On a testé le Sony Alpha 7R VI : la définition reine, la rafale en prime

L'A7R VI ne choisit plus entre définition et vitesse.

66,8 mégapixels sur capteur plein format empilé, processeur BIONZ XR2, rafale à 30 images par seconde en RAW 14 bits : le Sony A7R VI fait parler la poudre. Mais à 5 099 euros, c'est aussi le prix le plus élevé jamais demandé pour un A7R. La facture est salée, mais la promesse est inédite : jamais un boîtier de cette définition n'avait atteint une telle vitesse.
Sony A7R VI
 
Le Sony A7R VI // Source : Tristan Jacquel

Sony lance l’A7R VI, treize ans après le tout premier A7R, l’appareil qui a en quelque sorte inventé le plein format hybride très haute résolution. La filiation est évidente : monture E, même philosophie, même place entre l’A7 généraliste et l’A1 II au sommet. Sauf que la rupture est ailleurs.

Il faut se rappeler ce qu’était l’A7R V. Sorti fin 2022, il reprenait l’essentiel du capteur de l’A7R IV de 2019, avec un autofocus plus moderne. Un excellent appareil à images. Mais un appareil lent : obturateur électronique bloqué à 10 images par seconde, rolling shutter rédhibitoire sur tout sujet en mouvement, rafale RAW bridée en 12 bits. L’A7R VI change la donne. Son capteur empilé, une première pour la gamme R, réunit ce que Sony vendait jusqu’ici dans deux boîtiers distincts : la définition et la réactivité.

Ce n’est plus la définition pour la définition. C’est la définition sans aucune concession sur la vitesse.

A7R VIA7R VCanon R5 Mark IINikon Z8Lumix S1R II
Capteur66,8 MP empilé61 MP BSI45 MP empilé45,7 MP empilé44 MP BSI
Cadence max (Méca / Élec)10 / 30 i/s10 / 10 i/s12 / 30 i/s– / 20 i/s10 / 40 i/s
IBIS8,5 IL8 IL8 IL6 IL8 IL
Vidéo max8K 30p8K 24p8K 60p (RAW)8K 30p (RAW)8K 30p (ProRes)
EVF9,44 MP / 120 Hz9,44 MP / 120 Hz5,76 MP / 120 Hz3,68 MP / 120 Hz5,7 MP / 120 Hz
Poids (avec batterie)713 g723 g~746 g~910 g~795 g
Prix indicatif5 099 €~3 800 €~4 300 €~3 000 €~3 000 €

Sony Alpha 7R VISpécifications techniques

Modèle Sony Alpha 7R VI
Type d’appareil Hybride
Format du capteur Full Frame
Résolution capteur 72,6 Mpx
Stabilisateur d’image Mécanique
Définition enregistrement vidéo 8K @ 30 fps
AF-S 30 FPS
Écran orientable Oui
Poids 622 g
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec un appareil prêté par Sony.

Sony Alpha 7R VIUn design simple et efficace

L’A7R VI mesure 132,7 x 96,9 x 82,9 mm. Il pèse 622 g nu, 713 g avec batterie et carte. C’est dix grammes de moins que l’A7R V équipé (723 g). Le châssis est en alliage de magnésium, avec des joints d’étanchéité sur toutes les ouvertures. Sony ne parle pas officiellement de tropicalisation, mais la résistance aux projections et à la poussière semble celle d’un boîtier professionnel.

La prise en main reprend les codes de la gamme A7 moderne : grip avant prononcé, molettes avant et arrière, joystick AF, boutons personnalisables C1 à C5. Le grip a été légèrement redessiné. Plus profond, plus charnu que celui de l’A7R V, il rassure mieux avec les optiques lourdes. La prise en main est très sécurisante et j’ai marché des kilomètres sans craindre que l’appareil n’échappe à mes doigts.

Les boutons sont désormais rétroéclairés, avec une touche dédiée pour activer l’éclairage. De nuit, c’est le genre de détail qui compte.

