J’ai testé l’OM System PEN, le petit hybride rétro qui refuse la course aux pixels

Le format Micro 4/3 fait de la résistance

Après un OM-3 premium, OM System renouvelle son entrée de gamme avec le PEN, au design directement inspiré de l’iconique PEN-F. Écran articulé, capteur de 20 Mpx avec autofocus à détection de phase, viseur électronique, stabilisation sur cinq axes, compacité, prix sous les 1 000 euros : le PEN de 2026 possède de vrais arguments, à commencer par son parc d’optiques ultra-compactes et légères.
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Un peu d’histoire. Le nom PEN remonte à 1959 et au petit boîtier demi-format argentique dessiné par Yoshihisa Maitani, pensé pour se glisser partout comme un stylo. La lignée numérique du PEN démarre en 2009 avec l’E-P1, un appareil photo rétro et compact, dépourvu de viseur. En dix-sept ans et près d’une vingtaine de modèles de PEN (E-P, Lite, mini), seuls deux appareils ont intégré un viseur électronique (EVF) en plus de l’écran : le très aimé PEN-F et ce tout nouveau modèle. Le PEN de 2026 est aussi le premier à porter le nom OM System, la marque d’OM Digital Solutions, qui a repris l’activité photo d’Olympus le 1er janvier 2021.

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L’OM System PEN et le 14-42 mm f/3,5-5,6 III // Crédit : Tristan Jacquel

Tandis que les hybrides à capteur APS-C atteignent les 40 millions de pixels et les plein-format montent à 67 millions de pixels (Sony A7R VI), ce PEN se contente d’un capteur Micro 4/3 de 20,4 Mpx. Une définition qui n’a pas évolué depuis dix ans, même si la technologie derrière le capteur a, elle, progressé.

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L’OM System PEN et son capteur Micro 4/3 // Crédit : Tristan Jacquel

OM System a fait le choix de moderniser le capteur plutôt que d’en augmenter la définition. Le PEN reprend le couple capteur Live MOS 20,4 Mpx + processeur TruePic IX de l’OM-5 Mark II, avec un autofocus à détection de phase. Les performances sont donc très proches : on retrouve les 121 points AF croisés et la détection de sujets par IA, pour les personnes et les animaux domestiques.

Un format de capteur toujours pertinent en 2026

Un peu largués dans la course aux pixels, les capteurs Micro 4/3 disposent d’autres atouts. Leur petite taille permet de concevoir des optiques bien plus petites que pour les capteurs APS-C ou plein format. Le gain de poids, plus encore que le gain de place, continue de séduire bien des photographes.

Le format dispose d’un parc d’optiques particulièrement vaste chez OM System, Olympus, Panasonic, Leica ou Sigma. Même Viltrox s’y met et décline deux optiques de son excellente série AIR avec une monture Micro 4/3.

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14-42 mm à 42 mm (eq. 84 mm), 1/1250s, f/5,6, ISO200 // Crédit : Tristan Jacquel

Le système reste donc particulièrement séduisant pour qui veut voyager léger. On fait le point.

OM System PenCaractéristiques techniques

Modèle OM System Pen
Type d’appareil Hybride
Format du capteur Micro 4/3
Résolution capteur 20,4 Mpx
Stabilisateur d’image Mécanique
Définition enregistrement vidéo C4K @ 24 fps
AF-S 30 FPS
Écran orientable Oui
Poids 344 g
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec un appareil prêté par OM System.

OM System PenDesign et ergonomie

Le PEN reprend les codes des PEN historiques, soit un format plutôt compact. Avec 125,8 × 74,5 × 43,3 mm et 393 grammes avec batterie et carte (344 grammes boîtier seul), il compte parmi les hybrides à viseur les plus légers. Le look s’inspire plus de l’E-P7 que du PEN-F, avec un viseur décentré sur la gauche qui donne un style télémétrique assumé. La face avant est habillée d’un plastique grainé, et le capot, plus épais à gauche, rappelle un peu un Fujifilm X-Pro.

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La face avant en plastique oblige à tenir fermement l’OM System PEN // Crédit : Tristan Jacquel

OM System a en revanche choisi une construction principalement en plastique, plutôt qu’un châssis métallique comme sur les anciens PEN. C’était peut-être le prix à payer pour rester sous les 1 000 euros.

