
Marshall renouvelle sa gamme d’enceintes Bluetooth rĂ©sidentielles. Des enceintes branchĂ©es sur secteur, conçues pour ĂŞtre Ă©coutĂ©es dans un salon ou une chambre, avec des haut-parleurs plus gourmands en Ă©nergie, capables d’un son plus dense et plaisant. La Stanmore, c’est l’Ă©tage du milieu, plus grosse que l’Acton, plus raisonnable que la Woburn.
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La Stanmore IV est la quatrième itĂ©ration du modèle et les changements sont majeurs. 110 W d’amplification, un Ă©vent bass-reflex redessinĂ©, des tweeters Ă guide d’ondes, le Bluetooth 5.3 avec LDAC et l’Auracast, et une fonction d’ajustement automatique du son pour produire un Ă©quilibre constant, quel que soit le volume. Sur le papier, c’est une mise Ă jour particulièrement importante pour la gamme Stanmore.
Spécifications techniques
| Modèle | Marshall Stanmore IV |
|---|---|
| Dimensions | 35 cm x 18,5 cm x 20,3 cm |
| Puissance sonore | 110 watts |
| Microphone intégré | Inconnu |
| Version du Bluetooth | 5.3 |
| Poids | 3990 grammes |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec une enceinte prêtée par Marshall.
Un look qu’on reconnaĂ®t au premier coup d’Ĺ“il
Le format est carrĂ©, ramassĂ©, inspirĂ© des amplis de la maison. La face avant est habillĂ©e d’un tissu acoustique tressĂ© poivre et sel, pas de la grille mĂ©tallique des enceintes nomades de la marque, conçue pour encaisser les chocs. C’est classe, sobre, ça fait « objet qu’on a envie d’exposer ». D’ailleurs, Marshall indique que l’enceinte est conçue et dĂ©veloppĂ©e en Suède ; la marque y possède bien son bureau d’Ă©tudes pour sa gamme rĂ©sidentielle, ce qui explique sans doute ce cĂ´tĂ© design nordique de la face avant.

Le reste du châssis est recouvert d’un PVC imitation cuir grainĂ©, convaincant au toucher. Et puis il y a cette plaque supĂ©rieure, couleur laiton, de l’aluminium anodisĂ© plutĂ´t que du laiton vĂ©ritable, mais l’effet est lĂ . C’est sur cette plaque que tout se passe.
Le plateau de commandes et ses boutons
Sur le dessus, on retrouve la panoplie complète de commandes physiques :
- Un bouton de volume rotatif, gradué de 0 à 10, souple et cranté
- Deux molettes pour ajuster les basses fréquences et les aigus, également graduées de 0 à 10
- Un bouton de mise sous tension Ă bascule, qui reprend le design des interrupteurs d’amplis de guitare Marshall. Le clic est massif.
- Un media jog pour gérer la lecture (pause, piste suivante, piste précédente) sans sortir le téléphone
- Un bouton M personnalisable, qui lance votre playlist (Spotify Tap) ou votre rĂ©glage d’Ă©galisation favori d’une pression
- Un bouton Source avec trois voyants : Bluetooth, AUX mini-jack et RCA (sous l’enceinte)
- Et une entrée mini-jack 3,5 mm directement sur le plateau.