Sony A7R VI

Deux nouveautés méritent qu’on s’y arrête. Une lampe tally en façade d’abord, soit un témoin lumineux que l’appareil film, utile pour les tournages. Une batterie inédite ensuite, la NP-SA100 remplace la NP-FZ100 en service depuis le premier Sony A9. La capacité est en hausse (on y reviendra), le format légèrement différent, et de fait compatibilité avec l’ancien grip vertical optionnel VG-C5M2 n’est pas garantie.

La connectique est généreuse. Deux ports USB-C, un USB 3.2 Gen 2 à 10 Gbit/s et un USB 2.0. S’ajoutent une prise HDMI Type A pleine taille, deux jacks 3,5 mm séparés pour le micro et le casque, et une synchro-flash. Le double slot accueille une carte CFexpress Type A et une SD UHS-II. Ce double format reste le bon compromis entre vitesse et accessibilité, même si le prix des cartes CFexpress Type A demeure significatif.

Le refroidissement repose sur une chambre graphite en forme de sigma, entièrement passive. Sony annonce 120 minutes d’enregistrement en 8K. Une promesse ambitieuse, qu’il faudra vérifier dans la durée et par temps chaud.

Les menus reprennent l’interface des boîtiers Sony récents, avec des onglets colorés et une organisation plus logique qu’avant. La personnalisation est très poussée. Il faut du temps pour maîtriser toutes les couches de paramétrage. C’est le propre des appareils Sony, et ça n’a pas changé.

Sony Alpha 7R VIUne visée plaisir

Le viseur OLED conserve ses 9,44 millions de points et son rafraîchissement de 120 Hz, un niveau qui reste la référence du marché. La dalle, elle, change vraiment : gamut DCI-P3, affichage 10 bits, luminance jusqu’à trois fois supérieure à celle de l’A7R V. Dès qu’on plonge dedans, l’immersion est spectaculaire, avec un grossissement de 0,90x qui permet de scruter les détails de l’image. C’est simple, la visée donne envie de déclencher immédiatement.

Dommage qu’un EVF de cette qualité ne soit pas présent sur davantage d’appareils, car 9,44 MP, ça change tout.

L’écran reprend la dalle orientable multi-axiale introduite sur l’A7R V. Il bascule vers le haut et vers le bas, pivote latéralement pour le cadrage en portrait, se retourne face au photographe pour les autoportraits ou le vlogging. Cette solution reste l’une des meilleures du marché.

Sony Alpha 7R VIUn nouveau capteur, forcément

C’est là que tout change. Le capteur BSI-CMOS 61 Mp de l’A7R V n’était pas empilé. Sa lecture prenait environ 100 millisecondes en obturateur électronique, ce qui déformait tout sujet en mouvement. L’Exmor RS empilé de 66,8 Mp de l’A7R VI se lit infiniment plus vite, et, on le verra plus loin en vidéo, le rolling shutter est quasi nul.

Sony A7R VI
300 mm f/2.8 // Source : Geoffroy Husson

La dynamique annoncée passe à 16 IL, contre 15 IL sur l’A7R V. C’est l’écart le plus significatif entre deux générations depuis longtemps, et il se vérifie sur les fichiers : les ombres remontent de deux à trois stops supplémentaires en RAW sans dérive de couleur visible. Les hautes lumières restent tolérantes tant que l’exposition n’a pas été massivement ratée.

Ce nouveau capteur est bien évidemment stabilisé, avec une compensation de mouvements qui peut atteindre 8,5 IL au centre contre 8 IL avec l’IBIS de l’A7R V.

Pour aller plus loin
Tout comprendre des capteurs de vos appareils photo et smartphones

Sony introduit également un mode HDR dynamique inspiré du DR Boost de Panasonic. Les deux canaux de sortie du capteur sont combinés pour doubler la dynamique disponible. La contrepartie est claire : cadences réduites et temps de lecture doublé. C’est un outil de studio ou de paysage contrôlé, pas un mode tous terrains.

Sony A7R VI
300 mm f/2.8 // Source : Geoffroy Husson

La sensibilité s’étend de 100 à 32 000 ISO, extensible de 50 à 102 400 ISO. En pratique, ISO 6 400 donne des images très propres. À ISO 12 800, le bruit prend la forme d’un grain fin, qui ne détruit pas les détails. On peut pousser jusqu’à 25 600 ISO en acceptant une perte de finesse perceptible, jamais catastrophique. Les images ci-dessous sont issues des RAW développés avec Lightroom, sans aucune réduction de bruit chromatique.