Le boîtier bénéficie par ailleurs d’une protection IPX1, à condition d’utiliser un objectif lui-même protégé contre les projections d’eau. C’est justement le cas du nouveau M.Zuiko 14-42 mm F3.5-5.6 III, proposé en kit avec le PEN. L’indice IPX1 ne couvre que les gouttes qui tombent à la verticale, et la protection ne vaut ni pendant la recharge ni avec un câble HDMI branché.

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Le logement de la carte mémoire du OM System PEN // Crédit : Tristan Jacquel

La poignée avant se résume à un petit grip en plastique grainé, pas aussi adhérent qu’attendu. Au contraire, le repose-pouce sur la face arrière est en TPU adhérent et donc plus sécurisant. En main, cela fait une étrange impression et oblige à serrer plus fort qu’on ne voudrait.

Sur le dessus, on trouve deux molettes de commande, une molette de modes (Bulb, C1, C2, Art, SCN et Auto en plus des modes PASM), un bouton d’enregistrement vidéo et un commutateur qui sert à la fois d’interrupteur et de sélecteur Photo, Vidéo et S&Q. Les molettes ne sont associées à aucune inscription gravée.

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14-42 mm à 35 mm (eq. 70 mm), 1/1000s, f/5,6, ISO200 // Crédit : Tristan Jacquel

À l’arrière, les commandes sont assez nombreuses : CP (Computational photography), AF-ON, MENU, INFO, lecture, suppression, auxquelles s’ajoutent le pavé directionnel et la touche OK. Il n’y a pas de joystick. Le déplacement du collimateur passe par le pavé directionnel ou par l’écran tactile. 

Six commandes peuvent être personnalisées, avec la possibilité d’attribuer des fonctions différentes en photo et en vidéo.

Sur la face avant, OM System conserve le sélecteur COLOR/MONO, qui constitue l’une des particularités de ce PEN. Il donne accès rapidement aux profils couleur et monochrome personnalisables, avec quatre réglages dans chaque catégorie.

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L’écran monté sur rotule peut être replié contre l’appareil // Crédit : Tristan Jacquel

Deux absences sont à noter. Il n’y a pas de flash intégré, contrairement au précédent PEN E-P7, mais la griffe porte-accessoire est présente. Le déclencheur ne reprend pas non plus le filetage pour déclencheur souple du PEN-F.

OM System PenConnectique

La connectique est plutôt complète pour un boîtier aussi compact. On trouve une prise microphone de 3,5 mm, une sortie micro-HDMI Type D et une prise USB-C. Cette dernière sert au transfert de données et à la recharge du boîtier.

La liaison sans fil repose sur le Wi-Fi et le Bluetooth 5.2 Low Energy, notamment pour la connexion au smartphone. L’application OI.Share permet de réveiller le boîtier à distance, de récupérer ses images, de déclencher et de géolocaliser ses photos.

Le stockage se fait sur un unique emplacement SD compatible UHS-I. Il est placé sur le côté du boîtier, et non dans la trappe de la batterie. En revanche, il n’y a pas de sortie casque, ce qui constitue une petite limitation dès qu’on s’intéresse sérieusement à la vidéo. Le port USB-C est par ailleurs en USB 2.0, avec un débit théorique limité à 480 Mb/s.

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La connectique de l’OM System PEN // Crédit : Tristan Jacquel

OM System PenDes menus en couleurs

Les menus reprennent l’architecture des appareils OM System, introduite avec l’OM-1 et organisée en grandes sections colorées. Ils ne sont pas forcément les plus intuitifs lorsque l’on découvre la marque, mais deviennent rapidement logiques.

Le « Super Control Panel », accessible via la touche OK, reste le moyen le plus rapide de modifier les paramètres courants : vitesse, ouverture, ISO, balance des blancs, mode d’image, autofocus, mode d’entraînement ou stabilisation.

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Les menus de l’OM System PEN // Crédit : Tristan Jacquel

Une fois ces menus apprivoisés, l’appareil se personnalise en profondeur. Touches et molettes se reconfigurent, avec des réglages distincts en photo et en vidéo.