Ă€ l’arrière… rien, ou presque. L’alimentation secteur et l’entrĂ©e RCA ont Ă©tĂ© dĂ©portĂ©es sous l’enceinte, avec l’Ă©vent bass-reflex. L’idĂ©e : des câbles invisibles et la possibilitĂ© de coller l’enceinte au mur sans dĂ©grader le son en bouchant le tube de sortie des basses frĂ©quences. C’est malin pour l’intĂ©gration.
CĂ´tĂ© dimensions, la Stanmore IV mesure 350 Ă— 203 Ă— 185 mm pour 3,99 kg. C’est clairement une enceinte de meuble ou d’Ă©tagère.
La Stanmore IV n’est pas rĂ©sistante Ă l’eau : pas de certification IP. C’est une enceinte d’intĂ©rieur, point.
Enfin, petit mot sur la durabilitĂ© : le coffret est en MDF certifiĂ© FSC, l’enceinte contient 16 % de matĂ©riaux recyclĂ©s, et les boutons, pieds et grille sont disponibles en pièces dĂ©tachĂ©es.
Design interne : un vrai deux voies de salon
Sous le tissu, la Stanmore IV embarque une configuration deux voies, avec des transducteurs dédiés aux sons graves et aigus :
- Un woofer de 13 cm dédié au grave, servi par une amplification de 60 W
- Deux tweeters de 1,9 cm montĂ©s sur guides d’ondes, amplifiĂ©s par 2 Ă— 25 W.
Soit 110 W au total, contre environ 80 W sur la Stanmore III. Les guides d’ondes, c’est la nouveautĂ© clĂ© : ils Ă©largissent la dispersion des aigus pour Ă©largir la scène sonore et couvrir la pièce plus uniformĂ©ment.
Le tube-Ă©vent bass-reflex (qui sert Ă renforcer les basses frĂ©quences), lui, a Ă©tĂ© redessinĂ© avec une forme plus aĂ©rodynamique pour amĂ©liorer la circulation de l’air et rĂ©duire le bruit de souffle Ă haut volume.

Marshall annonce une rĂ©ponse en frĂ©quence de 36 Hz Ă 38 000 Hz et un niveau maximal de 97 dB SPL Ă 1 mètre. Des chiffres que nos mesures vont venir confirmer, on y revient plus loin. Mais pour contextualiser, 36 Hz est un grave très profond, façon salle de cinĂ©ma, tandis que les 38 kHz couvrent les sons aigus au-delĂ des limites de l’audible. Quant aux 97 dĂ©cibels, c’est un niveau sonore qui interdit de tenir une conversation pendant qu’on Ă©coute l’enceinte Ă pleine puissance.
L’application se muscle, le Bluetooth passe la cinquième
Grosse Ă©volution cette annĂ©e : la Stanmore IV passe au Bluetooth 5.3 et ajoute le LDAC, le codec haute rĂ©solution de Sony, en plus du SBC et de l’AAC. Elle embarque aussi le LC3 et l’Auracast, ainsi que le multipoint pour rester connectĂ©e Ă deux sources Ă la fois.
L’Auracast, concrètement, permet d’intĂ©grer la Stanmore IV Ă une configuration multi-enceintes synchronisĂ©es avec d’autres modèles Marshall compatibles. Les propriĂ©taires de Stanmore III ou d’Acton III ne sont pas laissĂ©s de cĂ´tĂ© : le hub Heddon de Marshall (199 euros) permet de les intĂ©grer Ă la diffusion. Ce n’est pas du multiroom Wi-Fi Ă la Sonos, mais c’est un vrai pas vers la maison connectĂ©e.

L’application Marshall : placement, EQ, bouton M
L’application Marshall permet toujours les mises Ă jour de l’enceinte, et on retrouve les rĂ©glages graves/aigus doublĂ©s de prĂ©rĂ©glages d’Ă©galisation personnalisables (5 bandes), assignables au bouton M. On a largement de quoi faire pour ajuster le son Ă ses goĂ»ts.
La fonction vraiment utile, c’est toujours la compensation de placement : une enceinte posĂ©e au bord d’un meuble, collĂ©e Ă un mur, calĂ©e dans un coin ou posĂ©e au sol ne sonne pas pareil qu’une enceinte libre au milieu d’une Ă©tagère. Dans l’application, on indique oĂą est posĂ©e la Stanmore IV, et l’Ă©lectronique adapte la restitution. Avec l’Ă©vent dĂ©sormais placĂ© sous l’enceinte, le placement contre un mur est beaucoup moins pĂ©nalisant qu’avant.
Une balance tonale qui évolue
La signature sonore Ă©volue selon le volume d’Ă©coute. Moins on Ă©coute fort et plus l’enceinte gĂ©nère basses frĂ©quences, afin de compenser notre faible sensibilitĂ© aux sons graves Ă faible volume. Cette Dynamic Loudness fonctionne automatiquement, sans qu’on puisse la dĂ©sactiver et ce n’est vraiment pas gĂŞnant. Ă€ la rigueur, si l’on trouve que l’enceinte est trop gĂ©nĂ©reuse en basses frĂ©quences, on peut tourner le potentiomètre de graves pour ajuster Ă ses goĂ»ts.
La signature d’une enceinte hi-fi
J’ai mesurĂ© la Stanmore IV Ă deux niveaux d’Ă©coute : la courbe rose correspond Ă un volume Ă©levĂ© (le pic Ă 97 dB rejoint exactement le SPL maximal annoncĂ© par Marshall), la courbe bleue Ă un volume modĂ©rĂ©. Ces deux courbes tĂ©moignent du soin apportĂ© par la marque.