Une meilleure compression RAW

Sony a introduit une méthode de compression plus efficace pour les fichiers RAW, avec le mode Lossless Compressed HQ. On passe de 80 à 90 Mo pour un RAW compressé classique, à 40 à 50 Mo en HQ.

Le RAW composite est également une nouvelle fonction du Sony A7R VI, qui permet de capturer une série d’images RAW (généralement entre 4 et 16 vues, selon le réglage choisi) avec un très léger décalage du capteur entre chaque prise. Ces fichiers bruts sont ensuite assemblés dans le logiciel Imaging Edge Desktop de Sony sur votre ordinateur.

Sony A7R VI

L’idée est simple : combiner plusieurs expositions du même sujet pour obtenir un seul fichier RAW (que Sony appelle un « RAW composite ») qui bénéficie de deux améliorations majeures :

  • Une réduction drastique du bruit : en superposant plusieurs prises quasi identiques, le logiciel fait une moyenne qui élimine le bruit aléatoire. Résultat : un fichier beaucoup plus propre, y compris à très hautes sensibilités, sans perte de détail.
  • Une dynamique étendue : le décalage du capteur permet aussi d’acquérir plus d’informations dans les ombres et les hautes lumières, un peu comme un HDR. Le fichier composite peut ainsi atteindre une plage dynamique encore plus large que ce que le capteur peut produire en une seule pose.

Concrètement, c’est un mode de prise de vue pensé pour le studio, le paysage posé ou la reproduction d’œuvres d’art : tout ce qui ne bouge pas et où la qualité d’image prime avant tout.

Sony A7R VI
50 mm f/1,4 à f/2,8 // Source : Tristan Jacquel

Une cadence photo en nette hausse

C’est le point technique le plus important de cette génération. L’A7R VI est le premier boîtier à offrir du 30 i/s en RAW 14 bits sur un capteur de cette définition. Notons cependant que cette cadence n’est proposée que sur les objectifs Sony compatibles.

Voici les performances selon l’obturateur et le format d’enregistrement choisis.

ObturateurCadence maxProfondeur RAWBuffer indicatif (Lossless / HQ)
Mécanique10 i/s14 bits~130 images / ~220 images
Électronique30 i/s14 bits~70 images / ~75 images
Pré-capture (électronique)Jusqu’à 30 i/s14 bits15 images avant déclenchement (Lossless)

Pour la mise en perspective : l’A7R V plafonnait à 10 i/s en 12 bits à l’obturateur électronique. Ici, on triple la cadence tout en passant en 14 bits, et sans blackout (coupure d’image) dans le viseur. Le buffer en RAW lossless compressé permet de tenir environ 2,3 secondes de rafale à pleine vitesse en électronique, ce qui est suffisant pour la plupart des scènes d’action. La pré-capture peut enregistrer en continu dès la mi-course du déclencheur, ce qui évite de rater le départ d’un mouvement.

Le meilleur autofocus du marché a encore progressé

Le système AF hybride compte 759 points à détection de phase couvrant 94 % du capteur, contre 693 points et 86 % sur l’A7R V. Les calculs AF/AE atteignent 60 par seconde. Il n’y a que le Sony A1 II pour faire mieux avec 120 par seconde, et encore seulement avec certains objectifs Sony compatibles. En pratique, la différence ne se ressent pas dans la grande majorité des situations : à 30 i/s, cela laisse deux calculs par image, et il faudrait un sujet extrêmement rapide et erratique pour que ce soit insuffisant.

Sony A7RVI
300 mm f/2.8 // Source : Geoffroy Husson

La reconnaissance des sujets par IA couvre les humains (corps, visage, œil, pose), les animaux, les oiseaux, les insectes, les véhicules et les avions. Une option de détection automatique laisse l’appareil analyser la scène et choisir seul le type de sujet.