Nouvelle version pour l’app OI.Share

OM System lance la version 1.5 de son application OI.Share, qui apporte la fonction Profile Library. Elle analyse les réglages de couleur et de tonalité d’une photo réalisée avec les profils Color ou Mono, en extrait une recette et l’enregistre dans l’un des emplacements du boîtier. La fonction est compatible avec le PEN, l’OM-3 et l’OM-3 Astro.

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L’OM System PEN // Crédit : Tristan Jacquel

OM System PenÉcran et viseur électronique

Le viseur OLED affiche 2,36 millions de points, avec un grossissement équivalent à 0,62x et une couverture de 100 %. Il est décentré sur la gauche, avec un œilleton compact et un dégagement oculaire de 20,5 mm. En pratique, l’affichage est clair et fluide, mais le viseur paraît un peu étroit. Les Panasonic G97 et L10 montent à environ 0,74x, tandis que l’OM-3 atteint environ 0,69x. Le PEN reprend donc pratiquement le viseur du PEN-F, dix ans plus tard.

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L’écran articulé facilite les prises de vue verticales // Crédit : Tristan Jacquel

À l’arrière, l’écran LCD tactile de 7,6 cm de diagonale et 1,04 million de points, au format 3:2, est désormais monté sur charnière et totalement orientable. Cette articulation sert surtout pour le cadrage à la verticale, les prises de vue en contre-plongée et la vidéo face caméra. La luminosité de l’écran peut être ajustée, mais à pleine puissance elle reste trop juste en plein soleil. Heureusement que l’EVF est présent.

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OM 14-42mm F3.5-5.6 III à 42 mm (eq. 84 mm), 1/1600s, f/5,6, ISO200 // Crédit : Tristan Jacquel

OM System PenUn capteur qui bruite peu

Le PEN s’appuie donc sur un capteur Micro 4/3 de 20,4 mégapixels, couplé au processeur TruePic IX. Les 121 collimateurs à détection de phase et la reconnaissance des personnes et des animaux (chats et chiens) changent la donne par rapport aux PEN précédents, qui se contentaient d’un autofocus à détection de contraste. Le PEN est le premier de sa lignée à recevoir un autofocus hybride.

OM 14-42mm F3.5-5.6 III
OM 14-42mm F3.5-5.6 III à 19 mm (eq. 38 mm), 1/2000s, f/5,6, ISO200 // Crédit : Tristan Jacquel

En pratique, le suivi des yeux se montre efficace, y compris lorsque le sujet se détourne. En revanche, sur des sujets non reconnus, en autofocus continu, j’ai observé parfois un manque de constance, notamment sur fond chargé ou lorsque le déplacement est rapide.

Bonne surprise, le bruit d’amplification reste très bien maîtrisé jusqu’à ISO 6400. Sur les clichés ci-dessous développés sous Lightroom sans réduction de bruit spatiale ou chromatique, l’image demeure propre et le grain plutôt discret. À la sensibilité de base (ISO 200), les aplats sont impeccables. La plage native s’étend de 200 à 25 600 ISO, avec une extension jusqu’à 64 ISO pour les poses lentes en plein jour.

En revanche, la dynamique chute nettement à sensibilité élevée : sur les scènes très contrastées, il faut exposer avec davantage de soin pour conserver les informations dans les ombres et les hautes lumières.

Quant au bruit de fond du capteur, que l’on fait apparaître en surexposant fortement les ombres, il est également modéré. Sur les images ci-dessous, la seconde est sous-exposée de 5 IL puis débouchée avec Lightroom. Le bruit dans les ombres est léger.

Image exposée correctement (ISO200)
Images sous-exposée de 5 IL puis éclaircie (ISO200)

Les fichiers RAW sont enregistrés avec une compression sans perte et une profondeur de 12 bits.

Rafale : jusqu’à 30 i/s, sous conditions

En obturation électronique, le PEN peut grimper à 30 i/s et 20 fichiers RAW d’affilée. Attention toutefois : à cette cadence, la mise au point, l’exposition et la balance des blancs sont verrouillées sur la première vue.

Pour conserver l’AF continu et le calcul d’exposition entre les images, il faut redescendre à 8 i/s en obturateur électronique (23 RAW d’affilée), ou à 5 i/s en obturateur mécanique (29 RAW d’affilée). C’est un peu moins que l’OM-5 Mark II, qui annonce 10 i/s en C-AF et 6 i/s en mécanique. Le mode Pro Capture permet de son côté de conserver jusqu’à 12 images avant le déclenchement complet, à 30 i/s, en RAW comme en JPEG. C’est une fonction intéressante pour l’animalier ou les scènes imprévisibles, et une première sur un PEN.

