamics, passe aux choses sérieuses. Avec l’aide de Google et Nvidia, le constructeur coréen veut inonder ses usines de robots humanoïdes d’ici deux ans. Et contrairement au robot majordome de LG, ceux-là ne sont pas là pour plier vos serviettes.
Boston Dynamics Atlas

Hyundai n’est pas qu’un constructeur de voitures électriques comme l’excellente Ioniq 5 N. Au CES 2026 de Las Vegas, le géant coréen a clairement fait comprendre que l’avenir de l’automobile se jouera sur deux jambes, et non plus seulement sur quatre roues.

En s’appuyant sur sa pépite Boston Dynamics (dont il détient 88% des parts), Hyundai vient d’annoncer un plan massif pour déployer le célèbre robot Atlas dans ses usines. Mais la vraie nouveauté, c’est que Hyundai ne part pas seul au combat : Google et Nvidia sont de la partie.

Le robot Atlas en bleu de travail

Oubliez le prototype de laboratoire. La version de production d’Atlas présentée à Las Vegas est une machine industrielle pensée pour la vraie vie.

Ce qui frappe dans la fiche technique, ce n’est pas tant l’intelligence artificielle, mais la robustesse. Hyundai annonce un robot capable de soulever 50 kg et de fonctionner dans des conditions extrêmes, de -20°C à 40°C.

Et le robot est étanche. Cela peut sembler anecdotique, mais dans un environnement industriel poussiéreux ou huileux, pouvoir nettoyer son ouvrier métallique au jet d’eau est un argument de maintenance imparable.

Google pour le cerveau, Nvidia pour les muscles numériques

C’est là que l’alliance devient stratégique. Avoir un robot agile, c’est bien et Boston Dynamics sait faire ça depuis des années. Avoir un robot qui comprend ce qu’il regarde, c’est mieux.

Hyundai a donc signé avec Google DeepMind pour développer l’intelligence des robots, et avec Nvidia pour l’infrastructure de calcul. Carolina Parada, directrice de la robotique chez Google DeepMind, résume bien l’enjeu : il ne s’agit plus de programmer des mouvements au millimètre près, mais de permettre au robot de « percevoir le monde physique de la même manière que les humains ».

Concrètement, l’IA générative doit permettre à Atlas de s’adapter. Si une pièce n’est pas exactement à sa place sur la chaîne de montage, le robot ne doit pas bugger ou s’arrêter : il doit la voir, comprendre le décalage, et ajuster sa prise. C’est cette capacité d’adaptation qui manque encore cruellement aux robots actuels.

2028 : l’arrivée sur les chaînes de montage

Hyundai ne fait pas d’effets d’annonce vagues, puisque le calendrier est clair. Dès 2028, les premiers robots Atlas seront déployés dans la « Metaplant » de Hyundai en Géorgie (États-Unis) pour des tâches de séquençage de pièces.

D’ici 2030, ils passeront à l’assemblage complexe, avec un objectif de production ? 30 000 robots par an à terme.

Le modèle économique est tout aussi intéressant : le RaaS (Robotics-as-a-Service). Plutôt que de vendre des robots à 150 000 dollars pièce (l’estimation de Morgan Stanley pour 2028), Hyundai compte les louer avec maintenance et mises à jour logicielles incluses. Une manière de rassurer les industriels frileux.

La guerre des humanoïdes est déclarée

Il est difficile de ne pas voir ici une réponse directe à Tesla et son robot Optimus, déjà en test dans ses usines, ou aux initiatives de BMW, Mercedes et le géant chinois CATL.

Mais la stratégie de Hyundai tranche avec ce que nous avons vu ailleurs au CES, notamment chez son compatriote LG. Alors que le robot CLOiD de LG tente maladroitement de plier du linge dans un salon avec une lenteur exaspérante, Hyundai vise l’efficacité brute et le retour sur investissement immédiat en usine.

Le marché est colossal : les analystes parlent d’un secteur à 5 000 milliards de dollars d’ici 2050. En s’associant aux géants de la Silicon Valley, Hyundai tente de créer le standard de l’industrie avant que les constructeurs chinois (comme Xiaomi ou Unitree) ne cassent les prix.

Votre prochaine voiture sera peut-être produite en partie par un robot qui aura appris à travailler grâce à Google.


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