La nouvelle puce MediaTek Dimensity 9500s dévoile une surface GPU gigantesque face au meilleur Snapdragon

 
On pensait que l’époque où l’on mesurait la puissance à la taille du moteur était révolue. Une fuite technique dévoile la taille physique des futurs GPU de Qualcomm et MediaTek, et le constat est violent. Avec 21,9 mm² de surface, le Dimensity 9500s est un monstre de silicium face à un Snapdragon qui semble soudainement bien frêle.

Il faut qu’on parle de cette image. Elle circule depuis peu et, franchement, elle raconte une histoire bien plus intéressante que n’importe quelle fiche technique remplie de fréquences d’horloge. À ma gauche, le Snapdragon 8 Gen 5 de Qualcomm avec son GPU Adreno 829. À ma droite, le Dimensity 9500s de MediaTek avec son Immortalis-G925 MP12.

La différence saute aux yeux : le bloc graphique de MediaTek est 70 % plus grand que celui de Qualcomm. On parle de 21,959 mm² contre 12,864 mm².

Dans les semi-conducteurs, où chaque millimètre carré coûte une fortune (surtout en gravure 3 nm chez TSMC), c’est une différence monumentale.

Qualcomm, fidèle à sa réputation, a misé sur une architecture Adreno 829 ultra-dense. Ils conservent une surface réduite, probablement pour maîtriser la chauffe et les coûts de production. C’est l’approche de l’ingénieur prudent : faire mieux avec moins. L’Adreno a toujours été le roi de l’efficacité énergétique, et Qualcomm ne semble pas vouloir changer une formule qui gagne.

En face, MediaTek a clairement changé de stratégie. Avec le Dimensity 9500s, ils adoptent une approche « château fort ». Ils empilent 12 cœurs graphiques (MP12) et, surtout, ils leur donnent de la place pour respirer. Une surface plus grande permet théoriquement d’étaler la dissipation thermique et d’intégrer plus d’unités de calcul brut.

Regardez l’agencement du Dimensity 9500s : on distingue clairement les blocs répétés de l’Immortalis-G925. C’est massif. MediaTek veut le trône du gaming mobile, le Ray Tracing, l’IA générative visuelle, et ils s’en donnent les moyens physiques.

Au-delà du GPU : deux philosophies s’affrontent

Mais le GPU n’est que la partie émergée de l’iceberg. Si on dézoome un peu pour regarder l’architecture globale, la fracture entre les deux géants se confirme. Le Dimensity 9500s semble persister dans la voie ouverte par son prédécesseur (le 9400) : l’architecture « All Big Core ».

L’idée ? Supprimer totalement les petits cœurs « économiques » (les Cortex-A5xx) que tout le monde utilisait depuis dix ans pour gérer les tâches de fond. À la place ? Que du muscle.

On parle d’un cœur principal Cortex-X925 cadencé à des fréquences délirantes (peut-être 3,7 GHz ou plus), épaulé par des cœurs Cortex-X4 et A720.

En face, Qualcomm avec son Snapdragon 8 Gen 5 continue sur sa lancée avec ses cœurs maison Oryon. Leur approche est plus chirurgicale : des cœurs personnalisés, hyper optimisés, capables de monter très haut en fréquence sur un seul thread sans faire fondre le téléphone.

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Et n’oublions pas : l’IA. Les deux puces intègrent des NPU (Neural Processing Units) énormes. Mais là encore, la surface gigantesque du die de MediaTek suggère qu’ils ont alloué une place considérable à la mémoire cache et aux unités de calcul tensoriel pour faire tourner des LLM (modèles de langage) directement sur l’appareil.


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