Mode de rafaleCadenceTampon RAWTampon JPEG
Rafale mécanique5 i/s29 images154 images
Rafale électronique L8 i/s23 images48 images
Rafale électronique H30 i/s20 images20 images

Bonne nouvelle, la rafale ne s’arrête pas avec le remplissage du tampon, mais continue à une cadence plus faible, laquelle dépend directement de la vitesse d’écriture de la carte SD utilisée.

Stabilisation et outils créatifs

Comme toujours chez OM System, le capteur est stabilisé mécaniquement sur cinq axes, avec une compensation annoncée jusqu’à 5,5 IL au centre et 4,5 IL sur les bords. En revanche, il n’y a pas de Sync IS, pour combiner la stabilisation du boîtier et celle d’une optique stabilisée. On doit choisir entre l’IBIS et la stabilisation optique.

En pratique, il est possible de réaliser des images nettes à main levée autour d’une seconde à 50 mm si l’on reste stable, voire au-delà en se figeant.

L’IBIS est également mis à contribution dans le mode High Res Shot. Le PEN peut produire des images de 50 ou 80 mégapixels en décalant légèrement son capteur entre plusieurs prises de vue. Le mode 50 Mpx est annoncé comme utilisable à main levée, tandis que le mode 80 MP nécessite que l’appareil soit posé. J’ai essayé les deux. Dans tous les cas, mieux vaut poser l’appareil, sans quoi l’image générée est moins nette qu’une image classique de 20 mégapixels.

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Le petit 14-42 mm est pratique, mais il lui manque le contraste et le piqué qu’une scène comme celle-ci appelle // Crédit : Tristan Jacquel

Le PEN propose aussi des fonctions créatives telles que Live ND, Focus Stacking, HDR, l’exposition multiple, le Live Bulb, le Live Composite et le Focus Bracketing.

Le Live ND est pratique pour simuler une pose longue sans filtre ND optique, mais seulement jusqu’à ND16, soit quatre IL, contre ND64 sur l’OM-3. Pour obtenir un long filé sur de l’eau en pleine journée, c’est insuffisant.

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Utilisé au maximum de sa puissance, le filtre Live ND permet d’obtenir un léger flou de mouvement // Crédit : Tristan Jacquel

Les filtres et profils créatifs

Le PEN met également l’accent sur le traitement directement dans l’appareil. On retrouve 16 filtres artistiques et 24 modes scène répartis en six thèmes, ainsi que quatre profils couleur et quatre profils monochrome personnalisables. Les filtres artistiques ont un petit côté daté, qui rappelle les premiers filtres des réseaux sociaux.

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L’OM System PEN // Crédit : Tristan Jacquel

Le Color Profile Control permet d’ajuster la saturation de 12 couleurs sur 11 niveaux, en combinaison avec le réglage des hautes lumières, des ombres et du vignettage.

Ces profils fonctionnent aussi en vidéo, sauf en mode S&Q. C’est beaucoup plus riche que ce que l’on attend généralement d’un boîtier d’entrée de gamme.

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14-42 mm à 35 mm (eq. 70 mm), f/5,6, ISO200, filtre monochrome et contraste renforcé // Crédit : Tristan Jacquel

OM System PenUn 14-42 mm qui évolue sans révolutionner

Le M.Zuiko 14-42 mm F3.5-5.6 III (équivalent 28-84 mm) fourni avec le PEN ne révolutionne pas sa formule optique. Comme le précédent 14-42 mm II R, lancé en 2011, il repose sur huit éléments répartis en sept groupes, avec trois lentilles asphériques.

En revanche, la partie mécanique a été revue. Le déploiement et le repli se font désormais en tournant la bague de zoom, sans commutateur de déverrouillage, et le diamètre de filtre passe à 46 mm. Surtout, la mise au point rapprochée progresse nettement : on passe à seulement 13 cm à 14 mm (eq. 28 mm), contre 25 cm auparavant. C’est aussi le premier 14-42 mm de kit protégé contre la poussière et les éclaboussures, ce qui permet de conserver une certaine cohérence avec le boîtier, même si la certification IPX1 est minimale.