Le grave : ça descend, et ça tient. En dessous de 40 Hz, la courbe plonge, mais Ă 40 Hz, le niveau est encore très Ă©levĂ©. L’extension annoncĂ©e Ă 36 Hz est bien rĂ©elle : il y a de l’infra-grave dans cette enceinte, ce qui est remarquable. On monte ensuite vers un large sommet autour de 80-100 Hz : c’est lui qui donne l’impact, le punch. Le grave de la Stanmore IV n’est pas un grave d’enceinte nomade, il est très supĂ©rieur : il descend, pèse et frappe.
Le mĂ©dium : solide et projetĂ©. Entre 200 et 700 Hz, le plateau est rĂ©gulier, avec de lĂ©gères ondulations mais une tendance parfaitement tenue : pas de masquage, pas de creux. Puis, après un lĂ©ger repli vers 900 Hz, on observe un pic de prĂ©sence autour de 1 500-1 800 Hz, le point le plus haut de la courbe Ă fort volume. C’est lui qui fait porter les voix, qui donne de l’articulation et de la lisibilitĂ© au message sonore. Les voix ne sont pas noyĂ©es dans le grave : elles sont devant, prĂ©sentes, vivantes.
L’aigu : lissĂ©, jamais agressif. De 2 Ă 6 kHz, la courbe descend progressivement, puis marque un vrai creux vers 6-7 kHz. C’est la zone des sibilances, des « s » qui sifflent, de l’agressivitĂ©. En la maintenant sous contrĂ´le, Marshall obtient un aigu doux, soyeux, non fatigant, mĂŞme Ă fort volume. Et pour ne pas tomber dans l’excès inverse, un son mat, Ă©teint, une bosse de brillance vers 12-15 kHz vient remettre de l’air, du contour, du dĂ©tail dans les cymbales et les harmoniques. C’est elle qui fait que le son « respire ».