L’AF en basse lumière descend à -6 EV en fonctionnement standard, et jusqu’à -11 EV avec la fonction Bright Monitoring activée.

La fonction Bright Monitoring est un mode d’aide à la mise au point que Sony a introduit sur certains boîtiers récents. Concrètement, quand vous l’activez, l’appareil augmente artificiellement le gain du capteur pendant quelques secondes, ce qui a pour effet de considérablement éclaircir l’image affichée dans le viseur ou sur l’écran.

Sony A7R VI

L’astuce, c’est que cette montée en luminosité est temporaire et ne s’applique qu’à la visée, pas à la photo finale. L’appareil ne garde pas cette exposition pour la prise de vue. Mais, pendant ce laps de temps, le système autofocus voit la scène comme si elle était beaucoup plus lumineuse qu’elle ne l’est réellement, ce qui lui permet d’accrocher le sujet dans des conditions de noir quasi total. Une fois le point fait, l’image redevient sombre et vous pouvez déclencher normalement.

C’est grâce à ce mode que l’A7R VI peut descendre jusqu’à -11 EV, là où l’A1 II et la plupart des autres boîtiers professionnels plafonnent bien avant. L’AF se comporte alors comme si la scène était plus de 30 fois plus lumineuse qu’en réalité.

Un raffinement d’ergonomie au passage : en AF, une rotation de la bague de mise au point bascule temporairement en manuel, pour affiner le point ou le déplacer sur un autre sujet. Sans menu, sans bouton.

Sony A7R VI

La pré-capture enregistre jusqu’à 15 images avant le déclenchement, tant que le doigt reste à mi-course sur le déclencheur. En animalier et en sport, c’est une sécurité réelle pour ne pas rater le moment décisif. Le bracketing de mise au point, lui, enchaîne jusqu’à 299 vues à incréments réglables, à assembler en post-production pour étendre la profondeur de champ. Les amateurs de macro et de paysage apprécieront.

Sony Alpha 7R VISur le terrain

Trois semaines de test avec deux objectifs aux antipodes l’un de l’autre : le Sony FE 50 mm f/1,4 GM et le nouveau FE 100-400 mm f/4,5 GM OSS.

Ces deux optiques G Master exploitent sans mal les 66 MP et l’on peut recadrer sans perte de précision. Pour ça, le nouveau capteur est diabolique.

Sony A7R VI
50 mm f/1,4 GM à f/5,6 // Source : Tristan Jacquel

À l’usage, le Sony A7R VI est un régal. Le bruit de l’obturateur notamment est un clac franc et onctueux à la fois, à se demander si Sony n’en a pas travaillé l’acoustique.

La visée, je l’ai dit plus haut, est une expérience visuelle dont on redemande et il n’y a guère que pour des cadrages complexes ou pour la vidéo que j’ai dû recourir à l’écran.

L’ergonomie est bien pensée, même pour qui débuterait chez Sony, on trouve rapidement des automatismes.

Sony A7R VI
Le Sony A7R VI et le 100-400 mm f/4,5 GM // Source : Tristan Jacquel

En somme, l’A7R VI est un boîtier rassurant, qui répond au doigt et à l’œil, avec un autofocus très difficile à prendre en défaut.

Des couleurs naturelles

La balance des blancs automatique est parfaitement fiable dans des conditions variées. Elle s’appuie désormais sur la reconnaissance de scène par IA, et le rendu y gagne : les couleurs sortent plus neutres.

Sony A7R VI
Le Sony A7R VI et le 50 mm f/1,4 G Master

66,8 mégapixels sur un capteur empilé, c’est à la fois une promesse et une contrainte. La promesse : des fichiers de près de 10 000 pixels de large, et des tirages grand format d’une finesse que peu d’appareils peuvent égaler. On peut recadrer sévèrement et conserver de quoi sortir une image propre de n’importe quel cliché.

La contrainte : le flux de données est conséquent. Une session de 500 images en RAW lossless compressé, c’est environ 40 Go. À 30 i/s, le buffer de 70 images se remplit en 2,3 secondes, et ensuite on attend. Il faut des cartes rapides, CFexpress Type A recommandée pour les cadences élevées, et des habitudes de stockage adaptées. Ce n’est pas un appareil pour les photographes qui ne veulent pas penser à leur infrastructure numérique.

