
Elon Musk, ce génie solitaire qui aurait bâti des empires à la seule force de son poignet et de son compte X. C’est une belle histoire pour les biographes, mais la réalité est beaucoup plus pragmatique, pour ne pas dire comptable. Emmanuel Macron a profité d’un déplacement à Anvers ce 11 février 2026 pour remettre les pendules à l’heure.
Le président français a qualifié le patron de Tesla de « gars sursubventionné » par les agences fédérales américaines. Derrière la pique, il y a une vérité statistique que la Silicon Valley tente souvent d’invisibiliser. Elon Musk n’est pas qu’un visionnaire, c’est aussi le champion du monde de la capture de fonds publics.
Emmanuel Macron a-t-il raison de briser le mythe ? Si l’on regarde froidement les chiffres, la réponse est un grand oui.
Les chiffres d’un empire bâti sur le dollar public
Sur les vingt dernières années, Tesla et SpaceX ont aspiré au bas mot 38 milliards de dollars d’aides diverses. C’est une somme vertigineuse qui ne vient pas de capital-risqueurs, mais bien des caisses de l’État américain. La NASA et le département de la Défense ont injecté 22,6 milliards de dollars dans SpaceX via des contrats qui ont littéralement sauvé la boîte au moment où elle ne savait plus faire décoller une fusée.
Du côté de Tesla, on parle de 15,7 milliards de dollars. Entre les prêts à taux préférentiels du département de l’Énergie, les crédits d’impôt pour les véhicules électriques et les aides locales pour les Gigafactories, l’oncle Sam a été le meilleur business angel de Musk. Sans ce filet de sécurité permanent, Tesla se serait probablement revendu lors de la crise de 2008 ou pendant la « production hell » de la Model 3.
Elon Musk, fidèle à lui-même, a déjà dégainé sa réponse sur son réseau social. Selon lui, ces aides ne représenteraient que 1 % de la valeur actuelle de ses entreprises. C’est un argument de communicant. La question n’est pas de savoir ce que ces aides pèsent aujourd’hui, mais ce qu’elles représentaient quand il n’avait pas d’argent en poche. Recevoir un milliard quand on est au bord de la faillite, ça vaut bien plus que 1 % de son futur succès.
Il faut aussi noter que Elon Musk pointe du doigt les subventions européennes accordées à ses concurrents. C’est un jeu de miroir assez ironique. Les États-Unis, sous l’impulsion de Joe Biden et de son Inflation Reduction Act, ont pourtant créé un modèle de subvention massif que même les pays les plus interventionnistes d’Europe n’auraient pas osé imaginer.
Quel est le but d’Emmanuel Macron ?
Maintenant, quel est le but d’Emmanuel Macron ? Ce n’est pas une simple attaque personnelle contre Elon Musk. C’est un cri d’alarme qu’il multiplie en ce moment.
Le président français constate que pendant que nous débattons des règles de concurrence et du déficit budgétaire, les États-Unis et la Chine inondent leurs entreprises technologiques de cash public. Pour Emmanuel Macron, si l’Europe veut rester dans la course spatiale ou celle de l’IA, elle doit arrêter d’avoir peur du mot « subvention ».
Le problème est là. En Europe, on a tendance à voir l’aide publique comme une béquille pour entreprises mourantes. Aux États-Unis, c’est un carburant pour fusées. Emmanuel Macron veut que l’on passe d’une Europe régulatrice à une Europe investisseuse.
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