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L’OM System PEN et son objectif kit // Crédit : Tristan Jacquel

Pour le reste, ses performances optiques sont plus moyennes. Le contraste est correct, la définition satisfaisante au centre, mais les angles manquent de netteté à pleine ouverture, quelle que soit la focale.

Le M.Zuiko 14-42 mm f/3.5-5.6 EZ, toujours au catalogue, constitue une alternative intéressante : son format pancake est plus compact et son piqué meilleur, même s’il n’est pas certifié IP.

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14-42 mm à 42 mm (eq. 84 mm), 1/2000s, f/5,6, ISO200, −1,3 IL // Crédit : Tristan Jacquel

Reste que le PEN mérite des optiques plus ambitieuses, à l’image du M.Zuiko 12-45 mm f/4 Pro, qui offre un niveau de piqué nettement supérieur et que l’on trouve régulièrement à un tarif inférieur à son prix catalogue.

OM System PenSur le terrain

J’ai utilisé le PEN pendant plusieurs semaines, uniquement avec le 14-42 mm. Sa prise en main est bonne, mais un peu moins rassurante que celle de l’E-M10 IV, notamment lorsque l’on tient l’appareil au bout des doigts. Le plastique de la face avant est peut-être en partie responsable de cette sensation, alors que le repose-pouce en TPU offre une meilleure adhérence.

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L’OM System PEN et son écran déployé à l’horizontale // Crédit : Tristan Jacquel

Le commutateur de mise sous tension est en revanche assez difficile à manœuvrer et particulièrement résistant. Comme il sert aussi de sélecteur Photo, Vidéo et S&Q, il m’est arrivé plusieurs fois de passer directement de la position éteinte au mode vidéo plutôt qu’au mode photo. C’est probablement une question d’habitude, et la commande pourrait aussi s’assouplir avec le temps.

La molette de modes PASM est elle aussi un peu ferme. Les deux molettes de commande sont en revanche douces et agréables à utiliser.

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14-42 mm à 14 mm (eq. 28 mm), ISO200, f/5,6 // Source : Tristan Jacquel

Au quotidien, le PEN est un appareil qui donne envie de faire des photos. Il est léger, réactif et son autofocus apporte une vraie sérénité par rapport aux anciens modèles de la gamme.

OM System PenDes performances vidéo en retrait

En vidéo, le PEN est nettement moins ambitieux. Là où OM System a modernisé l’autofocus et la stabilisation, la fiche technique reste modeste : 4K jusqu’à 30 i/s, en 8 bits, avec un encodage H.264. Pas de 4K 60p, donc, pas de H.265 et surtout pas de 10 bits, alors que ces caractéristiques sont désormais courantes sur de nombreux concurrents.

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Le boîtier propose malgré tout les profils Flat et OM-Log400, ainsi que deux profils OM-Cinema, repris de l’OM-3, pour retoucher davantage l’image en postproduction ou obtenir directement un rendu plus travaillé. La vidéo verticale est prise en charge et une lampe témoin d’enregistrement est intégrée.

ModeRésolutionCadenceDébit / encodage
4K3840 × 216024/25/30pH.264, ~102 Mb/s
C4K4096 × 216024pH.264, ~237/240 Mb/s
Full HD1920 × 108024/25/30pALL-I (~202 Mb/s) ou Long GOP
Full HD1920 × 108050/60pLong GOP
S&QFull HDjusqu’à 120 i/sralenti

En Full HD, le mode S&Q permet donc de monter à 120 i/s pour les ralentis, mais sans autofocus continu ni enregistrement audio.

L’autofocus vidéo m’a paru convaincant dans mes essais, avec des transitions douces et peu d’erreurs, sauf sur fond ultra-contrasté. Quant au rolling shutter, je n’ai pas relevé de déformation visible dans mes séquences, même en secouant l’appareil volontairement.

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La présence d’une prise microphone 3,5 mm, absente des PEN-F et E-P7, est appréciable, mais l’absence de sortie casque rappelle que la vidéo n’est pas la priorité de ce boîtier.

OM System PenAutonomie et recharge

Le PEN inaugure une nouvelle batterie, la BLS-7, de 1 285 mAh. OM System annonce 410 vues selon la norme CIPA, et environ 80 minutes de vidéo.