Le profil noir et blanc, appliqué en JPEG ou travaillé en post depuis le RAW, donne des résultats séduisants. La dynamique étendue à 16 IL se ressent particulièrement dans les tons intermédiaires : les zones de transition entre lumière et ombre sont rendues avec une gradation que les capteurs 14 IL ne reproduisent pas tout à fait.

Sony A7R VI

Sony Alpha 7R VIVidéo 8K30p… mais avec recadrage

En vidéo, l’A7R VI ne se contente pas de corriger le principal défaut de l’A7R V : il transforme radicalement l’expérience. Là où l’A7R V souffrait d’un rolling shutter important, l’A7R VI l’abaisse à un niveau imperceptible, suffisamment pour filmer à main levée sans déformation gênante. Il passe de la 8K 24p à la 8K 30p (toujours avec un recadrage x1,2), et introduit surtout un mode vidéo 4K 120p sans aucun recadrage, une première pour la gamme R.

Le rolling shutter est objectivement faible.

L’autofocus vidéo gagne en fluidité et en stabilité grâce au suivi IA, tandis qu’un nouveau mode DR dynamique améliore la gestion des hauts contrastes. Le refroidissement passif permet désormais 120 minutes d’enregistrement en 8K, contre des sessions plus limitées sur l’A7R V. Seule vraie constante : il faut toujours passer par un enregistreur externe pour obtenir du RAW vidéo.

RésolutionFréquencesChromaCouverture capteurDébit maxNotes
8K (8 192 x 5 456)24/25/30p4:2:2 10 bitsCrop x1,2 (suréch. 8,2K)520 MbpsRolling shutter réduit
4K UHD24/25/30/60p4:2:2 10 bitsPlein formatn.c.Suréch. depuis 5K
4K UHD120p4:2:2 10 bitsPlein format200 MbpsMode slow motion
Full HDjusqu’à 120p4:2:2 10 bitsn.c.n.c.

L’absence de RAW vidéo interne reste le point d’accroche principal face au Canon R5 Mark II et au Nikon Z8, qui proposent tous deux un flux RAW sur carte mémoire jusqu’en 8K. Sony permet en revanche la sortie RAW vers un enregistreur externe via HDMI. Un compromis acceptable pour les professionnels équipés, moins pratique pour les tournages légers.

Le S-Log3 et le S-Cinetone couvrent l’essentiel des besoins en étalonnage. Le nouveau mode DR dynamique, utilisable en vidéo à cadences réduites, peut intéresser les documentaristes confrontés à des contrastes extrêmes. L’audio passe au 32 bits flottant avec le handle XLR-A4. Pour les tournages sans preneur de son dédié, c’est une avancée concrète.

L’autofocus suit sans problème le sujet automatiquement.

L’autofocus en vidéo bénéficie de la même intelligence qu’en photo, avec des transitions douces entre sujets et une stabilité de suivi convaincante. C’est sensiblement au-dessus de l’A7R V.

Sony Alpha 7R VIUne nouvelle batterie plus endurante

La batterie NP-SA100 remplace la NP-FZ100 en service depuis le premier A9 en 2017. Capacité en hausse, format légèrement différent, elle accepte la charge rapide et son état de santé se consulte depuis le boîtier ou le chargeur. Sony annonce 600 vues au viseur et 710 vues à l’écran en norme CIPA, contre environ 530 pour l’A7R V.

Pour les sessions intensives à haute cadence et de la vidéo, beaucoup plus gourmandes, une batterie supplémentaire reste nécessaire.

Sony A7R VI

En vidéo, Sony annonce 215 minutes d’enregistrement continu. À vérifier en conditions réelles de chaleur, mais le chiffre suggère que le refroidissement passif fait correctement son travail.

La charge passe par l’un ou l’autre des ports USB-C, avec Power Delivery et l’A7R VI fonctionne pendant la charge.

