Nvidia, Uber et Stellantis s’allient pour battre Tesla dans le domaine de la voiture autonome

 
Après avoir fait machine arrière sur la conduite autonome et son système Auto Drive il y a quelques semaines, Stellantis fourbit ses armes dans l’univers du robotaxis grâce à trois partenaires de poids : Nvidia, Uber et Foxconn. De quoi replacer le groupe dans la course à la voiture autonome ?

Stellantis et la voiture autonome, c’est une histoire faite de hauts et de bas. Il y a quelques semaines, le groupe avait annoncé faire machine arrière dans ce domaine en abandonnant son projet STLA Auto Drive en août dernier.

Une décision surprenante, alors que Stellantis annonçait encore en février dernier être proche du lancement de cette technologie, déjà disponible sur les modèles haut de gamme de Mercedes et BMW.

Les raisons n’avaient pas été évoquées officiellement, même s’il y avait sans doute des soucis en termes de coûts, le groupe n’étant pas très en forme actuellement, entre ralentissement de la demande mondiale, contraintes réglementaires et concurrence asiatique.

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Mais visiblement, Stellantis n’a pas abandonné ses projets de voitures autonomes puisque, à la surprise générale, le groupe vient d’annoncer via un communiqué de presse une collaboration d’envergure mondiale avec Nvidia, Uber et Foxconn, juste après avoir aussi annoncé un partenariat européen avec Pony.ai.

Cette collaboration vise à développer et déployer conjointement des véhicules autonomes de niveau 4, c’est-à-dire capables de circuler sans conducteur dans la majorité des situations, dans le cadre de services de robotaxis.

Chaque partenaire apporte son savoir-faire

Développer ce genre de technologies, quand on est un constructeur automobile, présente des coûts faramineux et un temps de développement abyssal. La collaboration avec des géants du domaine va permettre d’accélérer considérablement le processus.

Stellantis fournira ses plateformes « AV-Ready », notamment les utilitaires légers basés sur la plateforme K0 et STLA Small, adaptées à la conduite autonome. NVIDIA intégrera sa suite logicielle DRIVE AV, incluant l’architecture Hyperion 10 et son système d’exploitation DriveOS, déjà certifié pour la sécurité. Foxconn assurera le développement du matériel électronique et l’intégration des systèmes.

STLA Auto Drive

Uber, enfin, exploitera ces robotaxis dans plusieurs grandes métropoles mondiales, avec un déploiement initial prévu à partir de 5 000 véhicules, dès les États-Unis, avant une extension à d’autres continents quand la réglementation évoluera.

Le calendrier présenté par Stellantis prévoit le début de la production pour 2028, après une phase pilote dès les prochaines années. De quoi placer Stellantis dans le peloton de tête d’une industrie où la course à l’autonomie s’intensifie.

Un coup d’avance… mais un marathon à venir

Avec cette annonce, Stellantis confirme son virage technologique et son ambition de ne plus être un simple constructeur, mais un acteur global de la mobilité. Ce que les observateurs ne voyaient pas vraiment venir au vu des problèmes rencontrés par le groupe actuellement.

En s’entourant d’Uber et de Nvidia, le groupe capitalise sur un écosystème complet, où la donnée, le logiciel et la puissance de calcul deviennent aussi essentiels que la mécanique. Chose que Tesla semble avoir bien compris avec sa flotte de Robotaxis déjà en circulation aux États-Unis, en attendant l’arrivée de son Cybercab 100 % autonome en 2026.

Tesla Cybercab // Source : Robin Wycke pour Frandroid

Cependant, le chemin vers le niveau 4 reste semé d’embûches. Les réglementations sur la conduite autonome varient d’un pays à l’autre, les infrastructures urbaines ne sont pas toujours prêtes, et la confiance du public dans les véhicules sans conducteur demeure fragile. Sans oublier la question du modèle économique : rentabiliser des flottes autonomes nécessite des investissements colossaux et une adoption massive par les opérateurs de mobilité.

Reste que cette alliance inédite positionnera sans doute Stellantis comme l’un des rares groupes capables de rivaliser avec les géants américains et chinois dans la course à la conduite autonome. Du moins aux États-Unis pour le moment.


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