
Mark Zuckerberg serait-il reparti en croisade contre les législations européennes ? Dans un récent article de Bloomberg, on apprend en effet que Meta aimerait bien lancer son nouveau modèle de lunettes connectées en Europe, mais que les règlements bruxellois sur l’écologie et l’IA l’en empêcheraient.
Selon les sources anonymes qui se sont livrées au journal, l’obligation de commercialiser des produits avec des batteries « amovibles » d’ici à 2027 ainsi que l’IA Act validé en 2024 empêcherait Meta de lancer librement ses lunettes en Europe. Sur le papier pourtant, la législation européenne n’est pas si stricte que ça.


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Des règles trop dures ?
Concernant l’obligation de démontabilité des batteries, le règlement 2023/1542 voté en 2023 précise simplement qu’une batterie est considérée comme « amovible » si elle peut être retirée sans avoir à utiliser « de l’énergie thermique ou des solvants ».
Autrement dit, pas de décapeur thermique ou de colle autorisée. Sinon, toutes les techniques se reposant sur des outils « disponibles dans le commerce » ou « fournis gratuitement » sont autorisées. De quoi laisser une large marge de manœuvre, même sur des produits de tout petit gabarit, comme les écouteurs intra-auriculaires.
L’autre raison invoquée est l’encadrement des fonctionnalités d’intelligence artificielle par l’IA Act de 2024. Or, là aussi, seuls les usages les plus transgressifs sont proprement interdits par la Cnil (notation sociale, identification biométrique par des services répressifs, etc.). Pour le reste, seules quelques obligations de transparence sont demandées. Rien qui n’ait concrètement empêché une entreprise comme Google de lancer la plupart de ses services d’IA en France. Là où cela pourrait bloquer, c’est si Meta déploie vraiment des outils de reconnaissance faciale sur ses lunettes, par contre.
Enfin, le sujet de l’enregistrement dans l’espace public a déjà été tranché par la Cnil en 2024. Tant que les vidéos restent cantonnées à un usage domestique, l’enregistrement via les lunettes connectées n’est pas répréhensible en soi.
Un outil de pression
Les excuses invoquées par Meta pour expliquer l’absence de ses lunettes en Europe semblent donc plus tenir du refus de faire des compromis sur ses appareils que d’un réel blocage fondamental posé par la législation européenne.
Pour aller plus loin
Données personnelles : Meta ne respecte toujours pas le droit européen
Mark Zuckerberg n’a jamais caché son dédain pour les législations européennes de toutes sortes, notamment le RGPD et le DMA/DSA. Il n’est donc pas exclu que le PDG de Facebook, Instagram et WhatsApp utilise surtout ses lunettes comme un moyen de pression pour assouplir les règles européennes de protection des données.
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