Ni la France, ni l’Allemagne : Tesla déploie sa conduite autonome FSD dans ce pays européen inattendu

Effet domino, version lente

 
Tesla a confirmé le déploiement du Full Self-Driving Supervised en Lituanie, deuxième pays européen à l’autoriser après les Pays-Bas. Une bonne nouvelle pour les fans de la marque, qui révèle surtout à quel point l’Europe avance en ordre dispersé sur la conduite quasi-autonome.
Capture d’écran de notre vidéo du test du FSD à Paris

L’annonce est tombée sur le compte X de Tesla Europe, sobre, presque expéditive : « le FSD Supervisé arrive sur les Tesla en Lituanie ».

L’administration lituanienne en charge de la sécurité des transports a entériné le 18 mai la décision néerlandaise du 10 avril, via le mécanisme de reconnaissance mutuelle prévu par le droit européen. Concrètement : Vilnius n’a pas refait l’évaluation, il a accepté celle déjà validée par le RDW des Pays-Bas. Cinq semaines pour basculer d’un pays à l’autre. Le précédent existe donc, et il fonctionne.

Le FSD Supervised (Conduite automatique supervisée en français), c’est l’assistance de conduite la plus avancée de Tesla : la voiture gère seule la direction, l’accélération et le freinage, en ville comme sur autoroute, mais le conducteur doit pouvoir reprendre le volant à tout moment, garder les yeux sur la route, et conserve la responsabilité légale en cas de pépin.

Classification officielle : niveau 2 sous le règlement UN R-171, pas du tout de l’autonomie complète malgré le nom marketing. Côté tarif, l’Europe paie 99 euros par mois, en abonnement uniquement désormais (l’achat à vie a disparu du catalogue, et ce n’est pas un détail pour les propriétaires qui avaient pris l’habitude de capitaliser le logiciel).

Côté matériel, sont éligibles les Tesla équipées des calculateurs Hardware 4 (AI4) ; les plus anciennes, en Hardware 3 (avant 2023), devront patienter pour une version « Lite » du logiciel.

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Le précédent néerlandais, et l’effet domino qui se fait attendre

Aux Pays-Bas, le RDW a accordé le 10 avril la première approbation européenne du FSD, sous l’article 39 du règlement 2018/858. Ce texte autorise un État membre à valider seul une technologie qui ne rentre pas dans les cases existantes, à charge pour les autres de reconnaître la décision s’ils le souhaitent. La Lituanie a sauté le pas.

Selon Teslarati, l’Irlande discute activement avec son agence nationale des normes (NSAI) depuis le 10 mai, et la Belgique est annoncée comme le prochain « fast follower », avec un déploiement attendu d’ici fin mai 2026. Pour le reste : silence radio côté Allemagne, France et Italie, alors même qu’elles sont identifiées par Tesla comme les marchés cibles prioritaires.

Et le Nord de l’Europe traîne franchement les pieds. Nous avions relayé une enquête de Reuters basée sur des e-mails de régulateurs : l’agence suédoise des transports reproche au FSD de laisser le véhicule dépasser la limite de vitesse ; son homologue finlandais, s’interroge sur le comportement du système sur une route verglacée à 80 km/h ; les Norvégiens, eux, veulent une revue spécifique des conditions nordiques, sur le modèle de ce qui avait été imposé au BlueCruise de Ford.

Bref, l’argument « c’est validé aux Pays-Bas, donc c’est bon pour tout le monde » ne prend pas pour ces régulateurs.

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Pas de consensus européen avant longtemps

Sur le papier, le mécanisme de reconnaissance mutuelle pourrait débloquer la France rapidement : une signature, et le FSD se déploie via une mise à jour OTA sur les Tesla compatibles. En pratique, Paris n’a rien signalé, et l’harmonisation complète à l’échelle de l’Union se joue ailleurs.

Pour un vote favorable au sein du comité technique européen, il faut le soutien de représentants couvrant 55 % des États membres et 65 % de la population. Les prochaines réunions du comité sont calées sur juillet et octobre. Autant dire que la grande bascule continentale annoncée par Tesla Europe pour « l’été 2026 » tient pour l’instant de la projection optimiste, pas de l’engagement régulateur.

Test Tesla FSD à Paris // Source : Frandroid

D’ailleurs, le constructeur n’a pas franchement aidé à se faire des amis dans les ministères : Tesla a poussé ses clients européens à inonder les régulateurs d’e-mails pour accélérer le processus, et plusieurs hauts fonctionnaires ont publiquement fait savoir que ça les avait surtout agacés. Un fonctionnaire norvégien a même évoqué le temps perdu à répondre à des « consommateurs mal informés ». La méthode Musk, en somme.

Pour le propriétaire français d’une Model 3 ou d’une Model Y compatible HW3 ou HW4, le message tient en deux temps : la techno arrive bien sur le continent, ce n’est plus une rumeur ni une promesse à horizon flou.

Mais entre la Lituanie aujourd’hui et la France demain, il y a encore un comité technique, des questions nordiques sans réponse, et un calendrier qui dépend autant de Bruxelles que de Tesla. Quand le feu vert tombera, la facture sera de 99 euros par mois ; d’ici là, l’Autopilot de base, qui fait déjà bien le travail sur autoroute, reste le seul horizon.


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