Le FSD de Tesla s’étend en Europe à 99 €/mois… mais la France reste sur la touche

Estonie ouvre, France attend

 
Tesla a confirmé le déploiement du Full Self-Driving (Supervised) en Estonie, troisième pays européen à l’autoriser après les Pays-Bas et la Lituanie. Toujours 99 €/mois, toujours la même astuce légale, et toujours ni la France ni l’Allemagne au tableau.
Tesla FSD en Estonie

Tesla Europe l’a confirmé sur X : le Full Self-Driving (Supervised), dénommé Conduite automatique (Supervisé) en français, est désormais déployé en Estonie.

Trois pays européens en sept semaines, à comparer aux cinq années pendant lesquelles le logiciel tourne déjà en Amérique du Nord. La géographie de l’expansion reste étonnante : un petit pays balte de 1,3 million d’habitants après la Lituanie, et toujours ni la France ni l’Allemagne au tableau. L’arrivée aux Pays-Bas en avril a manifestement créé un précédent que les petits États accommodants exploitent plus vite que les gros marchés.

L’Estonian Transport Administration n’a pas refait sa propre série de tests. Elle a appliqué le mécanisme de reconnaissance mutuelle prévu par le règlement européen 2018/858, qui permet à un État membre de reconnaître l’homologation accordée par un autre.

Concrètement, Tallinn s’appuie sur la décision du néerlandais RDW d’avril, accordée après 18 mois d’évaluation, 1,6 million de kilomètres parcourus sur routes européennes et plus de 4 500 scénarios sur circuit fermé.

L’Estonie a aussi un atout particulier : elle laisse circuler des véhicules autonomes et téléopérés sur ses routes depuis 2017. Le FSD y reste un système d’assistance de niveau 2, soit : mains prêtes à reprendre le volant, regard surveillé par caméra, arrêt automatique si le conducteur décroche.

Un déploiement à la carte, pas à l’échelle européenne

La stratégie Tesla est simple : avancer pays par pays via la reconnaissance mutuelle plutôt que d’attendre l’homologation européenne en bloc.

Pour ce vote groupé au sein du Comité technique pour véhicules à moteur (TCMV), il faut 55 % des États membres représentant 65 % de la population de l’UE, et les prochaines réunions sont prévues en juillet et octobre 2026.

En face, ça coince déjà : selon des courriels de régulateurs européens obtenus par Reuters, la Suède, la Finlande, le Danemark et la Norvège ont remonté leurs doutes sur les dépassements de limites de vitesse autorisés par le système et son comportement sur route verglacée.

Bref, l’homologation européenne s’annonce plus complexe que prévu. Côté facture, le tarif ne bouge pas : 99 € par mois en abonnement, 49 € pour ceux qui avaient déjà payé l’Enhanced Autopilot. L’achat unique à 7 500 € a été retiré du catalogue européen de tous les pays (ayant le FSD ou non) en mai 2026.

PaysDateVoie d’approbation
Pays-Bas10 avril 2026Homologation RDW (UN R-171)
Lituanie20 mai 2026Reconnaissance mutuelle
Estonie29 mai 2026Reconnaissance mutuelle

Tesla rentabilise son homologation néerlandaise par effet domino, mais l’expansion suit pour l’instant la carte des petits États accommodants, pas celle des gros marchés où la marque vend vraiment.

Pour les conducteurs français ou allemands qui ont déjà payé le FSD sans pouvoir lâcher le volant (y compris les propriétaires de Tesla de 2019 à 2023 compatibles), le verdict se jouera dans les votes TCMV de l’automne, ou par un effet domino précipité par deux ou trois voisins supplémentaires. On glisse donc du terrain technique au terrain des décisions politiques.


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