Sony Alpha 7R VILa barre des 5000 euros franchie

L’A7R VI est proposé à 5 099 euros. C’est le prix le plus élevé jamais demandé pour un boîtier de la gamme R, au-dessus du Canon EOS R5 Mark II et du Nikon Z8. Il faut donc regarder la concurrence en face.

Canon EOS R5 Mark II (4 300 euros). 45 mégapixels empilés, 30 i/s électronique en 14 bits, et surtout du 8K RAW interne non cropé, ce que le Sony ne propose pas. L’autofocus Canon est excellent, reconnu pour sa fluidité en vidéo. Moins de définition que le Sony, mais un workflow vidéo plus complet sans équipement additionnel.

Nikon Z8 (3000 euros actuellement). 45,7 mégapixels empilés, 8K RAW interne, et un prix sensiblement inférieur. L’autofocus a progressé au fil des mises à jour firmware. La cadence est limitée à 20 i/s électronique, en retrait du Sony. L’ergonomie, mûre, est appréciée des utilisateurs Nikon.

Panasonic Lumix S1R II (3 500 euros). 44 mégapixels, RAW vidéo interne ProRes HQ, l’une des meilleures stabilisations du marché. L’autofocus reste le point faible de la marque face à Sony, il a énormément progressé, mais ne joue pas encore dans la même cour sur les sujets rapides.

Sony A7R VI

L’A7R VI n’est donc pas seul au monde. Son avantage distinctif repose sur sa très haute résolution, 66,8 MP, et son autofocus de compétition. C’est la seule combinaison du marché qui offre ce niveau de définition avec cette vitesse de lecture. Pour qui a vraiment besoin des deux, il n’y a pas d’alternative directe. Ajoutez à cela un parc d’optiques maison de qualité exceptionnelle, ainsi que de nombreuses optiques tierces de qualité, et ce Sony A7R VI n’a guère que des atouts.

Notre avis sur Le Sony A7R VI

Design
8
L’A7R VI peaufine une formule éprouvée sans la bouleverser. Le grip redessiné, plus profond et plus enveloppant, sécurise bien mieux les optiques lourdes sans alourdir l’ensemble (713 g avec batterie). Le châssis magnésium respire la solidité et la résistance aux projections est bienvenue. On apprécie les boutons rétroéclairés et la double connectique USB-C qui autorise charge et enregistrement simultanés. Le double slot CFexpress Type A / SD UHS-II reste un bon compromis. Seul bémol : la nouvelle batterie NP-SA100 impose de faire une croix sur les anciens grips verticaux.
Écran / affichage
10
Le viseur 9,44 millions de points reste le meilleur du marché, et il gagne ici une luminosité triplée et un gamut DCI-P3. L’expérience de visée est immersive, avec un 0,90x qui donne envie de déclencher. L’écran orientable multi-axial de 2,1 millions de points, hérité de l’A7 V, fait preuve d’une polyvalence exemplaire : inclinable, pivotant, retournable. Aucun autre système n’offre cette souplesse.
Performances
9
Avec son capteur Exmor RS empilé de 66,8 Mpx, l’A7R VI enterre la lenteur qui collait à la gamme R. Le rolling shutter fond d’un facteur 5,6, la rafale grimpe à 30 i/s en RAW 14 bits sans blackout, et le buffer tient la cadence pour la plupart des scènes d’action. La dynamique passe à 16 IL, ce qui se traduit par des ombres nettement plus malléables et des hautes lumières tolérantes. L’autofocus à 759 points couvre 94 % de l’image et accroche jusqu’à -11 EV, mieux qu’un A1 II en basse lumière. Résultat : on obtient la réactivité d’un boîtier d’action sans rien sacrifier à la définition. C’est exactement ce qu’on attendait d’un A7R nouvelle génération.
Photo
10
Les fichiers sortis de l’A7R VI sont à la hauteur de la fiche technique. Avec 66,8 MP, la finesse est chirurgicale et le recadrage devient un vrai outil créatif : on peut couper sévèrement dans l’image tout en gardant de quoi imprimer en grand. La montée en ISO est bien maîtrisée jusqu’à 12 800 ISO, avec un grain fin qui préserve les textures. La nouvelle compression RAW Lossless HQ divise quasiment par deux le poids des fichiers sans perte, ce qui soulage les cartes et les disques durs, mais le flux de données reste massif : il faut une infrastructure de stockage solide. Les JPEG sont directement exploitables grâce à une balance des blancs IA plus juste, et le profil noir et blanc séduit par sa gradation riche. Bref, le boîtier délivre une qualité d’image sans compromis, à condition d’accepter de gérer des fichiers très lourds.

