4 600 km sans toucher le volant : l’exploit fou du FSD de Tesla qui se heurte au mur européen

 
Une Tesla Model 3 vient de relier New York à Los Angeles en moins de 50 heures, pilotée de bout en bout par le logiciel FSD du constructeur. Une nouvelle prouesse technique indéniable pour le système de conduite autonome de Tesla, mais qui peine encore à convaincre certains décideurs politiques, notamment en Europe.

Le week-end dernier, trois aficionados de la conduite autonome et des technologies qui l’entourent, ont pris place à bord d’une Tesla Model 3 avec, comme point de départ, le Red Ball Garage de Manhattan, le point de départ historique du Cannonball Run, un évènement peu propice à la voiture électrique en règle générale !

Destination : l’hôtel Portofino Inn de Redondo Beach, en Californie. Distance : 2 833 miles, soit un peu moins de 4 600 kilomètres. Durée totale : 49 heures et 55 minutes.

La particularité de ce trajet ? Le conducteur n’a, selon le copilote Dan Burkland qui a partagé le récit sur X, jamais eu à reprendre la main sur le véhicule. Pas une seule intervention enregistrée, pas même lors des arrêts aux Superchargeurs, où la version 14.3.2 du logiciel FSD a pris en charge le stationnement de manière autonome.

C’est d’ailleurs ce détail qui distingue cette tentative des précédentes : en janvier 2026, l’équipe d’Alex Roy avait également bouclé le parcours inverse (Los Angeles → New York) sans intervention sur la route, mais sur un itinéraire plus long de 3 081 miles, à bord d’une Model S sous FSD 14.2.2.3, et avec un stationnement manuel à chaque session de recharge.

Le compte X officiel de Tesla a relayé la nouvelle, ce qui, sans surprise, n’a pas manqué d’amplifier la portée médiatique de l’événement. Les données télémétriques et les vidéos complètes du trajet n’ont pas encore été publiées au moment où ces lignes sont écrites, mais elles sont promises « dans les prochains jours ».

Un logiciel en progression rapide

Cette performance est en grande partie due au FSD 14.3.2, une mise à jour déployée le 22 avril 2026. Au menu : une meilleure perception dans les conditions de faible luminosité, une reconnaissance de la signalisation améliorée, une réécriture complète du compilateur IA (avec MLIR) qui réduit d’environ 20 % les temps de réaction du système, et une unification du modèle de conduite entre FSD, Robotaxi et la fonction Actually Smart Summon.

Sur le papier, c’est une évolution substantielle et les résultats semblent le confirmer : en 4 mois à peine, le record de traversée sans intervention est passé de 58 heures 22 minutes à moins de 50 heures, soit environ 14,5 % de gain. À nuancer toutefois : les deux trajets ne sont pas strictement comparables, celui de Roy faisant 3 081 miles contre 2 833 ici. À vitesse moyenne équivalente (autour de 100 km/h), la différence de distance explique déjà trois à quatre heures de l’écart.

Reste qu’il faut garder la tête froide. Ces « records » sont réalisés dans des conditions très particulières : des équipes motivées et préparées, des routes choisies stratégiquement, des conditions météo a priori favorables, et un cadre qui reste celui de la conduite supervisée, c’est-à-dire qu’un conducteur attentif doit légalement rester prêt à intervenir à tout moment. Ce n’est pas parce que personne n’a touché le volant que le système était infaillible sur l’ensemble du trajet.

La route vers l’homologation est encore longue

Tesla communique volontiers sur ces exploits, et le timing n’est pas forcément très anodin. La veille de ce record, l’administration flamande publiait les conclusions de son évaluation du FSD, recommandant des tests supplémentaires avant toute homologation sur le territoire. La Commission technique européenne des véhicules à moteur doit quant à elle se pencher sur le dossier lors de sa session du 30 juin prochain.

Pour aller plus loin
L’homologation du Tesla FSD en Europe s’annonce plus complexe que prévu, révèlent des échanges internes

C’est là que le bât blesse pour Tesla. Traverser l’Amérique sur autoroute dans un contexte très contrôlé est une chose. Convaincre les régulateurs européens (avec nos normes de sécurité, nos environnements urbains plutôt denses et nos routes bien moins « standardisées ») en est une autre.

Les Pays-Bas avaient déjà ouvert la voie il y a quelques semaines, avant que d’autres pays de l’UE ne la ferment aussitôt quand Tesla a voulu toquer à la porte d’autres territoires.


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