Prise en main du Nothing phone (1) : un téléphone unique en son genre

Rien que ça

 

On a eu l'occasion de voir et de prendre en main le Nothing phone (1), l'un des téléphones les plus attendus de cet été. Impressions.

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Nothing phone (1) de face // Source : Robin Wycke – Frandroid

Carl Pei, co-fondateur iconique de OnePlus, lançait en janvier 2021 sa nouvelle marque high-tech : Nothing. Ce n’est peut-être rien, mais un an et demi plus tard, le premier téléphone de la firme est attendu avec une grande impatience par les technophiles. La hype est grande, mais le produit sera-t-il à la hauteur ? Nous avons vu le Nothing phone (1) — fraîchement officialisé — pendant une petite heure et voici donc notre avis sur la question.

Un design unique

Dès le premier contact, ce qui choque le plus, c’est évidemment son design. Si dans ses formes aux bords plats, il n’est pas sans rappeler les derniers iPhone, sa coque arrière transparente lui donne un aspect visuel indubitablement unique… et particulièrement réussi. Surtout dans son coloris blanc qui laisse davantage percevoir tous les détails de cette conception.

Et des détails, il y en a beaucoup à découvrir. Entre le petit « Nothing » sur la tranche, les différentes textures des plaques visibles par transparence, ou encore la forme d’éléphant en bas à droite, tout est pensé pour créer autant un jeu de pistes que l’émerveillement. Bien sûr, toute cette minutie ne sera pas perçue sur le champ par tout le monde, le regard étant plutôt attiré par les LED tout en courbes et en lignes droites, rappelant les géoglyphes de Nazca. Vraiment, le résultat est visuellement très réussi et l’on ne peut qu’apprécier la prise de risques.

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On aperçoit un éléphant au dos du Nothing phone (1) // Source : Robin Wycke – Frandroid

Du côté de la prise en main, on ne se plaint pas non plus. Avec à peine plus de 190 grammes sur la balance, le Nothing phone (1) n’est pas trop lourd et il tient bien en main. Tout le monde n’apprécie pas les bords droits, mais on ne peut pas nier que cela assure une très bonne stabilité au téléphone, autant entre nos doigts que posé à la verticale sur une table. À l’horizontale en revanche, on notera que son module photo est assez protubérant pour le rendre chancelant lorsque l’on tapote son clavier. Un défaut très courant pour une utilisation heureusement très rare.

D’un point de vue très personnel, je dois avouer que j’ai regretté de ne pas trouver d’alert slider, ce petit switch présent chez OnePlus et Apple permettant de passer très rapidement du mode vibreur au mode silencieux ou sonnerie et vice-versa. Peut-être pour une prochaine itération ?

Ce que l’on retrouve en revanche, c’est un magnifique écran en façade. Il s’agit d’une dalle Oled flexible ayant permis à Nothing d’intégrer un contour uniforme, ce qui est encore trop rare. Sur le papier, il n’a pas grand-chose à envier aux meilleurs : Full HD+, 120 Hz, 1200 cd/m², HDR10+, Gorilla Glass 5… Tout y est et, à l’œil, on n’a rien à lui reprocher. Il faudra attendre notre test complet et un passage sous notre sonde pour vérifier ce qu’il vaut vraiment.

Une interface basique

Tournant sous Android 12 et une interface maison, le Nothing phone (1) n’innove pas réellement sur ses fonctionnalités logicielles en dehors de son glyphe lumineux. Il faut se contenter ici du strict minimum. Les fonctionnalités sont peu nombreuses et pas toujours bien agencées, mais l’essentiel est là. On est donc loin d’Oxygen OS (l’interface de OnePlus), mais cela reste agréable, d’autant qu’il reste quelques bonnes idées, comme la mise en avant des appareils connectés en Bluetooth par exemple pour facilement les gérer depuis le menu des paramètres rapides, ou encore l’utilisation de la police d’écriture de la marque.

D’ailleurs, Nothing a souhaité créer un véritable écosystème, avec ses propres produits évidemment, mais aussi ceux d’autres marques populaires. Le Nothing phone (1) intégrera donc les API de Tesla en bêta à sa sortie, et celles des AirPods Pro à l’avenir pour faciliter les interactions avec ces produits.

Ce minimalisme veut surtout laisser la place à une nouvelle façon d’utiliser son smartphone. « On veut minimiser les interactions avec l’écran », nous avoue une porte-parole de la marque. Avec le Flip to Glyph, il suffit de retourner son téléphone pour recevoir de nombreuses informations par le biais des LED. On peut notamment choisir des clignotements différents pour chaque contact ou groupe de contacts, ou encore voir en un simple double tap le niveau de batterie lors de la charge. L’idée est bonne, à voir sur le long terme si cela dépasse le simple gimmick.

Malgré nos premiers tests sur une version bêta, l’interface semblait très fluide malgré sa configuration de milieu de gamme. Rappelons qu’à son bord on retrouve un Snapdragon 778G et 8 à 12 Go de RAM (8 Go dans la version que nous avions en main).

Des volontés écologiques

Jeune entreprise, Nothing veut montrer patte blanche dès le départ et affiche de grandes ambitions écologiques dans une industrie qui pollue beaucoup. Sans aller jusqu’aux engagements de Fairphone, la petite entreprise londonienne a annoncé l’arrêt d’achat de crédits carbone, souhaitant investir dans ce qui compte vraiment. Le packaging du phone (1) est donc épuré, son cadre est conçu en aluminium 100 % recyclé et 50 % des composants en plastique dans le téléphone sont recyclés également. Malheureusement, il est ardu de sourcer des matériaux recyclés à grande échelle, ce qui complique les envies de la société d’aller plus loin encore dans sa démarche.

Un tarif qu’il va falloir assumer

Un design hors du commun et des ambitions écologiques, on le sait, cela a un coût. En démarrant à 469 euros, le Nothing phone (1) est plus cher qu’un téléphone doté d’une fiche technique similaire. Il reste évidemment quelques inconnues dans la balance, comme son autonomie ou la qualité de ses photos par exemple. Nothing a intégré deux capteurs de 50 Mpx (grand-angle et ultra grand-angle), refusant d’y adjoindre des capteurs inutiles juste pour faire gonfler le nombre de lignes de la fiche technique et le prix final. On ne peut qu’applaudir la démarche.

À première vue, le Nothing phone (1) semble s’intéresser à l’essentiel et au design, et y ajouter des petites nouveautés qui plairont aux plus technophiles qui n’auront pas peur de payer un petit peu plus cher pour cela.

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