La recharge se fait en USB-C directement dans le boîtier. Un chargeur externe, le BCS-7, est proposé en option et annonce une charge complète en environ 90 minutes. La batterie de rechange et le chargeur sont vendus 69 euros chacun.

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L’interrupteur en façade permet de passer du mode couleur au noir et blanc // Crédit : Tristan Jacquel

OM System PenPrix et disponibilité

L’OM SYSTEM PEN est proposé à 999 euros nu et à 1 099 euros avec le 14-42 mm F3,5-5,6 III.

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OM System PenLes alternatives

Ses principaux concurrents sont :

  • Olympus OM-D E-M10 Mark IV, que l’on trouve à partir d’environ 579 euros nu. Capteur Micro 4/3 de 20,3 mégapixels d’ancienne génération et IBIS sur cinq axes, mais autofocus à détection de contraste en retrait et écran seulement inclinable. Il reste cependant très compact et représente une alternative nettement moins chère.
  • Nikon Z fc, même look rétro et positionnement proche. Il dispose d’un capteur APS-C de 20,9 mégapixels, sans stabilisation du capteur, avec un autofocus à détection de phase et de la 4K à 30 i/s. Le Nikkor Z DX 16-50 mm VR, équivalent 24-75 mm, permet de constituer un ensemble particulièrement compact et stabilisé.
  • Fujifilm X-T30 III, à partir de 949 euros nu, avec son capteur APS-C de 26,1 mégapixels et le processeur X-Processor 5. Il conserve le look vintage mais propose surtout une partie vidéo beaucoup plus ambitieuse : 6,2K à 30p, 4K 60p et 10 bits 4:2:2. Son kit avec le nouveau XC 13-33 mm OIS démarre officiellement à 1 099 euros.
OM system PEN
Crédit : Tristan Jacquel

Si l’on renonce au look rétro :

  • Panasonic Lumix G97, autour de 700 euros nu, avec un capteur Micro 4/3 de 20,3 mégapixels, IBIS sur cinq axes, V-Log L et 4K 30p. Il est plus massif, mais sa prise en main est excellente et son écran orientable. Il peut être associé au 12-60 mm pour constituer un ensemble très polyvalent.
  • Canon EOS R10, que l’on trouve autour de 800 euros avec le RF-S 18-45 mm IS STM. Son capteur APS-C de 24,2 mégapixels est plus grand et son écran est articulé, mais le boîtier ne possède pas d’IBIS. Le petit 18-45 mm est heureusement stabilisé optiquement.
  • Le Nikon Z50 II partage le même capteur de 20,9 mégapixels que le Z fc, mais son processeur Expeed 7 lui apporte une tout autre ambition en vidéo : 4K 60p, N-Log et 10 bits. C’est l’un des concurrents les plus sérieux pour qui souhaite également filmer.

Enfin, une alternative pour ceux qui n’achèteraient le PEN que pour y associer un petit zoom d’équivalence 24-75 mm : le Panasonic Lumix L10, à 1 499 euros. Son objectif fixe est de bonne qualité et très lumineux (f/1,7 à f/2,8), son capteur (26,5 mégapixels, dont environ 20 réellement utilisés) est encore plus performant (meilleure dynamique) et ses capacités vidéo sont nettement supérieures, avec l’open gate en 5,2K (plein capteur).