Deux volumes, deux Ă©quilibres : le Dynamic Loudness en action. Comparez les deux courbes : Ă volume modĂ©rĂ© (bleue), le grave et l’extrĂŞme aigu sont nettement renforcĂ©s par rapport au mĂ©dium, c’est la compensation de la sensibilitĂ© de l’oreille, le fameux effet loudness. Ă€ volume Ă©levĂ© (rose), l’Ă©quilibre se recentre : le grave reste puissant mais l’extrĂŞme grave est lĂ©gèrement contenu pour protĂ©ger le woofer, et l’aigu reste en retrait pour ne jamais devenir agressif. RĂ©sultat : Ă tous les volumes, l’impression d’Ă©quilibre est lĂ . C’est exactement ce que promet Marshall, et c’est mesurable.
Puissance et tenue : 97 dB, et de la marge
Avec ses 110 W et son woofer de 13 cm, la Stanmore IV atteint 97 dB Ă 1 mètre en pointe. C’est Ă©norme pour une enceinte de cette catĂ©gorie, et ça change tout : lĂ oĂą une Acton III commence Ă souffler dans un grand salon, la Stanmore IV garde de la marge. Le grave reste tendu, l’aigu propre, la dynamique intacte. L’Ă©vent redessinĂ© fait son travail : pas de souffle audible, pas de traĂ®nage, mĂŞme poussĂ©e fort.
Scène sonore : enfin de l’ampleur
Les tweeters Ă guides d’ondes ne sont pas qu’un argument marketing. La scène sonore de la Stanmore IV est nettement plus large que celle de la gĂ©nĂ©ration prĂ©cĂ©dente et que celle d’une Acton. Le son dĂ©borde du coffret, il y a une vraie largeur, une sensation d’espace qui s’installe dans la pièce. On reste sur un monobloc, on n’aura jamais la largeur de deux enceintes espacĂ©es de trois mètres, mais pour la première fois sur une enceinte Marshall de cette gamme, on oublie rĂ©gulièrement qu’on Ă©coute une seule boĂ®te.
Pour quelles pièces ?
La Stanmore IV est taillĂ©e pour les vrais salons : 25 Ă 40 m². C’est lĂ qu’elle a du sens, c’est lĂ qu’elle remplace sans rougir un petit système hi-fi. Dans une chambre ou un bureau de 12 m², elle fonctionnera très bien, mais sera Ă l’Ă©troit et vous n’exploiterez jamais sa rĂ©serve de puissance. Dans cette configuration, l’Acton IV est plus indiquĂ©e.

Impressions d’Ă©coutes
Quelques morceaux pour situer le rendu :
« Not Like Us », Kendrick Lamar. Le kick est dense, profond, et surtout tenu. La basse synthĂ©tique descend avec une autoritĂ© digne d’une enceinte de bibliothèque, pas d’une enceinte Bluetooth nomade. Le creux Ă 150 Hz fait des merveilles : tout reste lisible, la voix de Kendrick est dĂ©tachĂ©e, projetĂ©e, jamais noyĂ©e. Ă€ volume soutenu, l’ensemble garde une propretĂ© remarquable.
« Birds of a Feather », Billie Eilish. La voix est devant, charnelle, portée par le pic de présence autour de 1,5 kHz sans jamais devenir criarde. Le grave profond donne du poids aux nappes sans masquer les détails. On peut écouter fort, longtemps, sans fatigue.
« Sultans of Swing », Dire Straits. La basse de John Illsley dĂ©roule avec un naturel rĂ©jouissant, la batterie a de l’impact et de la texture, les guitares sont dĂ©tachĂ©es, placĂ©es, avec cette largeur de scène que les guides d’ondes apportent vraiment.
« Instant Crush », Daft Punk ft. Julian Casablancas. Les nappes de synthĂ©s remplissent la pièce sans s’effondrer au centre, le vocoder est bien posĂ© au-dessus du mix, et le grave synthĂ©tique descend profond sans bavure. Ă€ volume Ă©levĂ©, l’Ă©quilibre reste cohĂ©rent : on a cette impression de « son de salon », ample et maĂ®trisĂ©.
Prix et concurrence
La Marshall Stanmore IV est affichĂ©e Ă 399 euros. Ă€ ce prix, elle se frotte Ă du beau monde, mais reste assez seule sur son positionnement exact : l’enceinte de salon au look vintage, ouverte aux sources analogiques.
- Sonos Era 300 (environ 379 euros) : orientĂ©e multiroom Wi-Fi et Dolby Atmos, c’est une excellente enceinte, exceptionnelle avec les musiques en Dolby Atmos, mais avec une moindre saveur que la Marshall pour l’Ă©coute stĂ©rĂ©o.
- JBL Authentics 300 (environ 249 euros) : la concurrente la plus directe côté rétro, avec Wi-Fi et assistants vocaux.
- Marshall Stanmore III (environ 249 euros) : en fin de vie, c’est une bonne affaire, avec un son toutefois moins ample et un peu moins puissant.





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