Vidéo
8
L’A7R VI rattrape presque tout le retard de la gamme R en vidéo. Le rolling shutter fond, ce qui change la donne en 8K/30p : on peut filmer à main levée sans déformation gênante en cas de bougé. Reste un recadrage en 8K se 1,2x, que la concurrence a su éviter, certes avec une résolution moindre. L'essentiel est là : la 4K jusqu'à 120p est sans crop. L’autofocus vidéo est fluide et mordant, et le refroidissement passif tient la distance (120 minutes d’enregistrement 8K annoncées). Seul bémol : il faut toujours passer par un enregistreur externe pour accéder au RAW vidéo. Le Canon R5 Mark II et le Nikon Z8 le font en interne.
Autonomie
10
La nouvelle batterie NP-SA100 fait mieux que la NP-FZ100 sur tous les fronts. Sony annonce 600 vues au viseur et 710 vues sur l’écran en norme CIPA, contre environ 530 pour l’A7R V. En usage réel, on dépasse allègrement le millier d’images sur une journée de shooting sans que la jauge vacille. La recharge USB-C Power Delivery permet d’alimenter l’appareil en continu, et le suivi de l’état de santé de la batterie aide à planifier les remplacements. Une batterie de rechange reste indispensable pour les sessions intensives mêlant rafales et vidéo, mais l’endurance est excellente.
Note finale du test
9 /10
Le Sony A7R VI est ce que l'A7R V aurait dû être. Il corrige le défaut structurel de toute la gamme R, la lenteur à l'obturateur électronique et le rolling shutter pénalisant, sans rien sacrifier sur la définition et la dynamique. 30 i/s en 14 bits sur un capteur de 66,8 mégapixels, cette combinaison n'existait nulle part avant ce boîtier.

Il ne faut pas le prendre pour ce qu'il n'est pas : un A1 II à prix réduit. En le poussant dans ses derniers retranchements, on sent les limites. Le rolling shutter résiduel à pleine cadence reste au-dessus de celui de l'A1 II. Le RAW vidéo interne manque. La nouvelle batterie rompt la compatibilité avec les grips de l'ancienne génération. Et le prix est le plus haut jamais demandé pour un A7R.

Mais pour un photographe qui travaille en haute définition et qui devait jusqu'ici choisir entre ses fichiers et sa réactivité, l'A7R VI est une réponse solide. Le 50 mm f/1,4 GM en révèle les qualités optiques. Le 100-400 mm f/4,5 GM en démontre les capacités sportives et animalières. Dans les deux cas, les fichiers sont remarquables.

Il ne révolutionne pas la photographie. Il révolutionne ce que la haute résolution peut faire.

Points positifs du Sony A7R VI

  • Capteur Exmor RS empilé 66,8 Mp, combinaison résolution/vitesse inédite

  • Cadence max de 30 i/s électronique en RAW 14 bits, sans blackout

  • Autofocus AF hybride 759 points sur 94 % du capteur

  • Reconnaissance IA tous sujets (humains, animaux, insectes, véhicules, avions) et balance des blancs par IA

  • Plage dynamique de 16 IL

  • Très faible rolling shutter

  • Stabilisation du capteur de 8,5 IL

  • Viseur OLED 9,44 Mp avec gamut DCI-P3, 10 bits

  • Double slot CFexpress Type A / SD UHS-II

  • Nouvelle batterie NP-SA100

  • Vidéo 8K/30p, 4K/120p, audio 32 bits

  • Boutons rétroéclairés

Points négatifs du Sony A7R VI

  • Prix élevé (5 099 euros), le plus haut jamais demandé pour un boîtier A7R

  • Crop x1,2 en 8K

  • Pas de RAW vidéo interne

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