Notre avis sur L' OM System PEN

Design
8
Si le look vintage fait toujours son effet et que la légèreté (393 g) est au rendez-vous, le choix du plastique pour la face avant déçoit un peu. Sans être glissante, elle manque du grip moelleux qu'aurait apporté un revêtement en TPU (comme sur le repose-pouce arrière), ce qui nuit légèrement à l'assurance de la prise en main à l'avant. On regrette aussi un commutateur d'alimentation/mode particulièrement ferme.
Logiciel
8
OM System a particulièrement soigné la partie logicielle. Les menus, très riches et complets, permettent de configurer le boîtier dans les moindres détails pour le façonner à sa main. L'intégration des fonctions de photographie computationnelle est une vraie valeur ajoutée : le filtre Live ND est très agréable à utiliser au quotidien, même si sa puissance limitée à ND16 (4 IL) s'avère un peu courte pour créer des filés d'eau parfaitement lisses en pleine journée. Le focus stacking pour la macrophotographie, le live compositing ou le mode exposition multiple sont des fonctions bienvenues sur un appareil d'entrée de gamme.
Écran / affichage
8
L'écran orientable sur rotule apporte un vrai confort pour variabiliser les angles de prise de vue (notamment en cadrage vertical), mais sa luminosité manque un peu de peps sous un soleil direct. Le viseur électronique OLED (2,36 Mpx) prend le relais pour sauver le cadrage, même si son grossissement étroit (0,62x) rappelle des spécifications qui n'ont pas évolué depuis une décennie.
Photo
7
La gestion du bruit numérique constitue la vraie surprise de ce capteur Micro 4/3 de 20 MP : là où le capteur du PEN-F d’il y a dix ans montrait rapidement ses limites, ce nouveau modèle accompli un vrai saut générationnel en restant étonnamment propre jusqu’à 6 400 ISO. L’autofocus à détection de phase se montre très efficace, tandis que la stabilisation 5 axes surprend à main levée. La rafale grimpe jusqu'à 30 i/s (certes sans suivi AF ni exposition vue par vue à cette cadence, mais redoutable en prise sur le vif). Même si la dynamique et la montée en définition restent en deçà de ce qu'offrent l'APS-C ou le plein format, le PEN délivre une très bonne qualité d'image. Pour combler cet écart de format et en tirer tout le potentiel, on aura tout intérêt à délaisser le 14-42 mm de kit au profit de belles focales fixes ou d'un zoom plus ambitieux comme le 12-45 mm f/4 Pro.
Vidéo
6
Sans surprise, la vidéo reste une fonction secondaire qui confirme que le PEN s'adresse avant tout aux photographes. Les caractéristiques restent très sages : 4K 30p max encodée en 8 bits H.264, sans 4K 60p ni 10 bits. Si la prise microphone 3,5 mm permet d'assurer des prises de vue VLOG ou des reportages souvenirs, l'absence de prise casque et le port USB 2.0 pèsent sur l'usage. Par ailleurs, la sortie micro-HDMI se contente d'assurer du monitoring sans permettre de flux vidéo RAW vers un enregistreur externe.
Autonomie
8
Plutôt confortable sur le terrain avec environ 410 vues (norme CIPA) assurées par la nouvelle batterie BLS-7. La possibilité de recharger directement en USB-C s'avère très pratique lors des déplacements.
Note finale du test
7 /10
En s'inspirant de l'iconique PEN-F, le nouvel OM System PEN (2026) réussit son pari principal : réintroduire le plaisir pur de la photographie de rue et de voyage dans un format ultra-compact sous la barre des 1 000 euros. L'intégration du capteur Micro 4/3 de 20,4 Mpx épaulé par un autofocus hybride à détection de phase et une stabilisation 5 axes redonne un coup de jeune indispensable à la gamme. L'accès direct aux profils créatifs via le commutateur dédié est une bonne idée. On apprécie aussi l'écran totalement articulé et la richesse d'un parc optique conçu pour voyager léger. En contrepartie, la construction tout en plastique, une prise en main perfectible, un viseur étroit hérité d'une autre époque et des capacités vidéo trop timides (4K 30p 8 bits) rappellent ses limites. Ce PEN n'est pas un monstre de fiche technique, mais un appareil du quotidien qui donne, tout simplement, envie de faire des photos.

Points positifs de l'OM System PEN

  • Design rétro attrayant et compacité

  • Autofocus hybride à détection de phase

  • Stabilisation mécanique 5 axes très efficace à main levée

  • Écran LCD totalement articulé et EVF

  • Sélecteur COLOR/MONO dédié avec profils créatifs

  • Bruit numérique bien maîtrisé jusqu'à 6 400 ISO

  • Large choix d’objectifs Micro 4/3 (souvent compacts et légers)

  • Prix inférieur à 1000 euros

Points négatifs de l'OM System PEN

  • Face avant en plastique

  • Viseur électronique étroit (0,62x) et écran parfois juste en plein soleil

  • Certification IPX1 très basique : protection limitée aux gouttes tombant à la verticale

  • Vidéo en retrait (4K 30p max, 8 bits, pas de 4K 60p ni de 10 bits)

  • Connectique limitée (USB-C 2.0)

  • Commutateur ON/OFF / Mode un peu ferme

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