
Aux côtés des MacBook Pro, l’achat d’un PC portable haut de gamme « c’est pour bosser », avant d’y installer Warzone le soir même.
Mais on va devoir patienter s’il lorgne sur les nouveaux PC à puce Nvidia RTX Spark. Microsoft avait pourtant chargé la soirée du 7 octobre à San Francisco : un Surface Laptop Ultra doté de 128 Go de mémoire, un port USB-C magnétique, un modèle de code qui se passe du cloud, des IA géantes exécutées en local et même Jensen Huang venu raconter comment Windows 3.1 a donné naissance à Nvidia. Il a suffi d’une phrase, glissée entre deux démonstrations, pour apprendre que Call of Duty ne serait pas de la fête.
Sur scène, Pavan Davuluri, le patron de Windows et de Surface, a promis que « des centaines » de jeux AAA et indépendants tourneraient correctement sur RTX Spark dès le lancement. Il a enchaîné, sur le ton de la bonne nouvelle, avec l’arrivée de Call of Duty sur la plateforme « en 2027 ».

Les machines sont en précommande depuis le 7 octobre, et Call of Duty : Modern Warfare 4 sort le 23 octobre sur PC, consoles de salon et Switch 2. La console de Nintendo aura donc droit au jeu de Microsoft avant le portable vitrine de Microsoft. Ni l’entreprise ni sa filiale Activision n’ont précisé de quel épisode il s’agit, ni à quel moment de 2027.
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L’explication la plus probable tient à l’architecture. RTX Spark associe un processeur Grace à 20 cœurs, de type Arm, à un GPU RTX de génération Blackwell, attendu autour du niveau d’une RTX 5070 pour portable.
Les jeux PC étant écrits pour les processeurs x86 d’Intel et d’AMD, Windows 11 les traduit à la volée avec son émulateur Prism. La traduction fonctionne pour le jeu, beaucoup moins pour les anti-triches installés au niveau du noyau du système, qui refusent ce genre d’intermédiaire.
Nvidia et Microsoft ont donc fait porter Easy Anti-Cheat, BattlEye, Denuvo et Javelin, l’outil d’Electronic Arts, ce qui rend Battlefield 6 et EA Sports FC 26 compatibles dès le lancement. Call of Duty repose sur Ricochet, un anti-triche maison lui aussi logé dans le noyau, absent de toutes ces listes. Microsoft n’a donné aucune explication, mais le retard viendrait de là.
La situation a de quoi faire sourire. Microsoft a déboursé près de 69 milliards de dollars pour Activision Blizzard en 2023, Xbox figure parmi les éditeurs partenaires de RTX Spark depuis le Computex, et c’est le concurrent direct de Call of Duty qui sera prêt le premier. Quant aux « centaines » de titres promis, le chiffre reste modeste face au catalogue Windows. Aucun test indépendant ne dit encore ce que l’émulation coûte en images par seconde.
C’est une faute de calendrier, rien d’irréparable. Elle rappelle que RTX Spark est d’abord pensé pour l’IA : le portable que Microsoft oppose aux Mac d’Apple sert avant tout à faire tourner MAI Code 1.1 Flash et ses 75 Go de RAM ou les modèles de l’intelligence hybride de Windows. Le connecteur Magnetic Connect et les souvenirs de Jensen Huang sur les débuts de Nvidia ont occupé plus de temps de scène que le jeu vidéo. Obtenir d’Electronic Arts que Battlefield 6 soit prêt le jour J et ne pas y parvenir avec un studio qu’on possède, il fallait le faire.
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